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La robotique collaborative se fait une place en entreprise

Innovation

La robotique collaborative ou cobotique, où les opérateurs travaillent en équipe avec des robots, commence à se faire une place dans les usines et intéresse un nombre croissant d'entreprises, mais des freins retardent une plus large diffusion.

OLJ
21/12/2016

Yvan Measson, PDG d'Isybot, une start-up issue du CEA, qui a présenté dernièrement son prototype de robot collaboratif au Salon Smart Industries à Villepinte, constate «un appétit industriel très important» pour ce nouveau type de robot.
Dans les usines, «presque tout ce qui était automatisable facilement l'a déjà été. Restent les tâches pour lesquelles c'est compliqué d'automatiser ou dont les séries ne justifient pas l'investissement», explique cet ancien chef du laboratoire cobotique au CEA-List.
C'est le créneau que veut occuper le robot collaboratif, plus mobile, facilement programmable et utilisable par un opérateur non formé en robotique. Le Salon de Villepinte lui a consacré de nombreux stands, chez les petits ou grands constructeurs.
«Entre la machine automatisée produisant 5000 pièces à l'heure et les opérations manuelles, il y a une place qui ne pouvait pas être prise par la robotique classique», confirme Henri Moysan, expert robotique chez Sysaxes, distributeur français du danois Universal Robots.
Concrètement, sur la chaîne de production, l'opérateur programme le robot collaboratif (appelé aussi cobot) pour des tâches répétitives, comme le déplacement de différentes pièces, pendant que lui-même effectue des tâches plus
complexes.
Différence majeure avec les gros robots industriels, la machine n'est pas dans une cage protégée, mais intégrée au poste de travail, d'où la nécessité d'assurer une sécurité maximum, un enjeu de confiance primordial pour les constructeurs.
L'allègement de la pénibilité de certaines tâches est un des premiers motifs d'acquisition des robots collaboratifs, expliquent les industriels.
Selon le patron d'Isybot, sa machine peut soulever une charge de 9 kilos. À raison d'une action toutes les 25 secondes, «on peut économiser jusqu'à 9 tonnes de port de charge à la fin de la journée» pour l'opérateur utilisateur, explique M. Measson.
De plus, ce dernier peut utiliser le temps dégagé pour accomplir d'autres tâches, gagnant en productivité. Isybot espère commercialiser ses premiers cobots en avril, dans une application de ponçage.

Une bonne porte d'entrée
«Le robot collaboratif s'intègre facilement dans le processus de production», assure Margaux Lemoine, responsable marketing de HumaRobotics, distributeur de l'américain Rethink Robotics, spécialisé dans les robots collaboratifs.
L'objectif est de «répondre à la demande de flexibilité des PME qui ont de plus en plus de commandes personnalisées ou en petite série», et qui veulent «automatiser leurs processus à un moindre coût», explique-t-elle.
La robotique collaborative «valorise l'opérateur et met en avant ses compétences», ajoute Cyril Jacquelin, chef de projet robotique au Cetim (centre technique des industries mécaniques), qui a présenté au Salon MidEst un démonstrateur de poste de travail en électronique intégrant un robot collaboratif.
Reste que, pour l'instant, les acheteurs de ces petits robots collaboratifs ont plutôt été de grands groupes qui ont déjà une culture de robots industriels, constate Serge Nadreau, qui préside le groupe robotique du Symop, la fédération professionnelle de la machine-outil.
Pour une PME, «il faut sauter le pas de l'automatisation, travailler sur les produits et s'habituer à automatiser les processus de fabrication», explique-t-il.
Le robot collaboratif est «une bonne porte d'entrée» vers la robotique plus traditionnelle et «un relais de croissance » pour les constructeurs, assure M. Nadreau, également directeur de l'activité robotique du groupe ABB France. Malgré tout, seulement «5% des robots vendus en France sont des robots collaboratifs», tempère-t-il.
«Les mentalités évoluent, ça commence à rentrer dans les entreprises. Mais il y a encore du chemin», observe Cyril Jacquelin.
Pour Yvan Measson, il y a encore des freins du côté de la législation et de la certification des machines, mais «le principal frein aujourd'hui, c'est le changement de culture».
Le robot collaboratif implique de «travailler avec la machine, plutôt qu'à côté de la machine». «Notre idée est d'en faire un outil, l'outil de l'industrie du futur»,
lance-t-il.

(Source : AFP)

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