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Obama rappelle à Trump combien la question israélo-palestinienne peut être "explosive"

Lors de sa dernière conférence de presse, le président sortant a estimé qu'il est dans "l'intérêt de l'Amérique" d'avoir des "relations constructives avec la Russie".

Barack Obama lors de sa dernière conférence de presse, le 18 janvier à Washington. REUTERS/Joshua Roberts

Le président américain Barack Obama s'est dit mercredi "profondément inquiet" face au conflit israélo-palestinien, lors de sa dernière conférence de presse avant de passer le pouvoir au républicain Donald Trump qu'il a mis en garde contre une situation potentiellement "explosive".

"Je suis inquiet parce que j'estime que le statu quo est intenable, qu'il est dangereux pour Israël, mauvais pour les Palestiniens, mauvais pour la région et mauvais pour la sécurité aux Etats-Unis", a déclaré Barack Obama.
Evoquant son successeur Donald Trump, qui a promis d'installer l'ambassade américaine à Jérusalem dans un geste hautement controversé, il a mis en garde contre le fait de mener des "mouvements unilatéraux soudains" dans un "environnement explosif".
Après avoir investi "beaucoup de temps, beaucoup d'énergie" dans le conflit israélo-palestinien Barack Obama a dit craindre de voir disparaître la possibilité d'une solution à deux Etats. "Je ne vois pas comment ce problème peut être résolu en faisant qu'Israël demeure à la fois un Etat juif et démocratique", a prévenu Barack Obama.
En l'absence d'un Etat palestinien, le président américain estime qu'Israël court le risque "d'étendre une occupation" pour finir par avoir des "millions des gens privés de droit" dans un seul Etat.

Vilipendé par Donald Trump et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, Barack Obama a justifié sa décision de laisser passer une résolution condamnant la colonisation au Conseil de sécurité de l'ONU par la nécessité "de tirer la sonnette d'alarme". "Les électeurs israéliens et palestiniens doivent comprendre que la fenêtre (pour une solution à deux Etats) est en train de se refermer", a t-il dit.

 

 

Sur les relations américano-russes
Evoquant le dossier russe, le président sortant a déclaré qu'il est dans "l'intérêt de l'Amérique" d'avoir des "relations constructives avec la Russie". "Cela a été mon approche (de la question) pendant ma présidence", a poursuivi le 44e président américain. "Là où nos intérêts ont convergé, nous avons travaillé ensemble".
Deux jours avant l'investiture du républicain Donald Trump, qui souhaite réchauffer les relations glaciales entre la Maison Blanche et le Kremlin, Barack Obama a toutefois assuré que cette vision s'est heurtée à une "escalade du discours anti-américain" lorsque Vladimir Poutine est revenu à la présidence russe en 2012, menant à une relation Washington-Moscou plus "antagoniste" et "difficile".

Les remarques du président Obama interviennent sur fond de polémique aux Etats-Unis sur l'interférence, dénoncée par les services de renseignement américains, de Moscou dans la campagne présidentielle remportée par Donald Trump.
La communauté du renseignement américain s'accorde à dire que Moscou, sur les ordres de Vladimir Poutine, a mené une campagne de piratages informatique pour influer sur l'issue de la présidentielle, notamment pour favoriser le milliardaire.

 

L'affaire Chelsea Manning
Revenant sur l'affaire Chelsea Manning, dont le président américain a commué la peine mardi alors que cette militaire devait purger 35 ans de prison pour avoir transmis des documents confidentiels au site WikiLeaks, Barack obama a affirmé que "justice a été rendue".  "Je n'ai aucun problème à dire que justice à été rendue", a déclaré M. Obama. Car Chelsea Manning a purgé "une dure peine de prison", "elle a été jugée (...), elle a admis sa responsabilité pour son crime, la peine qu'elle a reçue était très disproportionnée par rapport à celles d'autres lanceurs d'alerte", a-t-il ajouté, rappelant qu'il avait "commué et non annulé" la peine de Mme Manning.
La militaire transsexuelle, qui s'appelait Bradley Manning au moment des faits reprochés, sera libérée le 17 mai. Elle avait été condamnée en août 2013 pour avoir transmis plus de 700.000 documents confidentiels au site WikiLeaks.

Parfois critiqué pour la sévérité de son administration à l'égard des lanceurs d'alerte, le président américain a insisté sur la nécessité de trouver "le bon équilibre entre l'obligation (pour les lanceurs d'alerte) de rendre des comptes" et la volonté "d'ouverture et de transparence" dans une démocratie.
La femme soldat de 29 ans, qui a purgé près de sept ans de prison, avait tenté de mettre fin à ses jours en octobre, après une première tentative de suicide en juillet.

 

 

Défense des "valeurs fondamentales"
Barack Obama a, par ailleurs, réaffirmé mercredi qu'il pourrait s'exprimer publiquement après son départ si "les valeurs fondamentales" de l'Amérique, comme la discrimination, le droit de vote, la liberté de la presse ou l'immigration, étaient en jeu.

Il a par ailleurs réitéré qu'il souhaitait après son départ écrire et profiter de sa famille. "Je veux écrire. Je veux être un peu silencieux (...) et passer du temps avec mes filles", et aussi "m'assurer que ma femme (...) veuille bien me supporter un peu plus longtemps", a déclaré M. Obama, soulignant qu'il allait célébrer cette année ses 25 ans de mariage avec son épouse Michelle.

 

 

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