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Moyen Orient et Monde

Assad rejette toute trêve à Wadi Barada

Conflit

Le président syrien refuse que son départ soit négocié à Astana fin janvier.

OLJ
10/01/2017

Le président syrien Bachar el-Assad a rejeté toute trêve dans la région de Wadi Barada, qui alimente Damas en eau, et réaffirmé son refus que son départ soit discuté lors des négociations prévues fin janvier au Kazakhstan.
« Le rôle de l'armée syrienne est de libérer ce secteur afin d'empêcher les terroristes d'user de (l'arme de) l'eau pour faire suffoquer la capitale », a déclaré M. Assad dans un entretien à des médias français dimanche et dont la suite a été publiée hier. Selon lui, le cessez-le-feu « est violé car les terroristes occupent la principale source d'eau de Damas, privant plus de cinq millions de civils d'eau depuis trois semaines ». « Le cessez-le-feu n'inclut ni le groupe État islamique ni le Front al-Nosra, et le secteur (de Wadi Barada) où les combats se déroulent pour le libérer est occupé par al-Nosra », a répété M. Assad. « Donc, il ne fait pas partie du cessez-le-feu », selon lui. Le Front al-Nosra a été rebaptisé Fateh el-Cham après avoir pris ses distances avec le réseau el-Qaëda.
Fort de sa victoire à Alep, obtenue avec l'aide des Russes et des Iraniens le 22 décembre, M. Assad a exclu que soit négocié à Astana son départ, réclamé par l'opposition depuis le début de la révolte en 2011. « Nous sommes prêts à négocier sur tout », a-t-il dit. Mais « mon statut dépend de la Constitution, et cette dernière est très claire sur la manière dont vous pouvez élire ou vous débarrasser d'un président », a-t-il précisé. « Donc, s'ils (l'opposition) veulent négocier de ce point, ils doivent discuter de la Constitution, et celle-ci n'appartient ni au président, ni au gouvernement, ni à l'opposition, mais au peuple syrien, et il faut donc un référendum », a-t-il souligné.
Les négociations d'Astana doivent tenter de mettre fin à la guerre civile qui a fait plus de 310 000 morts et des millions de réfugiés depuis 2011. Pour la négociatrice de l'opposition Basma Kodmani, « les Russes sont, cette fois-ci, sérieux et déterminés. Ils veulent sortir du conflit, ils sont allés dans l'option militaire aussi loin qu'il était dans leur intérêt d'aller ». « Ils ne peuvent pas remporter une victoire totale, cela va durer des années (...). Donc, maintenant, ils veulent une solution politique et que cette réunion d'Astana soit crédible », a-t-elle dit.

Poursuite des combats
Sur le terrain, les troupes du régime et le Hezbollah mènent une offensive pour déloger les rebelles de la ville de Wadi Barada, à 15 km de Damas, et reprendre ainsi les principales sources d'approvisionnement en eau de la capitale. La poursuite de ces combats menace le cessez-le-feu parrainé par la Russie et la Turquie, qui est entré en vigueur le 30 décembre et qui devrait être un prélude aux négociations de paix prévues fin janvier à Astana. De violents combats opposaient hier sur plusieurs axes à Wadi Barada les forces du régime et des combattants du Hezbollah aux rebelles, dont une minorité de combattants de Fateh el-Cham, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH)). Le régime avait mené dimanche une dizaine de raids et des bombardements d'artillerie après l'échec des négociations pour la réparation de la station de pompage d'Ain el-Fijé, selon la même source. Le régime accuse les rebelles d'avoir « contaminé au diesel » les réserves d'eau, ce que nient les insurgés, qui assurent que les infrastructures ont été détruites par les bombardements du régime.
Par ailleurs, la coalition contre le groupe État islamique a mené dimanche une rare opération commando au sol contre des chefs de l'organisation jihadistes dans l'est de la Syrie, près de Deir ez-Zor, qualifiée hier de « succès » par le capitaine Jeff Davis, porte-parole du Pentagone. Celui-ci a toutefois refusé de donner des détails sur l'opération, se bornant à juger « très exagéré » le bilan de 25 tués chez les jihadistes, avancé plus tôt par l'OSDH. Il a également précisé que l'opération avait été conduite par l'unité américaine de forces spéciales chargées de traquer les chefs jihadistes (ETF, Expeditionary Targetting Force).
Enfin, l'EI a revendiqué hier l'explosion de l'importante centrale de gaz de Hayyan, dans l'est de la province de Homs, qui fournissait le tiers de l'électricité de la Syrie, un mois après avoir mis la main sur cette usine dans le centre du pays. Une source auprès du ministère syrien du Pétrole a également confirmé à l'AFP l'explosion. L'usine avait cessé de produire depuis un mois après l'avancée des jihadistes dans la région de Palmyre.
(Source : AFP)

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