Le « Hong Kong-Shenzhen Connect » permettra aux investisseurs de chacune des deux Bourses d’acheter des actions sur l’autre place. Archives Reuters
Les échanges sur la plateforme de connexion boursière entre Shenzhen, deuxième place de Chine continentale, et Hong Kong débuteront le 5 décembre, ont annoncé hier les régulateurs, ce qui offrira aux investisseurs étrangers un accès inédit aux actions de fleurons de l'industrie chinoise.
Vanté par Pékin comme une étape cruciale dans l'ouverture des marchés chinois, le Hong Kong-Shenzhen Connect permettra aux investisseurs de chacune des deux Bourses d'acheter des actions sur l'autre place. Il offrira du coup aux courtiers étrangers un accès aux titres ordinaires de géants industriels et fleurons technologiques cotés à Shenzhen. Parmi eux, le fabricant de smartphones ZTE, le colosse de l'immobilier Vanke, l'assureur Ping An, ou encore le producteur d'électroménager Midea.
« Cette connexion étendue va renforcer l'accès réciproque entre les Bourses de Hong Kong et de Chine continentale », s'est félicité Carlson Tong, président de l'Autorité de régulation hongkongaise (SFC). Ce nouveau mécanisme copie très exactement le fonctionnement de la plateforme d'échanges boursiers existant déjà depuis deux ans entre Shanghai et Hong Kong. Le « Hong Kong-Shanghai Connect » permettait pour la première fois à des investisseurs étrangers d'acheter, en passant par Hong Kong, des actions en yuans de sociétés cotées en Chine continentale.
La porte n'est cependant qu'entrouverte : les Bourses de Shanghai et Shenzhen, du fait des sévères restrictions imposées par Pékin sur les mouvements de capitaux, demeurent quasi isolées du reste du monde. À l'inverse de Hong Kong, un territoire chinois largement autonome, dont la place financière est étroitement connectée aux marchés internationaux.
Marché « le plus dynamique »
Le second « Connect » met à portée des courtiers étrangers les titres de 863 sociétés cotées à Shenzhen. Presque 60 % (en capitalisation) des sociétés à la Bourse de Shenzhen relèvent de « secteurs émergents » selon son opérateur. C'est « le marché le plus dynamique » du pays, estime même le courtier Macquarie, avec un volume d'échanges quotidiens dépassant désormais celui de Shanghai. Les investisseurs étrangers n'accéderont toutefois qu'aux entreprises possédant une capitalisation d'au moins 6 milliards de yuans (867 millions de dollars), seuil censé les protéger des folles fluctuations des Bourses chinoises. Dans l'autre sens, la nouvelle plateforme élargit à 101 petites entreprises l'éventail des titres hongkongais que peuvent acquérir des résidents de Chine populaire. Mais la nécessité de détenir au préalable un portefeuille valant 500 000 yuans (72 274 dollars) devrait, en pratique, continuer d'exclure la grande majorité des boursicoteurs chinois.
Par ailleurs, les transactions transfrontalières via le Hong Kong-Shenzhen Connect seront limitées par un quota quotidien de 23,5 milliards de yuans (3,4 milliards de dollars). Un niveau cependant très supérieur à l'appétit escompté des investisseurs des deux bords : pour preuve, le quota des opérations autorisées entre Shanghai et Hong Kong n'a jamais été rempli. L'effondrement spectaculaire des Bourses chinoises durant l'été 2015 avait encore contribué à refroidir l'engouement pour le dispositif.
Du coup, « la plateforme Shenzhen-Hong Kong a une importance surtout symbolique, car elle complète le système, à défaut d'avoir un impact concret », a indiqué Zhang Qi, analyste du courtier Haitong. Selon lui, c'est une façon pour Pékin de réaffirmer sa volonté d'ouvrir progressivement ses marchés.
Mais les échanges sur le « Connect » seraient bien plus importants avec une véritable « politique d'ouverture des mouvements de capitaux », déplorait Jackson Wong, du courtier Simsen Financial. Sans cela, il prédit « un impact très limité » de la plateforme.
Le régime communiste reste réticent à ouvrir davantage la porte, alors qu'il peine à endiguer de massives fuites de capitaux hors du pays et que son économie ne cesse de s'essouffler.
(Source : AFP)


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