Des policiers sécurisent le lieu d’un attentat au camion piégé dans une station d’essence à Hilla, qui a visé des fidèles chiites, dont une majorité d’Iraniens, revenant de l’Arbaïn. Alaa al-Marjani/Reuters
Un attentat revendiqué par le groupe État islamique (EI) a tué entre 70 et 100 pèlerins chiites, selon les sources, hier au sud de Bagdad. Un camion piégé contenant 500 litres de nitrate d'ammonium a explosé dans une station-service remplie de cars revenant d'une cérémonie marquant l'Arbaïn, le 40e et dernier jour de deuil à la mémoire de l'imam Hussein, petit-fils de Mahomet tué lors de la bataille de Kerbala en l'an 680, a-t-on appris auprès des services de sécurité.
« Au moins 70 personnes ont été tuées, dont moins de 10 Irakiens, le reste étaient des Iraniens », a déclaré à l'AFP Falah al-Radhi, chef de la sécurité du conseil provincial de Babylone, où a eu lieu l'attentat. Une source médicale interrogée par Reuters a, de son côté, avancé un bilan d'environ 100 morts. L'attaque s'est produite dans le village de Chomali, à 120 km de la capitale irakienne et à 80 km de Kerbala.
L'EI affirme qu'un kamikaze « a fait exploser son véhicule au cœur du groupe (de pèlerins), faisant plus de 200 morts et blessés, dont des Iraniens », dans un communiqué cité par le centre américain de surveillance des sites jihadistes SITE. « Il y a des corps complètement calcinés sur les lieux », a décrit Falah al-Radhi, tandis que des images sur les réseaux sociaux montraient des débris répandus sur une large portion de l'autoroute reliant Bagdad à la ville portuaire de Bassora.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné l'attentat, sans fournir de bilan. Téhéran va continuer à soutenir « le combat sans relâche de l'Irak contre le terrorisme », a déclaré le porte-parole du ministère, cité par l'agence de presse iranienne Tasnim.
Entre 17 et 20 millions de musulmans chiites, dont trois millions d'Iraniens, avaient afflué lundi à Kerbala, à 80 km au sud de Bagdad, pour commémorer l'Arbaïn. Ce grand événement du calendrier chiite avait été placé sous haute sécurité, après avoir été pris pour cible ces dernières années par des attaques de l'EI.
Le groupe jihadiste sunnite a revendiqué plusieurs attentats en Irak depuis le début de l'offensive lancée le 17 octobre par les forces Irakiennes contre Mossoul, la grande ville du nord de l'Irak devenue son fief en juin 2014. L'organisation ultraradicale est désormais quasi encerclée dans son fief par les forces progouvernementales.
(Source : agences)


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