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Moyen Orient et Monde

À Mossoul, les forces irakiennes confrontées aux kamikazes et aux drones de l’EI

Reportage

L'armée bénéficie du soutien aérien de la coalition internationale dans sa lutte pour déloger les jihadistes de la ville.

OLJ
31/12/2016

Dans les rues boueuses de Mossoul, les forces irakiennes engagées dans des combats de rue pour en déloger les jihadistes font face aux kamikazes et à un drone capable de larguer des charges explosives. Sur le papier, l'armée et la police écrasent largement les combattants du groupe État islamique en nombre et en puissance de feu. Mais les jihadistes, qui occupent Mossoul depuis juin 2014, ont une grande métropole à leur disposition dans laquelle ils peuvent aisément prendre les troupes du gouvernement en embuscade, placer des bombes et ralentir la progression de la bataille lancée le 17 octobre. En deux mois et demi, les troupes irakiennes ont repris une bonne partie de l'est de la deuxième ville du pays, mais l'EI s'accroche et tient encore intégralement le secteur ouest.
Après deux semaines de pause, les forces gouvernementales ont relancé jeudi leur offensive. Au deuxième jour de cette nouvelle phase concentrée dans le sud-est de Mossoul, le bruit d'une petite explosion retentit derrière la ligne de front. Un membre de la force d'intervention rapide du ministère de l'Intérieur s'écroule sur le sol boueux. Il a été blessé aux jambes par des éclats.
Soudain, ses camarades pointent leurs armes vers le ciel et tirent. Leur mur de feu vise un petit drone blanc qui a manifestement largué la charge explosive.

« Ne restez pas en groupe ! »
Les jihadistes « font voler un appareil d'observation sur lequel ils placent des bombes ou des grenades », explique le lieutenant-colonel Hicham Abdelkazem qui commande un régiment des forces d'intervention rapide. « Lorsqu'il (le drone) voit des troupes, il largue » sa charge.
Le combattant blessé est allongé sur une civière, stoïque. Ses camarades lui bandent une jambe, tandis que l'autre est soulagée de son pantalon de treillis. Quelques minutes plus tard, un drone fait une nouvelle apparition dans le ciel de Mossoul. « Ne restez pas en groupe ! » prévient un membre de la police fédérale.
Les forces d'intervention rapide ont leur propre drone qu'elles utilisent pour repérer le terrain.
Mais pour les troupes irakiennes, il y a pire menace que les drones de l'EI : les kamikazes, qui leur foncent dessus au volant de véhicules bourrés d'explosifs. D'ailleurs, l'un d'eux s'approche dangereusement des forces gouvernementales. Les soldats courent le sprint de leur vie pour se retrancher derrière une butte de terre et un Humvee équipé de missiles antichar qui se prépare à ouvrir le feu. « Une voiture piégée a essayé de s'approcher. Nous avons ordonné aux unités de se replier du front pour que le Kornet (le missile, NDLR) puisse la neutraliser », explique le lieutenant-colonel Abdelkazem. Contre toute attente, le kamikaze fait demi-tour.

Bulldozer et roquettes
« Nous divisons l'espace en carrés », explique le haut gradé. Les bâtiments repris aux jihadistes sont d'abord « nettoyés », puis des tireurs embusqués prennent position et l'armement idoine est mis en place pour s'attaquer aux voitures piégées. Un bulldozer avance lentement dans les rues détrempées et empile la terre pour créer des buttes derrière lesquelles les soldats se retranchent pour se protéger des voitures piégées. Une fois la zone « nettoyée », le bulldozer enfonce la butte et répète l'opération un peu plus loin. Ce système ralentit la progression des troupes dans la ville, mais il a le mérite de leur offrir plus de protection.
Les forces irakiennes au sol sont épaulées par les frappes aériennes menées par la coalition internationale emmenée par les États-Unis et celles de l'armée de l'air irakienne. L'artillerie irakienne a, elle, recours à des roquettes tirées depuis l'arrière de camions. « Dès que les terroristes se rassemblent quelque part, nous en sommes informés », explique Jassem Abbas, un membre des forces de sécurité. « Puis en nous tenant aux coordonnées, nous les bombardons. »

W.G. DUNLOP/AFP

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