Aris Messinis/AFP
Le mécanisme européen de stabilité (MES), qui supervise les prêts de la zone euro à la Grèce, ne voit « aucune raison » d'être « alarmiste » sur la dette d'Athènes, a-t-il assuré samedi, au lendemain de la fuite d'un rapport confidentiel du FMI estimant le contraire.
« Nous ne voyons aucune raison pour une évaluation alarmiste de la situation de la dette grecque, a assuré un porte-parole du MES. Le fardeau de la dette de la Grèce peut être géré si les réformes convenues sont pleinement mises en œuvre. »
Dans un rapport confidentiel, le Fonds monétaire international (FMI) juge la dette d'Athènes « explosive » et l'allègement promis par la zone euro peu « crédible ». « La dette grecque est totalement intenable. Même avec une application pleine et entière des réformes approuvées dans le cadre du programme (NDLR : d'aide), la dette publique et les besoins de financement vont devenir explosifs sur le long terme », écrit le FMI.
Sans mesures d'allègement, la dette devrait atteindre le ratio de 275 % du produit intérieur brut en 2060, contre 180 % actuellement, indique ce document qui doit être discuté par les États membres du FMI le 6 février. À l'heure actuelle, le FMI – qui a participé aux deux précédents renflouements de la Grèce en 2010 et 2012 – n'est donc pas en situation de contribuer financièrement au plan de 86 milliards d'euros (environ 92 milliards de dollars) accordé à l'été 2015 par la zone euro, ses règles lui interdisant d'accorder un prêt à un État dont la dette est insoutenable. Or, plusieurs pays européens, dont l'Allemagne, ont fait de la participation du FMI une condition sine qua non au renflouement d'Athènes.
Le MES s'est refusé samedi à tout commentaire direct sur ce rapport, mais il rappelle qu'il a déjà accordé à la Grèce des prêts « extrêmement favorables à long terme » et qu'il vient aussi de prendre des mesures sur sa dette à court terme.
L'Europe s'est par ailleurs « clairement engagée à soutenir la Grèce avec un allègement supplémentaire de la dette » si nécessaire après le programme en 2018, à condition qu'Athènes ait bien adopté toutes les réformes convenues.
(Source : AFP)


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