Un habitant et ses deux enfants saluant un membre des forces loyalistes patrouillant le quartier de Bab al-Hadid, repris par le régime, à Alep. Georges Ourfalian/AFP
L'armée syrienne a interrompu ses opérations de combat à Alep pour permettre l'évacuation des civils, a annoncé hier à Hambourg le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
« Je peux vous dire qu'aujourd'hui, les opérations de combat de l'armée syrienne ont été interrompues dans l'est d'Alep parce qu'il y a une grande opération en cours qui est l'évacuation des civils », a déclaré M. Lavrov en marge d'une réunion de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), cité par les agences russes. « Il va y avoir une colonne d'évacuation de huit mille personnes, leur itinéraire fait cinq kilomètres », a poursuivi Sergueï Lavrov qui participait à cette réunion. À Washington, le porte-parole de la Maison-Blanche Josh Earnest a estimé que « c'est une indication que quelque chose de positif pourrait se produire ». Dans un entretien avec un quotidien syrien paru hier, le président syrien Bachar el-Assad avait pourtant écarté l'éventualité d'un cessez-le-feu, estimant qu'une reprise d'Alep par ses forces constituerait « un tournant dans la guerre ».
M. Lavrov a par ailleurs annoncé que des tractations militaires et diplomatiques russo-américaines se tiendront demain à Genève « pour terminer le travail (...) définissant les moyens de résoudre les problèmes d'Alep-Est ». Ces tractations étudieront notamment des plans d'évacuation des combattants rebelles et des civils qui le souhaitent, selon le chef de la diplomatie russe. M. Lavrov s'était brièvement entretenu avec M. Kerry hier en marge de la réunion de l'OSCE à Hambourg et les deux hommes s'étaient rencontrés la veille au soir dans un grand hôtel de cette ville du nord de l'Allemagne. Mais ils n'avaient pas réalisé de percée sur un projet de cessation des combats et d'évacuation des rebelles et civils d'Alep, où la rébellion est sur le point de perdre ses derniers bastions face aux troupes du régime syrien soutenues par la Russie et l'Iran. Les deux ministres se sont encore téléphoné hier soir après l'arrivée de John Kerry à Paris, a indiqué un responsable du département d'État. « Il sont tombés d'accord pour continuer de discuter de la mise sur pied d'un cadre pour un cessez-le-feu et plus précisément de l'acheminement de l'aide humanitaire et de la possibilité que les gens puissent quitter Alep en sécurité », a expliqué ce diplomate américain aux deux journalistes voyageant avec M. Kerry.
Baisse des violences
Parallèlement, sur le terrain, après l'annonce surprise de Moscou qui n'a pas été commentée par Damas, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a noté un arrêt des frappes de l'aviation syrienne et une baisse des tirs d'artillerie dans les derniers secteurs où les rebelles sont retranchés. « C'est plus calme. Même les tirs d'armes légères ont diminué, ce qui n'avait jamais été le cas jusqu'à présent », a également confirmé le correspondant de l'AFP à Alep-Est. Un responsable du groupe rebelle Noureddine al-Zinki, Yasser Youssef, a cependant émis des doutes sur l'annonce russe. « On ne peut juger du sérieux de cette déclaration qu'à la lumière de mesures concrètes garanties par l'Onu », a-t-il dit à l'AFP.
Avant l'annonce russe, l'Observatoire avait fait état de violents tirs d'artillerie et de raids aériens dans les quartiers de Soukkari, Boustane al-Qasr et Kallassé (Sud). Dans ce dernier secteur, le correspondant de l'AFP a vu des gens s'enfuir, terrifiés, après la chute d'un baril d'explosifs dans la rue.
Les Casques blancs, les secouristes opérant dans les secteurs rebelles à Alep-Est, ont quant à eux lancé un appel désespéré aux organisations internationales pour qu'elles les protègent en leur assurant un passage sûr. « S'ils ne sont pas évacués, nos volontaires risquent la torture ou l'exécution dans les centres de détention du régime », ont-ils ajouté en s'adressant au Comité international de la Croix-Rouge (CICR), à l'Onu et au Conseil de sécurité. L'intensité des combats a accéléré l'exode de la population et 80 000 personnes ont fui Alep-Est depuis le 15 novembre, selon l'OSDH.
(Source : AFP)


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13 h 38, le 09 décembre 2016