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Lifestyle - Positive Lebanese

Mohammad Ayoub : Le Liban est à nous !

Mohammad Ayoub, fondateur et directeur de l’ONG Nahnoo. Photo DR

On a longtemps parlé de la destruction du centre-ville de Beyrouth comme d'une volonté de détruire le monde dans lequel les Libanais se rencontraient. Riches ou pauvres, musulmans ou chrétiens, les souks bruissaient de dialectes, d'interjections, d'échanges et de communication. C'était le vivre ensemble « à la libanaise » et c'est cela qui a été anéanti en premier. Cet espace public grouillant de vies et de vie, et qui provoque encore tellement de regrets.

Mais le passé est passé et nos jeunes nous rappellent tous les jours que l'avenir est une chose à édifier et à construire. Mohammad Ayoub, fondateur et directeur de l'ONG Nahnoo, a très bien compris l'importance des lieux publics. Virtuels ou bien concrets, ils restent à définir et à consolider pour fournir aux Libanais la plateforme de rencontres aujourd'hui nécessaires dans une société en perpétuelle risque de défragmentations. Né en 1982, une des années les plus meurtrières de la guerre, il a vite saisi durant ces années universitaires l'urgence de créer des événements rassembleurs. De pièces de théâtre en conférences, de concerts en voyages, le concept Nahnoo, nous, nous tous, tous ensemble, est né. Lorsque Mohammad a eu à choisir entre un métier confortable de psychologue et la poursuite de son rêve, Nahnoo, il n'a pas hésité longtemps. Il a choisi sa passion. Celle d'amener sa pierre à l'édifice Liban. L'ONG est née avec comme objectif la coexistence sur des règles claires, celles de la connexion profonde basée sur la cohésion sociale entre les Libanais. Pour cela, un impératif : refaire vivre les espaces publics, lieux de rencontres et d'échanges. Comme dans une maison où le « dar » est le vivier central, les trottoirs, les plages et les jardins de la ville se doivent de jouer leur rôle rassembleur.

Dans le collimateur de Nahnoo, très vite, une des plus grandes aberrations de la capitale : le Bois des pins. Fermé au public pour des raisons obscures, Horch Beyrouth attendait tout simplement un projet juteux qui fasse rentrer de l'argent. Alors Nahnoo passe à l'action. En parallèle à des dizaines de formations de positive thinking, de résolutions de conflits, de philosophie du vivre-ensemble pour plus de 1 000 jeunes, les membres de l'ONG, aidés d'experts dans tous les domaines, vont ratisser les lois, étudier les problèmes, aller au fond des choses et présenter des preuves irréfutables de l'appartenance du Bois des pins au peuple. Sûrs de leur bon droit, les activistes lancent alors des campagnes d'éveil, des actions « intelligentes sur le terrain », des sensibilisations de la population et des médias. Ils rencontrent les membres de la municipalité, des membres du gouvernement et arrivent à se faire ouvrir les portes de cet espace public, poumon vert d'une capitale en mal de verdure. Le 5 octobre 2015, la victoire est là et elle est de taille. Le nouveau mohafez de la ville annonce l'ouverture de Horch Beyrouth au public.

Mohammad Ayoub n'a jamais baissé les bras. Le combat continue aujourd'hui avec la volonté de rendre au peuple libanais tout son littoral. Ramlet el-Baïda sera le début d'une grande bataille. La loi est claire et elle date de 1925. Tous les espaces sablonneux appartiennent à la ville et à ses habitants. Les études que Nahnoo a initiées sont sans équivoque. Et la motivation de Mohammad sans limite. Jardins publics, avec notamment celui de Tyr qui est aujourd'hui une déchetterie, littoral libanais, la ville de Baalbeck qui doit retrouver son faste... les projets ne manquent pas et le travail est parfois titanesque. Mais Nahnoo a l'intelligence de travailler avec tout le monde. Municipalités, partis politiques, gouvernement avec une seule devise : croire en ce que l'on fait et, un seul leitmotiv, rendre ce pays à ses habitants.

*Positive Lebanon est un concept basé sur les initiatives concrètes de la société civile libanaise. Ces initiatives qui font que le pays tient encore debout. Mais derrière chaque initiative se tient une Libanaise ou un Libanais courageux, innovant, optimiste et plein d'amour pour son pays. (voir ici)

 

 

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On a longtemps parlé de la destruction du centre-ville de Beyrouth comme d'une volonté de détruire le monde dans lequel les Libanais se rencontraient. Riches ou pauvres, musulmans ou chrétiens, les souks bruissaient de dialectes, d'interjections, d'échanges et de communication. C'était le vivre ensemble « à la libanaise » et c'est cela qui a été anéanti en premier. Cet espace...

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FAUX TITRE ! IL DEVRAIT LIRE LE LIBAN EST A NOUS TOUS...

LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

09 h 11, le 05 octobre 2016

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Commentaires (1)

  • FAUX TITRE ! IL DEVRAIT LIRE LE LIBAN EST A NOUS TOUS...

    LA LIBRE EXPRESSION DEFIE LA CENSURE

    09 h 11, le 05 octobre 2016

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