La délégation du CPL à Bnechii, en compagnie de Sleiman Frangié... Photos Ani
Poursuivant hier leur tournée auprès des factions politiques, centrée sur la nouvelle loi électorale, des délégations du Courant patriotique libre ont été reçues hier respectivement par les Marada, le Parti socialiste progressiste, le Tachnag et le Parti syrien national social (PSNS).
À Bnechii, le député Sleiman Frangié a reçu les députés Alain Aoun, Ziad Assouad et Walid Khoury, en présence de l'ancien ministre Youssef Saadé et de Tony Frangié. Outre que les deux parties se sont entendues sur la nécessité de privilégier la proportionnelle comme base de la nouvelle loi électorale, la réunion a surtout permis de briser la glace entre Bnechii et Baabda.
« Notre rencontre a touché à ce qui mine actuellement la relation entre le CPL et les Marada », a commencé par dire Alain Aoun. « Il est naturel que les Marada soient politiquement favorables au nouveau mandat (...) et tant que nous nous entendons au niveau politique, il n'est pas impossible de régler certaines failles qui entachent nos rapports, de manière à nous renforcer au niveau politique, a-t-il indiqué. Nous composions un bloc uni et il nous faut tôt ou tard tourner la page de nos différends », a déclaré M. Aoun, avant de souligner que « la page de la présidentielle est tournée et nous faisons face à deux nouvelles échéances : la formation du cabinet et les législatives. » « Il nous faut donc explorer toutes les possibilités de coopération et d'entente, surtout que le CPL n'a l'intention d'écarter personne. Le président Michel Aoun veut la réussite du mandat et il nous faut bâtir sur du positif », a encore renchéri le député.
À la question de savoir si la positivité qu'il exprime est aussi celle des Marada, Alain Aoun a reconnu que « toute blessure met du temps à guérir (...) mais les intentions sont bonnes (...) et le contact s'est rétabli entre nous ».
Clemenceau
En soirée, une délégation du CPL composée des députés Alain Aoun, Nehmetallah Abi Nasr, Ghassan Moukheiber et Ziad Assouad a été reçue par le député Walid Joumblatt à Clemenceau, en présence de Taymour et Aslane Joumblatt, du ministre Akram Chehayeb, des députés Ghazi Aridi, Henri Hélou et Marwan Hamadé, ainsi que du secrétaire du PSP Zafer Nasser.
À l'issue de la visite, Alain Aoun a précisé que « les échanges étaient francs » autour du sujet sensible de la loi électorale, « avec une composante fondamentale ayant ses spécificités et ses appréhensions ». « Nous tentons de parvenir à une solution qui prenne en compte les appréhensions, d'une part, et l'impératif de réformer la loi électorale, de l'autre », a-t-il constaté, révélant que ses interlocuteurs n'ont pas exprimé de « refus absolu de la proportionnelle ». Et de conclure : « Le débat doit encore se poursuivre. »
En revanche, le problème de la proportionnelle ne s'est pas posé avec le Tachnag, dont le secrétaire général, le député Hagop Pakradounian, a reçu hier, au siège du parti à Bourj Hammoud, les députés Ibrahim Kanaan, Ghassan Moukheiber et Nagi Gharios. Les deux parties se sont entendues sur « le fait que le partenariat n'est pas respecté depuis Taëf », selon les termes de M. Kanaan. Et M. Pakradounian d'ajouter : « Nous avons, comme le reste des composantes chrétiennes, souffert de lois injustes. À l'ombre d'un mandat qui promet d'être celui du pacte et du partenariat, il est temps de mettre au point une loi électorale juste et la tendance est pour la proportionnelle. »
La même délégation du CPL, rejointe par le député Nehmetallah Abi Nasr, s'est rendue au siège du PSNS où elle a été reçue par les députés Assaad Hardane et Marwan Farès. M. Kanaan a pressé les différentes parties à œuvrer sérieusement pour une nouvelle loi électorale, laquelle a été qualifiée par M. Hardane de « pierre angulaire du chantier de réforme ». « Nous sommes pour la proportionnelle sur base d'une circonscription unique », a conclu M. Hardane.

