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Liban - L’Éclairage

La médiation Berry, une volonté de retour à la troïka ?

Les contacts entrepris lundi pour aplanir les obstacles qui empêchent encore la formation du cabinet ont été, de sources politiques bien informées, positifs par certains aspects, au point d'augurer d'un règlement, dans la pratique, du problème.

Cependant, la démarche a révélé, au niveau du processus de genèse du gouvernement, une tentative de mise en place d'un partenariat qui n'est pas sans évoquer le sinistre souvenir de la troïka présidentielle des années noires de la tutelle syrienne. Cela a créé une certaine gêne, voire de la rancœur face au style qui a été utilisé pour régler le problème des forces politiques que le tandem chiite Amal-Hezbollah insiste à faire participer au cabinet d'union nationale.

Selon les sources précitées, les obstacles qui bloquent toujours la naissance du gouvernement ne portent pas sur la répartition et l'attribution des portefeuilles, comme le prétendent certains, mais ils sont dus à un conflit sur une série de données politiques fondamentales et sur de nombreux dossiers, comme les quotes-parts, le poids et l'influence de chaque composante et les équilibres de force au sein du nouveau cabinet. Le gouvernement Hariri est déjà le théâtre d'une querelle sur tout cela à l'orée du nouveau mandat, et surtout des prochaines législatives. La question des alliances politiques et électorales est ainsi très présente dans les concertations du Premier ministre désigné avec les forces politiques. Pour certaines composantes, il s'agit même de la donnée principale à partir de laquelle elles ont pris position pour intégrer ou non l'équipe ministérielle, avant même de discuter des portefeuilles ou des quotes-parts.

Or, soulignent ces mêmes sources, c'est au président de la République et au Premier ministre désigné seuls que revient la prérogative de former le gouvernement, sans la participation de qui que ce soit. Les autres composantes politiques ne sont que des parties prenantes aux concertations avec le Premier ministre désigné et n'ont pas de rôle à jouer dans la formation du cabinet stricto sensu. Or le nouveau mandat veut justement retourner aux sources constitutionnelles – texte, usages et coutumes – au niveau du processus de genèse du cabinet et rompre avec les mécanismes et autres hérésies qui pourraient être mises en avant de part et d'autre. Un retour au système de la troïka serait donc, dans ce cadre, inconcevable. C'est sur ce point que le député Ibrahim Kanaan a clairement pris position mardi, lors de la réunion du bloc du Changement et de la Réforme, mettant en avant le droit de chaque composante de se désister de son portefeuille en faveur d'une autre, mais sans pour autant imposer une situation de fait accompli au président de la République et au Premier ministre désigné, auxquels revient la prérogative de donner ou non leur aval à la manœuvre, in fine. Le mandat refuse de créer de nouveaux usages anticonstitutionnels. C'est d'ailleurs pourquoi le principe de la rotation a été adopté.

 

(Lire aussi : Hariri aux prises avec les pièges d’un cabinet de trente)

 

Selon des sources proches de l'axe Courant patriotique libre (CPL)-Forces libanaises (FL), les deux partis chrétiens et, en amont, Baabda ont été particulièrement dérangés par la manière dont la problématique de la participation des Marada a été résolue, aussi bien sur la forme que sur le fond. Car c'est sous l'ombrelle de Michel Aoun et de Saad Hariri que ce compromis aurait dû avoir lieu. Or des sources du 8 Mars estiment que la résolution de ce problème s'est faite de manière tout à fait naturelle et qu'il ne faudrait pas donner plus d'ampleur à tout cela. Le président de la Chambre a pris l'initiative de contribuer à aplanir les obstacles qui empêchent la formation du cabinet, point barre.

Au contraire, estiment ces sources, le désistement par M. Berry du portefeuille des Travaux publics et des Transports au profit des Marada devrait faire l'objet d'appréciations de la part de Baabda et de la Maison du Centre. Le chef du législatif s'est, comme d'habitude, sacrifié pour l'intérêt général, ajoutent-elles. Il n'y avait là aucune volonté d'outrepasser les prérogatives de qui que ce soit, et ceux qui défendent cette thèse cherchent à créer des antagonismes entre Baabda et Aïn el-Tiné, notent encore ces sources.

Il n'y a pas non plus de volonté de retourner au temps de la troïka, précisent les sources du 8 Mars : l'objectif est d'assurer naturellement la participation de tous au sein du cabinet d'union nationale, principe fixé par le président Aoun et le Premier ministre Hariri. Or la non-participation des Marada aurait conduit le dipôle chiite lui-même à ne pas prendre part au nouveau cabinet... Mieux encore, Gebran Bassil et Hassan Nasrallah n'ont-ils pas insisté sur la participation de toutes les parties au cabinet Hariri ? Le secrétaire général du Hezbollah a même cité les Marada, les Kataëb, le Parti syrien national social, le Parti démocratique libanais et les composantes sunnites du 8 Mars... L'argument le plus déterminant avancé par le 8 Mars pour défendre la démarche de M. Berry concernant les Marada est la volonté du président de la Chambre de trancher le nœud gordien pour qu'un gouvernement soit enfin formé et que le mandat Aoun puisse enfin prendre son envol... Faute de quoi ce dernier serait estropié dès le départ.

Mais qu'est-ce qui bloque encore la naissance du cabinet ? Selon certains, ce serait les enjeux de pouvoir et les querelles d'influence en vue des prochaines législatives, ce qui se traduirait par des tentatives de marginalisation de certaines parties par d'autres. Une autre thèse serait que le 8 Mars n'a toujours pas reçu les assurances et les garanties suffisantes qu'il attend du nouveau mandat. Dans ce cadre, l'on notera que le président de la Chambre n'a toujours pas entamé ses concertations traditionnelles du mardi avec le président de la République à Baabda, comme il est de coutume. Ce qui signifie que les relations entre Aïn el-Tiné et Baabda ont besoin de rafistolage, et que c'est le Hezbollah qui pourrait s'en charger, avant de réconcilier ensuite Sleiman Frangié avec le chef de l'État et avec son gendre, Gebran Bassil.

 

 

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Les contacts entrepris lundi pour aplanir les obstacles qui empêchent encore la formation du cabinet ont été, de sources politiques bien informées, positifs par certains aspects, au point d'augurer d'un règlement, dans la pratique, du problème.
Cependant, la démarche a révélé, au niveau du processus de genèse du gouvernement, une tentative de mise en place d'un partenariat qui n'est pas sans évoquer le sinistre souvenir de la troïka présidentielle des années noires de la tutelle syrienne. Cela a créé une certaine gêne, voire de la rancœur face au style qui a été utilisé pour régler le problème des forces politiques que le tandem chiite Amal-Hezbollah insiste à faire participer au cabinet d'union nationale.
Selon les sources précitées, les obstacles qui bloquent toujours la naissance du gouvernement ne portent...
commentaires (6)

Belle démonstration que l'éternel Berry gouverne le Liban depuis des années, super magouille inclus. Tout le reste est mascarade pour le partage du "fromage"

FAKHOURI

13 h 18, le 15 décembre 2016

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Commentaires (6)

  • Belle démonstration que l'éternel Berry gouverne le Liban depuis des années, super magouille inclus. Tout le reste est mascarade pour le partage du "fromage"

    FAKHOURI

    13 h 18, le 15 décembre 2016

  • Grande misère du consensus qui rend le Liban absolument ingouvernable....à qui profite la logique du vide?

    Beauchard Jacques

    11 h 39, le 15 décembre 2016

  • Hâmîhâh Haramîhâh.... !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 29, le 15 décembre 2016

  • On disait hier que les forces chiites avaient sécurisé la frontière irako syrienne contre l'invasion des bactéries wahabites. Nous avons au Liban la chance d'avoir des chiites qui réconcilient des aimants de même pôle pour que la boussole puisse à nouveau indiquer le NORD.

    FRIK-A-FRAK

    09 h 55, le 15 décembre 2016

  • ILS VEULENT COUTE QUE COUTE CREER UN NOUVEAU PARAVENT CHRETIEN... SLEIMANE FRANGIEH NE VOUS PRETEZ PAS A CET ABJECT JEU...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    07 h 16, le 15 décembre 2016

  • TOUTES MES CONDOLÉANCES POUR LE LIBAN LIBRE

    Gebran Eid

    02 h 39, le 15 décembre 2016

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