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Santé

La chirurgie de l’obésité est efficace à long terme chez l’adolescent

Maladies métaboliques

Deux études parues dans « The Lancet Diabetes & Endocrinology » montrent une perte de poids significative chez les jeunes avec un maintien du poids jusqu'à huit ans.

OLJ
10/01/2017

La chirurgie bariatrique, ou chirurgie de l'obésité, permet une perte de poids importante et à long terme chez les adolescents souffrant d'obésité morbide, même si une nouvelle intervention est parfois nécessaire, indiquent deux études publiées dans la revue spécialisée The Lancet Diabetes & Endocrinology.
Une personne est considérée comme obèse si son indice de masse corporelle (IMC) est au-delà de 30 kg/m2. L'IMC est obtenu en divisant le poids de l'individu par sa taille en mètre carré. Sont en surpoids ou préobèses les individus dont l'IMC est compris entre 25 et 29,9. Sont obèses les personnes dont l'IMC est supérieur ou égal à 30. Les spécialistes distinguent trois classes d'obésité : classe I pour un IMC compris entre 30 et 34,9, classe II ou obésité sévère lorsque l'IMC varie entre 35 et 39,9, et classe III ou obésité morbide lorsque l'IMC est supérieur ou égal à 40.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de cas d'obésité a doublé depuis 1980 dans le monde. Selon l'organisation onusienne, en 2014, quelque 1,9 milliard de personnes âgées de plus de 18 ans dans le monde étaient en surpoids, plus de 600 millions d'entre elles étaient obèses.
À ce jour, aucune étude n'avait encore examiné les effets à long terme d'une chirurgie bariatrique chez les adolescents obèses, alors même que cette chirurgie est de plus en plus fréquemment pratiquée. Cette opération a des indications bien précises. Ainsi, elle ne peut pas être pratiquée chez une personne en surpoids. En cas d'obésité, elle peut bénéficier aux personnes dont l'IMC est supérieur ou égal à 40 kg/m2 ou si elle a un IMC de 35 kg/m2 avec une comorbidité susceptible d'être améliorée, c'est-à-dire d'un trouble associé à l'obésité comme le diabète, l'hypertension artérielle, l'apnée du sommeil...
Plusieurs techniques existent, mais les auteurs des deux études se sont contentés d'étudier les adolescents ayant fait l'objet d'un « bypass » gastrique, une opération consistant à « court-circuiter » une grande partie de l'estomac.
La première étude a porté sur cinquante-huit adolescents américains âgés de 13 à 21 ans dont l'IMC moyen a été réduit de 58,5 à 36 kg/m2, un an après l'intervention. Au terme d'un suivi moyen de huit ans, leur IMC s'était stabilisé à 42 kg/m2, soit une perte moyenne de poids de l'ordre de 30 % (environ cinquante kilos) par rapport à leur poids avant l'intervention. Dans le même temps, le pourcentage de diabétiques est tombé de 16 à 2 %, d'hypertendus de 47 à 16 % et de ceux souffrant d'un cholestérol trop élevé de 86 à 38 %. Les effets secondaires notés étaient une réduction des niveaux de vitamine D ou de vitamine B12 chez ces personnes, ainsi qu'une anémie résultant d'une moins bonne absorption alimentaire.
La seconde étude, portant sur quatre-vingt et un adolescents suédois dont l'IMC moyen avoisinait les 43 kg/m2 avant l'intervention, montre également une perte de poids de l'ordre de 28 % au bout de cinq ans ainsi qu'une diminution notable des cas d'hypertension et d'hypercholestérolémie, et une « rémission » des cas de diabète. Toutefois, un quart d'entre eux ont dû être réopérés par la suite pour des complications telles que des occlusions intestinales ou des calculs biliaires. Par ailleurs, 64 % manquaient de vitamine D, qui joue un rôle essentiel dans la fixation du calcium par l'organisme, et 32 % présentaient une anémie au bout de cinq ans, selon cette étude.
« Si certains patients ont dû faire face à des complications, ceux qui n'ont pas été opérés continuent souvent à prendre du poids, ce qui entraîne des risques pour leur santé tout au long de leur vie », relève le Dr Torsten Olbers de l'université suédoise de Göteborg.
Dans un commentaire joint aux études, la Pr Geltrude Mingrone de l'Université catholique de Rome relève que « seule la chirurgie bariatrique peut entraîner une perte de poids aussi importante avec une reprise relativement faible avec le temps ». Mais comme cette chirurgie peut avoir un impact sur la croissance, il est important, selon elle, que des recommandations définissent à partir de quel âge elle doit être pratiquée chez l'adolescent.

Sources : OLJ/AFP

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