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Scène musicale

Murder Dance Machine : nuits en boîte

À la croisée de la new wave, de la dance et du disco – on croirait l'enfant bâtard de Blondie et d'une rave électro beyrouthine : Murder Dance Machine est un ovni qui danse pour mieux s'envoler. Le groupe, qui a sorti quatre singles en préparation de son premier album, a été formé par Joe Haddad. Le jeune excentrique, collectionneur exclusif d'albums disco et dance des années 1977 à 1983, explique : « J'ai créé ce groupe parce que je voulais faire de la musique pour boîtes de nuit en ramenant le travail d'auteur-compositeur au premier plan. À mon avis, il s'est noyé dans l'industrie du clubbing. » Des influences éclectiques qui vont du punk au rock psychédélique, des compositions influencées par l'esthétique seventies, des paroles entêtantes et des mélodies taillées sur mesure pour les boîtes de nuit et leurs foules sentimentales : le projet est désarmant d'aboutissement.

Broder aux fils de la nuit
« Au début, MDM était un projet de one man band. Je faisais tout tout seul, j'ai sorti Stay with me at Home et Jealousy et j'avais besoin de plus en plus d'instruments live. Je me suis rendu compte que si je voulais faire évoluer mon projet en fonction de mes influences j'aurais besoin de musiciens », explique-t-il. Jean-Luc Maragel rejoint MDM, ils sortent deux nouveaux singles et travaillent actuellement à l'enregistrement de leur album pour le printemps 2017. Leurs morceaux saturés, d'un kitsch et d'une désuétude follement actuels, font écho par leurs thèmes à la nuit libanaise qu'ils se proposent de faire danser : le voyeurisme, la fuite et l'obsession. « On pense que la danse peut être une solution. On a joué en live le 1er octobre à Grand Factory, on a repensé les chansons et on les a testées et dénudées devant les gens », ajoute Jean-Luc Maragel. MDM est une machine qui esquisse des pas de danse sur les particules électroniques qu'elle prend soin de broder aux fils de la nuit.

 

 

 

 

Valse avec Beyrouth
L'écosystème esthétique du projet Murder Dance Machine se déploie au fil de leurs morceaux et se double d'un silence énigmatique sur les réseaux sociaux. « Même nous, on ne sait pas si on est un projet, un groupe, un flottement. On aime travailler sur le cryptique et le littéral. » À l'image de Levant Disco Song, dont le clip saturé illustre plan par plan les paroles avec des images littérales et libres de droit. Ce travail sur l'immédiateté cache un engagement toujours latent. « J'étais plongé dans la culture arabe et je me suis rendu compte que le copywriting pour les artistes arabes n'est pas du tout au point, ce qui fait que n'importe qui en Occident ou ailleurs peut s'approprier n'importe quoi. C'est un manque de législation. À travers Levant Disco Song je voulais que chacun puisse reprendre la part qui lui est due. J'ai une affection toute particulière pour la pop égyptienne, Sayed Darwich, à mon avis, a été copié énormément de fois en Occident et n'a pas eu la reconnaissance qu'il méritait », conclut Joe Haddad. MDM réussit pour l'instant l'exploit de conjuguer une synthèse d'influences hétéroclites et une vision aux finitions implacables. « Nous sommes très au courant de ce qui se passe en ville. Il y a de plus en plus de variété sur la scène musicale libanaise, nous voulons créer quelque chose qui n'a jamais été fait et faire « bouncer » les foules. »
S'élever au-dessus de la frénésie pour mieux la faire valser ; l'irrésistible agonie de Murder Dance Machine sera dansée – ou ne sera pas.


À la croisée de la new wave, de la dance et du disco – on croirait l'enfant bâtard de Blondie et d'une rave électro beyrouthine : Murder Dance Machine est un ovni qui danse pour mieux s'envoler. Le groupe, qui a sorti quatre singles en préparation de son premier album, a été formé par Joe Haddad. Le jeune excentrique, collectionneur exclusif d'albums disco et dance des années 1977...

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