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Le régime syrien évoque un accord en vue de l'approvisionnement en eau de Damas

conflit

L'opposition fait état d'une annonce "inexacte" et parle de "guerre psychologique".

OLJ/AFP
11/01/2017

Le gouvernement syrien a fait état mercredi d'un accord prévoyant la reprise du contrôle d'une région rebelle près de Damas et un retour de l'approvisionnement en eau de la capitale, mais l'opposition a démenti un telle information.

La Russie, puissante alliée du régime de Bachar el-Assad, a de son côté confirmé la tenue le 23 janvier au Kazakhstan de négociations de paix avec les groupes armés en vue d'un règlement du conflit qui a fait plus de 310.000 morts depuis 2011.

L'accord annoncé par le gouverneur de Damas Alaa Ibrahim porte sur la région rebelle de Wadi Barada, où se trouvent les plus importantes sources d'eau approvisionnant la capitale, située à 15 km de là.
Wadi Barada fournit la majorité de l'eau potable de la capitale, mais en raison des combats, beaucoup de canalisations ont été détruites, entraînant des coupures d'eau pour des millions de personnes.

En vertu de l'accord, quelque 600 civils, qui étaient assiégées par l'armée à Wadi Barada, ont pu quitter cette localité, a indiqué une source dans cette région.
Le président Assad s'était dit déterminé à reprendre le secteur et assurer l'approvisionnement en eau, et les combats se sont poursuivis malgré un cessez-le-feu entré en vigueur dans le pays le 30 décembre et parrainé par la Russie et la Turquie, alliée des rebelles.

Selon le gouverneur de Damas, l'accord prévoit que les insurgés rendent leurs armes lourdes et que les combattants qui ne sont pas de la région quittent Wadi Barada.

 

(Lire aussi : « Une guerre totale entre les Kurdes et Assad est peu probable »)

 

'Guerre psychologique'
"L'armée entrera ensuite dans la région pour procéder au déminage (...) afin de préparer l'entrée des équipes de maintenance (...) pour réparer les dommages causés aux pompes et aux canalisations par des attaques terroristes", a-t-il précisé, en référence aux groupes rebelles.

Cependant, un responsable de la Coalition nationale de l'opposition, Ahmad Ramadan, a parlé d'une annonce "inexacte". "Il s'agit d'une guerre psychologique" du régime et de ses alliés, a-t-il dit à l'AFP.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a également nié qu'il y ait eu un accord global mais a confirmé que les habitants voulant quitter le secteur pouvaient obtenir un passage sécurisé.

Selon l'agence officielle Sana, 500 personnes ont régularisé leur situation avec les autorités, parmi lesquels 60 rebelles, des insoumis et des déserteurs dans la région.

Le régime accuse les rebelles et le groupe jihadiste Fateh el-Cham d'avoir intentionnellement coupé l'approvisionnement en eau de la capitale. Les insurgés de leur côté démentent la présence de Fateh el-Cham dans le secteur et accusent en retour les forces gouvernementales d'avoir bombardé les installations.
Ces derniers mois, le gouvernement a signé de nombreux accords dits de "réconciliation" dans des secteurs rebelles qui ont entraîné un départ sécurisé de civils et rebelles vers d'autres régions tenues par les insurgés.

 

(Lire aussi : Ce que Bachar el-Assad n’a pas dit aux médias français...)

 

Négociations au Kazakhstan confirmées
L'opposition dénonce cependant de tels accord, conclus généralement à l'issue de sièges rendant la situation des habitants difficilement tenable.

Dans le nord du pays, le régime a multiplié ces dernières 24 heures des raids aériens contre rebelles et jihadistes, notamment à Atareb et Khan al-Assal, dans la province d'Alep (nord).
Ces bombardements interviennent alors que la trêve instaurée le 30 décembre est toujours officiellement en vigueur malgré des violations quotidiennes.

Dans la province d'Idleb (nord-ouest), contrôlée par une alliance entre des rebelles et Fateh el-Cham, des avions militaires syriens ont bombardé la localité de Taftanaz, tuant trois rebelles, selon l'OSDH.
La semaine dernière, la Turquie avait averti que les "violations croissantes du cessez-le-feu" pourraient menacer les négociations de paix prévues à Astana, la capitale du Kazakhstan.
Mais une source diplomatique russe a confirmé mercredi à l'AFP que ces pourparlers parrainés par la Russie, l'Iran, autre allié du régime, et la Turquie auraient bien lieu le 23 janvier à Astana.

La liste des participants est en cours de formation, selon cette source.
Les négociations d'Astana doivent précéder des pourparlers intersyriens le 8 février à Genève sous l'égide de l'Onu.
Aucune des précédentes discussions intersyriennes n'a toutefois permis un début de règlement du conflit, qui a dévasté le pays et fait des millions de réfugiés et de déplacés depuis 2011.

 

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