Épais silence dans les rues, rassemblements et spectacles annulés, drapeaux fixés sur de nombreuses devantures, les Cubains, une fois passée la commotion suscitée par l'annonce du décès de Fidel Castro, vivaient au ralenti après qu'un deuil national a été décrété jusqu'au 4 décembre.
Si la journée d'hier était plutôt calme à Cuba, aucune manifestation officielle n'étant prévue, cette semaine sera en revanche ponctuée de plusieurs cérémonies d'hommage et d'une procession de quatre jours pour honorer le père de la révolution cubaine, mort vendredi soir. Point culminant de ces célébrations, les funérailles du Comandante, personnage unique qui a forgé l'identité de cette île caribéenne et l'a fait entrer dans les livres d'histoire, se dérouleront le dimanche 4 décembre à Santiago de Cuba, dans l'Est, berceau de la révolution. Auparavant, le transfert des cendres de Fidel Castro de La Havane à Santiago, une procession qui parcourra quelque 900 kilomètres de mercredi à samedi, devrait constituer un autre moment fort avec la probable mobilisation de millions de Cubains. La première cérémonie de recueillement a été programmée pour aujourd'hui sur l'emblématique place de la Révolution à La Havane, dont les accès sont barrés par la police depuis samedi.
Partout à Cuba, l'annonce de la mort du Lider Maximo à l'âge de 90 ans est accompagnée depuis deux jours par un épais silence, notamment à La Havane, d'ordinaire secouée par le tumulte de la musique omniprésente et des moteurs pétaradants. De petits groupes se formaient discrètement çà et là dans les rues, notamment aux abords des universités. Dans la capitale, quelques centaines d'étudiants se sont notamment recueillis samedi soir pendant une veillée nocturne devant la faculté où le Comandante avait fait ses premières armes en politique à la fin des années 1940.
Deuil national oblige, rassemblements et spectacles ont été annulés. Les incontournables matches de base-ball ont été suspendus, les discothèques sont fermées, la vente d'alcool a été interdite et la plupart des restaurants ont réduit leurs heures d'ouverture. Une présence policière était visible tout en demeurant discrète à La Havane. Les médias nationaux programmaient reportages, documentaires et débats à la gloire du « camarade Fidel ».
Période d'incertitude
Parmi les 11,2 millions d'habitants de l'île, beaucoup ne dissimulaient pas leur peine face à la perte de ce géant du XXe siècle, qui a su tenir tête pendant près d'un demi-siècle à la superpuissance américaine. Car même s'il a d'une main de fer fait taire toute opposition, emprisonnée ou exilée, et si la ferveur révolutionnaire a eu tendance à s'estomper, l'ex-président retiré du pouvoir depuis 10 ans demeurait très respecté et admiré sur l'île. Mais des Cubains exprimaient aussi le sentiment d'incertitude dans lequel les a plongés la mort du Lider Maximo qui avait cédé le pouvoir à son frère Raul en 2006 après une hémorragie intestinale. Entre février 2014 et avril 2015, il avait totalement disparu des écrans cubains, ce qui nourrissait de nombreuses rumeurs sur son état de santé. Mais depuis un an et demi, même si ses déplacements restaient limités, il avait recommencé à recevoir chez lui personnalités et dignitaires étrangers.
À l'ombre de son frère, Raul Castro a engagé ces dix dernières années un lent processus de réformes économiques destinées à sauver Cuba de la faillite avec une ouverture accrue à l'initiative privée et l'investissement étranger. « Le socialisme a survécu à la longue maladie de Fidel Castro et il continuera certainement après sa mort », juge Jorge Duany, directeur de l'institut de recherche cubaine à l'Université internationale de Floride. Cependant, cet expert estime que son décès « accélérera probablement les réformes économiques ». Mais « il faudra sûrement attendre le retrait de la présidence de Raul, annoncé pour 2018, pour évaluer plus clairement s'il y aura des changements substantiels à la tête » de l'État, ajoute-t-il.
« Dictateur » ou « figure historique » ?
Aux États-Unis, des Cubains de Miami ont célébré dans leur quartier de Little Havana la mort de Fidel Castro, jusqu'à l'aube dimanche. « Je ne me fatigue pas de faire la fête (...) parce que je pensais que ce moment n'arriverait jamais », dit une femme, Delsy, devant le Café Versailles, point de ralliement depuis des décennies des exilés cubains. « Fidel, toi le tyran, emmène aussi ton frère », scandaient certains exilés dans une cacophonie de klaxons, de tambours et de chansons.
L'annonce de la mort de cette figure centrale de la guerre froide a déclenché une pluie de réactions dans le monde entier. Le président élu des États-Unis Donald Trump a dénoncé un « dictateur brutal qui a opprimé son propre peuple », promettant de « tout » faire pour contribuer à la liberté du peuple cubain, et confirmant à demi-mot ses réserves sur le rapprochement entamé depuis fin 2014 entre les États-Unis et Cuba. « L'histoire jugera de l'impact énorme » de Fidel Castro, avait auparavant déclaré le président américain Barack Obama, ajoutant : « Nous avons travaillé dur » pour tourner la page de la « discorde ».
Le président russe Vladimir Poutine a quant à lui salué un « homme d'État émérite » et « un ami sincère et fiable de la Russie », tandis que le roi d'Espagne rendait hommage à une « figure d'une indiscutable importance historique ».
(Source : AFP)


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QUEL PERE... IL N,A FAIT QUE PLONGER SON PAYS ET SON PEUPLE DANS L,EXTREME PAUVRETE... UN DEMAGOGUE DE MOINS !
11 h 02, le 28 novembre 2016