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Lifestyle - Positive Lebanese

Nassim Alwan La conteuse aux mille couleurs

D'abord il y a les yeux. Changeants. Parfois verts, parfois miel. Et puis il y a l'accent. Pur, comme la montagne. Et les gestes. Souvent lents, souvent emphatiques. Avec ses bijoux ethniques et sa présence lumineuse, Nassim Alwan ne passe jamais inaperçue. Elle danse avec les mots, chante des refrains qui viennent de loin et surtout, surtout, elle raconte des histoires. Nassim Alwan est hakawati. Kan ya ma kan, yamoustami'i el-kalam. Les histoires sont indispensables à la vie. Elles construisent l'imaginaire des enfants. Elles ramènent le rêve aux adultes. Elles perpétuent les rituels. Elles consolident le patrimoine. Et à l'ère des images folles qui envahissent les esprits et les machines, à l'heure où l'on n'a plus le temps d'avoir du temps, quoi de plus précieux que de se poser quelques minutes, quelques instants volés et écouter de toutes ses oreilles et ses yeux une histoire jaillie du passé. Une histoire oubliée, une histoire riche, une histoire de vie.

Nassim Alwan est née à Mtein dans un village qu'elle porte haut dans son cœur, dans une famille de six enfants dont les rêves ont toujours été grands. De son enfance, elle garde le souvenir ému de son grand-père conteur en Syrie qui régalait son auditoire avec du café moulu par ses soins et des centaines d'histoires du terroir qui transportaient petits et grands dans un imaginaire salutaire. Après des études de théâtre, la jeune femme met son talent au service de productions théâtrales, musicales et de cinéma. Son mariage, son installation en Arabie et la naissance de ses enfants seront une parenthèse dans sa carrière. De retour au Liban en 2010, elle renoue avec ses anciennes amours et démarre des activités culturelles dans la bibliothèque publique de Mtein que sa sœur Maha a créée. Encouragée par sa passion et sa famille, Nassim Alwan prend des cours avec Jihad Darwiche et devient hakawati. Elle enveloppe dans sa mémoire les histoires d'hier, les héros de jadis et comprend vite l'importance de perpétuer ce magnifique patrimoine oral.

Le conteur se doit d'être totalement sincère et la jeune femme se rend vite compte de la responsabilité qu'elle porte. Vis-à-vis de son public d'abord, pour qui une simple histoire peut parfois changer le cours des pensées, et ensuite vis-à-vis de cette richesse de terroir qu'elle se doit de transmettre. Devant un public à chaque fois différent, l'histoire sera à chaque fois différente. Et là on parle d'interactions, de réactions, de yeux qui brillent, de cœurs qui battent et de voyages dans une autre époque, un autre monde. Jéha, Antar, Akhwat Chanay, des héros d'hier qui revivent dans des histoires racontées aujourd'hui. Nassim raconte.

Dans les écoles, les bibliothèques et devant un auditoire d'adultes. Encouragée par le Cobiac, collectif de bibliothécaires et intervenants en actions culturelles, elle transporte ses contes sous d'autres cieux. L'Algérie, la Jordanie, les Émirats, la Tunisie, la France accueillent Nassim Alwan qui découvre combien les histoires se ressemblent dans tous ces pays, combien la mission de les transmettre est importante et combien aussi est primordiale la richesse de la langue arabe. Une langue que l'on parle de plus en plus mal. Dopée par son amour pour son métier, Nassim Alwan est convaincue qu'elle doit absolument nourrir le hakawati en elle et mériter ce titre. Alors elle recueille, elle apprend, elle met en scène, elle transmet et elle donne vie.
« Quand je ferme les yeux, je vois une histoire
Quand les oiseaux chantent, je vois une histoire
Quand les couleurs se mélangent, je vois une histoire
Quand je vois une histoire, je rêve
Et quand je rêve, je raconte une histoire. »
Nassim Alwan

 

*Positive Lebanon est un concept basé sur les initiatives concrètes de la société civile libanaise. Ces initiatives qui font que le pays tient encore debout. Mais derrière chaque initiative se tient une Libanaise ou un Libanais courageux, innovant, optimiste et plein d'amour pour son pays. (voir ici)

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