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Le Maroc interdit la fabrication et la vente de la burqa

Religion

Cette décision, rapportée par la presse, serait motivée par des raisons sécuritaires, "des malfrats ayant à maintes reprises utilisé ce vêtement pour perpétrer leurs crimes".

OLJ/AFP
10/01/2017

Mettant en avant des raisons sécuritaires, les autorités marocaines ont interdit la fabrication et la vente de la burqa, ce voile intégral musulman à l'afghane rarement porté par des femmes au Maroc.
Selon la presse locale, le ministère de l'Intérieur a diffusé une circulaire à ses agents en charge des commerces dans les villes leur enjoignant de ne plus autoriser la confection et la commercialisation des burqas à compter de cette semaine.

Aucune annonce officielle ou communication publique sur le sujet n'a cependant été faite par ce ministère.
Le port de la burqa reste un phénomène extrêmement marginal au Maroc, pays tiraillé entre modernité et conservatisme, dont le roi Mohammed VI se veut le chantre d'un islam modéré, et où une majorité de femmes portent le simple hijab (qui ne couvre que les cheveux).
La burqa est à l'origine le vêtement traditionnel des tribus pachtounes en Afghanistan, où il avait été rendu obligatoire par les talibans. Ce long voile, bleu ou marron, couvre complètement la tête et le corps, un grillage dissimulant les yeux.

Au Maroc, c'est le niqab, voile intégral qui ne laisse voir que les yeux, qui est porté par certaines femmes, en particulier dans les milieux salafistes. Cette tenue est davantage répandue dans les régions plus conservatrices du nord du pays, d'où sont originaires des milliers de jihadistes partis combattre en Syrie et en Irak, et les petites villes.

Dès lundi, des agents de l'Intérieur ont mené des "campagnes de sensibilisation auprès des commerçants" de Casablanca, la capitale économique du pays, "pour les informer" de l'interdiction de la burqa, indique le site Médias 24.
A Taroudant (sud), le pacha (haut fonctionnaire administratif) a ordonné à des commerçants qui fabriquent et confectionnent des burqas de liquider leur stock dans les 48 heures, et de stopper toute fabrication et commercialisation de ce vêtement à l'avenir, selon un document qui circule sur les réseaux sociaux, largement repris par les médias.

Le même ordre a été donné par le pacha de la petite ville de Ouislane (centre-nord) qui a qualifié la burqa de "niqab afghan".
"Nous avons pris la mesure d'interdire totalement l'importation, la fabrication et la commercialisation de ce vêtement dans toutes les villes et localités du royaume", a indiqué au site Le360 un "responsable de haut rang au ministère de l'Intérieur".
Cette décision serait motivée par des raisons sécuritaires, "des malfrats ayant à maintes reprises utilisé ce vêtement pour perpétrer leurs crimes", toujours selon la presse.

 

(Repère : Burkini, voile, niqab : ce que dit la loi en France)

 

Et le niqab?
L'annonce de l'interdiction de la burqa a jusqu'à présent suscité des réactions limitées. Devant le mutisme des autorités, certains commentateurs s'interrogeaient sur la portée de cette décision, tandis que des salafistes s'inquiétaient de son extension au niqab.

"Est-ce que le Maroc se dirige vers l'interdiction du niqab que les musulmanes portent depuis cinq siècles?", s'est offusqué sur son compte facebook Hassan Kettani, un cheikh salafiste. "Si c'est vrai, ce serait une catastrophe", a-t-il estimé.

Pour un militant de la nébuleuse salafiste, interrogé par l'AFP sous couvert d'anonymat, "des milliers de Marocaines portent le niqab. Cette décision est un premier pas vers son interdiction et elle va provoquer une scission au sein dans la société", a-t-il affirmé.

Hammad Kabbadj, un prédicateur dont la candidature aux législatives d'octobre avait été invalidée, a jugé qu'il était "inacceptable de défendre aux citoyennes de porter le niqab oriental, comme d'interférer dans sa commercialisation". Il a ironisé sur Facebook sur le "Maroc des libertés et des droits de l'Homme" qui "considère le port du maillot occidental sur les plages comme un droit intouchable".

Pour la députée et ancienne ministre de la Femme Nouzha Skalli, l'interdiction de la vente de la burqa est au contraire "un pas important dans le combat contre l'extrémisme religieux".
Contrairement à la France, la Belgique ou encore les Pays-Bas, aucune loi n'interdit, dans le royaume chérifien, le port du voile islamique intégral dans des lieux publics.
Le Conseil supérieur des Oulémas, une instance officielle chargée d'appuyer la politique religieuse musulmane du pays, ne s'est à ce jour jamais prononcé sur la question de l'interdiction du voile intégral.

 

Pour mémoire

Le burkini devant la justice, divergences jusqu'au sein du gouvernement

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Eleni Caridopoulou

Le Liban est la plus grande Démocratie du monde avec ses 18 religions, que Dieu le garde

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

Cela ne suffira pas !
Mieux vaut construire des ÉCOLES....
Basta !

Le Faucon Pèlerin

Au Maroc, pays musulman, l'Etat interdit la fabrication et la vente de la burka.
Le Liban, pays multiconfessionnel, l'Etat oserait-il l'interdire purement et simplement pour cause de sécurité ?

Soeur Yvette

UN risqué a prendre...

AIGLEPERçANT

Nous avons au Maroc un roi éclairé , un roi qui se "mouille" la chemise , qui va au devant des faits , pas seulement concernant les accoutrements , mais qui n'hésite pas à aller à la rencontre des simples citoyens que nous sommes , pour proposer des solutions régionales sud- sud , économiques , financières et du bien être . Je l'ai vu au Sénégal , à Dakar faite son footing sur la corniche suivi par 2 gardes du corps .Il faudra que le monde arabe musulman se réveille , se batte et s'implique dans ce qui devrait nous servir et servir nos enfants dans leur futur .

Le roi du Maroc vient de prendre un risque en interdisant jusqu'à la fabrication de cette chose immonde , Dieu le protège de ses "amis " plus que de ses ennemis . Pour ces derniers il saura s'en occuper .

M.V.

Mauvaise nouvelle , pour les importateurs français...ils devront changer de source d'approvisionnement ...

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