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Moyen Orient et Monde

Les habitants de Mossoul confrontés à une pénurie d’eau « catastrophique »

Offensive
OLJ
01/12/2016

Déjà victimes d'une pénurie de vivres et d'électricité, des centaines de milliers d'habitants de Mossoul sont désormais privés d'eau. « Près d'un demi-million de civils, qui ont déjà du mal à se nourrir chaque jour, sont désormais privés d'eau potable saine », a prévenu hier la coordinatrice des opérations humanitaires de l'Onu en Irak, Lise Grande. Cette pénurie « va avoir des conséquences catastrophiques pour les enfants, les femmes et les familles » restés dans la ville, a-t-elle alerté dans une déclaration. Le réseau de distribution de la ville a été endommagé dans les combats menés depuis six semaines par l'armée, appuyée par une coalition internationale, pour déloger le groupe État islamique (EI) de son dernier grand bastion irakien.
Or « le segment de canalisation à réparer est situé dans une partie de la ville qui est toujours entre les mains de l'EI », interdisant toute intervention rapide, précise l'Unicef dans un communiqué. « Si l'eau courante n'est pas rétablie dans les prochains jours, les civils vont devoir utiliser des sources d'eau impropres à la consommation, exposant les enfants à des diarrhées aiguës et à des risques de malnutrition », avertit l'Unicef.

« On boit l'eau des puits »
Dans les quartiers est de Mossoul, dont les unités d'élite irakiennes reprennent progressivement le contrôle, les habitants manquent d'eau courante depuis des jours et ont déjà commencé à se ravitailler dans des puits. « On n'a plus d'eau ou d'électricité, on boit l'eau des puits mais ça ne suffit pas », témoigne Mohammad Khalil, 25 ans, un résident du quartier d'al-Khadraa récemment libéré.
« L'eau, c'est la chose la plus importante. On ne se lave pas, on va attraper des poux et nos maisons sont sales », renchérit Iman Baker, 34 ans, mère de trois enfants installée dans un quartier repris la veille à l'EI par les forces armées. Abou Ali, un résident de Mossoul-Est, espère le retour de l'eau courante « avant l'apparition d'épidémies ». Selon lui, « certains habitants vont s'approvisionner dans le Tigre » qui coupe la ville en deux.
Depuis le lancement de l'offensive à Mossoul le 17 octobre, plus de 70 000 personnes ont fui les combats, mais plus d'un million de personnes habitent toujours la grande métropole du nord de l'Irak, dont 600 000 dans les quartiers est. L'hôpital de Gogjali, à la sortie est de Mossoul, commence à voir arriver « des cas de diarrhées et de crampes intestinales, surtout chez les enfants », rapporte une source médicale. « Les maladies provoquées par de l'eau contaminée peuvent être mortelles, surtout pour les enfants et les personnes âgées », rappelle Alex Milutinovic, responsable en Irak d'International Rescue Committee (IRC). Son ONG envisage des distributions de pastilles pour purifier l'eau, mais « il est très difficile de se déplacer dans la ville pour atteindre la population, et pour les habitants, il est très dangereux de sortir de chez eux, avec les snipers et les explosions », dit-il à l'AFP.

Pénurie de vivres
Le manque d'eau potable s'ajoute à une pénurie de vivres. Pour s'approvisionner en nourriture, la plupart des familles de Mossoul-Est ne peuvent compter que sur leurs réserves ou sur les distributions organisées par les autorités irakiennes dans les quartiers sous contrôle de l'armée. « Certaines personnes avaient fait des stocks de rations séchées mais les vivres commencent à manquer », explique Natik, 54 ans, venu chercher des denrées de première nécessité lors d'une distribution d'aide alimentaire.
Les forces irakiennes continuaient hier de livrer de violents combats de rue contre les jihadistes dans les quartiers est. Un camion piégé jaune brûlait à proximité d'habitations où les soldats étaient déployés. Jusqu'à présent, les forces irakiennes ont envoyé des messages à la population de Mossoul l'exhortant à rester chez elle et à ne pas chercher à traverser les lignes de front. Mais la présence de centaines de milliers de civils au cœur de la ville réduit la capacité des troupes gouvernementales à recourir aux armes lourdes contre les 3000 à 5 000 jihadistes combattant à Mossoul.

(Source : AFP)

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