Les deux mesures du Premier ministre grec, Alexis Tsipras, annoncées il y a une semaine, ont suscité une nouvelle tension entre Athènes et ses créanciers. Martin Bureau/AFP
Le Parlement grec a voté hier soir une aide aux petits retraités, l'un des deux volets d'aides annoncées par le Premier ministre Alexis Tsipras, sans tenir compte de l'inquiétude exprimée par les créanciers d'Athènes. Cette aide a été adoptée par 196 députés, de divers partis, sur 257 présents. Il s'agit d'une aide financière forfaitaire pour le mois de décembre pour les retraites inférieures à 850 euros (900 dollars), dont le coût est évalué à 617 millions d'euros (656 millions de dollars). L'autre volet de l'aide, qui devait être voté prochainement, porte sur un report de la hausse de la TVA sur les îles de l'Égée où s'entassent des milliers de réfugiés.
Ces deux mesures du Premier ministre grec, annoncées il y a une semaine, ont suscité une nouvelle tension entre Athènes et ses créanciers, et révélé les tiraillements croissants au sein de la zone euro, notamment entre ses poids lourds, l'Allemagne et la France. En raison même de ces mesures, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a annoncé mercredi la suspension, à la demande de l'Allemagne, du léger toilettage de la dette qui avait été accordé à Athènes en échange de réformes. Ces mesures « ne devraient pas changer de façon significative les objectifs budgétaires (d'Athènes) en 2012 et 2018 », ont toutefois estimé hier les porte-parole des trois institutions représentant les créanciers européens, la Banque centrale européenne (BCE), le Mécanisme européen de stabilité (MES) et la Commission européenne. Elles notent toutefois que « ces mesures, si elles étaient étendues à l'avenir, augmentent les risques concernant les objectifs » sur le long terme.
Les trois institutions ont remis leur analyse préliminaire aux 19 États membres de la zone euro.
Divergences entre Berlin et Paris
La décision du président de l'Eurogroupe de suspendre le toilettage de la dette de la Grèce a mis en évidence des divergences d'approche entre Paris et Berlin, sur fond de contestation croissante en Europe du tout austérité. Un porte-parole de Wolfgang Schäuble, le puissant ministre allemand des Finances, avait déploré qu'Athènes, en prenant ces mesures sociales, ait pris des décisions de « façon unilatérale » et « sans préavis. »
À son arrivée au sommet européen de Bruxelles, le président français François Hollande s'est lui opposé à un ajournement des mesures d'allègement de la dette grecque. « Je suis pour que la Grèce soit traitée dignement (...). Il ne peut pas être question de demander encore des efforts supplémentaires à la Grèce », a-t-il déclaré. Son ministre de l'Économie et des Finances Michel Sapin avait auparavant critiqué « les expressions individuelles qui ne sont pas des expressions collectives de l'Eurogroupe », dans un désaveu implicite de l'influence allemande sur la zone euro.
De leur côté, les sociaux-démocrates européens ont sommé M. Dijsselbloem d' « expliquer cette décision inadmissible. »
(Source: AFP)


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