Bank Audi a affirmé que les revenus exceptionnels de 1 milliard de dollars qu’elle a réalisés via l’ingénierie financière de la BDL « n’ont pas impacté les bénéfices nets consolidés réalisés par le groupe en 2016 ».
Bank Audi a annoncé des bénéfices nets consolidés de 470 millions de dollars en 2016, en hausse de 17 % sur un an, dont une part « significative » a été générée dans ses filiales turque et égyptienne, malgré le « contexte politique et économique difficile dans les pays où elles opèrent », note la banque dans un communiqué.
Les actifs consolidés de la banque ont totalisé 44,4 milliards de dollars fin décembre, en hausse annuelle de 5,2 %. En se référant aux taux de change respectifs de la livre turque et égyptienne enregistrés à la fin décembre 2014 – ces derniers ayant respectivement baissé de 18 % et de 58 % en 2015 –, la hausse annuelle des actifs consolidés grimpe de 14,9 %, selon Bank Audi. En outre, « en prenant en considération les actifs sous gestion, les dépôts fiduciaires et les comptes titres, le total des actifs consolidés s'élèverait à 55,2 milliards de dollars », ajoute Bank Audi.
Les dépôts de la banque ont, eux, atteint 36 milliards de dollars fin décembre 2016 (+1 %) et les crédits 17,3 milliards de dollars (-2,9 %). Bank Audi estime que ces performances « ont sans doutes été affectées par la dépréciation des livres égyptienne et turque, puisque lorsqu'on se base sur des taux de change constants (depuis décembre 2015), les dépôts auraient augmenté de 10 %, principalement grâce aux agences opérant au Liban ; tandis que les crédits auraient augmenté de 10 % grâce à la croissance des prêts accordés aux entités opérant au Liban, en Égypte et en Turquie ».
Ingénierie de la BDL : 1 milliard de dollars de revenus
Le communiqué rappelle par ailleurs que plusieurs autorités monétaires régionales ont adopté des mesures préventives face à un contexte « difficile pour l'ensemble de la zone MENA » et caractérisé par « un ralentissement des flux financiers, qui a impacté le niveau de liquidité – principalement en devises – dans un grand nombre de pays, a affecté leurs balances des paiements (et) exercé une pression sur les taux de change et d'intérêt. »
Il affirme cependant que, contrairement à la Turquie ou à l'Égypte, le Liban « a réussi à maintenir une stabilité de ses taux de change, d'intérêt et d'inflation, préservant ainsi sa résilience monétaire », faisant référence aux résultats des opérations d'ingénierie financière menées l'an dernier par la Banque centrale (BDL). Pour rappel, la BDL a cédé, entre mai et août 2016, plus de 12 milliards de dollars de titres de dette publique en devises à des banques libanaises. En parallèle, la BDL leur a également racheté des obligations publiques en livres pour un montant équivalent, à taux d'escompte de 0 %. Début décembre, le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, avait déclaré à L'Orient-Le Jour que cette opération avait permis à l'ensemble des banques participantes d'engranger environ 5 milliards de dollars de revenus immédiats.
À cet égard, Bank Audi indique avoir « réalisé en 2016 près d'un milliard de dollars de revenus exceptionnels (non récurrents) en participant aux opérations d'échange initiées par la BDL. » La banque affirme néanmoins que « ces revenus exceptionnels n'ont pas impacté les bénéfices nets consolidés réalisés par le groupe en 2016 ».
Elle indique ainsi que « conformément aux directives de la circulaire 446 de la BDL, Bank Audi a utilisé ces revenus exceptionnels pour doter des provisions collectives, de sorte que le total de ces dernières représente 2 % des risques de crédits pondérés, ainsi que d'autres provisions pour couvrir la dépréciation des écarts d'acquisition de certaines entités (...) pour un montant de 128 millions de dollars ». Une autre partie de ces revenus a été consacrée à « l'élimination de ses investissements en Syrie et au Soudan pour un total de 205 millions de dollars, (...) dont 136 millions de dollars d'écarts de change négatifs de la valeur de ces investissements, déjà comptabilisés en fonds propres. Ceci s'est donc traduit par une augmentation corollaire des fonds propres de base », ajoute la banque.
Elle déclare enfin avoir alloué le solde de ces revenus exceptionnels comme suit : « 70 % ont été alloués aux réserves dédiées à l'augmentation du capital, considérés comme fonds propres ordinaires de base (Tier 1) et 30 % en passifs différés considérés comme fonds propres complémentaires (Tier 2) pour le calcul des ratios réglementaires. »
Les fonds propres consolidés de Bank Audi ont atteint 3,8 milliards de dollars fin 2016. En termes de solvabilité, le ratio d'adéquation Bâle III a atteint 15,3 % ; tandis que les rendements moyens sur actifs et fonds propres se sont respectivement élevés à 1,1 % et 14,7 % fin 2016.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine