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Économie

Imbroglio autour du gel des comptes de Saudi Oger

Liban - Construction

Contredisant des informations de Reuters, un représentant des banques saoudiennes a déclaré hier que le gel des comptes de l'entreprise Saudi Oger n'est pas soutenu par la banque centrale saoudienne.

13/12/2016

Alors que le géant de la construction Saudi Oger est toujours empêtré dans une grave crise financière, des informations contradictoires circulent concernant un éventuel gel de ses comptes bancaires. Jeudi, Reuters indiquait que les actions judiciaires lancées récemment par ses deux plus importants créanciers ont poussé la banque centrale du royaume à demander aux banques de geler les comptes de Saudi Oger. Une initiative qui « rend difficile le remboursement de ses dettes », qui atteignent 13 milliards de riyals (3,5 milliards de dollars), précise Reuters. La semaine dernière, l'agence affirmait que la National Commercial Bank (NCB) a obtenu une ordonnance judiciaire pour procéder au recouvrement de ses prêts. Reuters ne date pas cette décision, mais cette information intervient plusieurs mois après une démarche identique de la banque Samba, en juillet dernier.
Mais selon le secrétaire général du comité d'information des banques saoudiennes, Talaat Hafez, la banque centrale (SAMA) n'a jamais demandé aux banques de geler les comptes de l'entreprise du Premier ministre Saad Hariri. Dans un communiqué relayé hier par le quotidien saoudien al-Hayat, Talaat Hafez a précisé que « toute action judiciaire contre l'entreprise (Saudi Oger) de la part d'une banque saoudienne relève de sa propre initiative et ne résulte pas de décisions de la SAMA ». Talaat Hafez n'a pas cependant démenti que certaines banques auraient pu décider indépendamment de geler les comptes de Saudi Oger. Contacté, il n'a pas répondu aux appels de L'Orient-Le Jour. D'après son site Internet, le comité d'information des banques saoudiennes a été fondé en 2006 par la banque centrale et est composé de représentants du secteur bancaire saoudien.

Fin des négociations
Selon Reuters, ces procédures judiciaires ont mis fin aux négociations qu'avaient entamées Saudi Oger avec ses créanciers pour obtenir un moratoire sur sa dette. L'entreprise doit maintenant rembourser NCB et Samba – pour un montant non divulgué – ou bien faire face à la saisie et à la vente de ses actifs, selon les sources de Reuters, qui n'a pas pu consulter ces ordonnances judiciaires. Un moratoire aurait donné le temps à Saudi Oger de collecter l'argent que lui doit le gouvernement saoudien et ainsi procéder à la restructuration de sa dette.
D'après l'agence, Riyad doit à Saudi Oger une somme bien supérieure au montant de ses dettes envers les banques, soit 30 milliards de riyals (8 milliards de dollars) pour travaux déjà exécutés. Alors que le royaume est traditionnellement son client principal, ce dernier ne paie plus ses factures en temps et en heure suite à la forte baisse de ses revenus pétroliers ces deux dernières années. Le mois dernier, le gouvernement, qui n'a pas communiqué le montant qu'il doit à Saudi Oger, s'est engagé à régler d'ici à la fin de l'année toutes ses dettes envers les entreprises privées. Une enveloppe de 100 milliards de riyals (26,7 milliards de dollars) a été débloquée à cet effet. « Un comité du ministère des Finances chargé de déterminer l'ampleur de la dette du gouvernement envers Saudi Oger se réunit depuis plusieurs mois mais est loin d'avoir terminé son travail », confie à L'Orient-Le Jour un employé de l'entreprise de BTP, qui doute que son employeur sera payé d'ici fin décembre.
Cela fait plus d'un an que Saudi Oger n'est plus capable d'assurer le paiement des salaires de ses dizaines de milliers d'employés. Dans le cas de projets d'envergure ou liés à la famille royale, le royaume se charge cependant de régler les salaires, qui sont ajoutés à la facture de Saudi Oger. « Le diwan (cabinet royal) paie les employés de maintenance sur des sites de construction gouvernementaux, et les projets royaux, comme les palais, sont payés par le bureau des affaires spéciales du roi », précise ce même employé. Il peut aussi arriver que le client paie aussi directement les salariés lorsque leur nombre est peu important, comme sur le site de construction du ministère de l'Éducation à Riyad.

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