X

Économie

La Banque centrale turque relève son principal taux pour soutenir la livre

Politique monétaire
OLJ
25/11/2016

La Banque centrale de Turquie a relevé hier, pour la première fois en près de trois ans, son principal taux directeur, pour tenter d'enrayer la dégringolade de la livre turque.
La Banque centrale a précisé dans un communiqué avoir relevé de 50 points de base à 8 % le taux de refinancement à une semaine, et de 25 points de base à 8,5 % le taux de financement à un jour. Après cette décision, la livre turque a repris des couleurs face au dollar (+0,74 %), un gain rapidement effacé après le vote par le Parlement européen d'une résolution non contraignante recommandant le gel des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE.
La devise turque a connu une importante baisse au cours du mois écoulé (-9 %), notamment provoquée par les perspectives de croissance à la baisse et l'aggravation des tensions politiques et sociales sous la présidence de Recep Tayyip Erdogan. Les taux n'avaient pas été relevés depuis janvier 2014, et la décision prise hier par la Banque centrale intervient après une pause en octobre à la suite d'une longue période de réduction des taux de mars à septembre. Cette décision « est clairement motivée par la chute de la livre », a souligné dans une note William Jackson du cabinet Capital Economics. « Nous nous attendions à un premier relèvement des taux l'année prochaine, mais la faiblesse de la devise a poussé les dirigeants à agir maintenant », a-t-il expliqué.
Le président Erdogan a souvent fait pression sur la Banque centrale pour qu'elle abaisse ses taux d'intérêt afin de stimuler la croissance et les investissements, s'attirant les critiques de certains économistes qui mettent en garde contre une perte de contrôle de l'inflation.

Économie à bout de souffle
« La politique monétaire à venir sera soumise aux perspectives d'inflation », a souligné hier la Banque centrale dans son communiqué. L'inflation s'élevait en octobre à 7,16 %, bien au-dessus de l'objectif de 5 % que s'est fixé la Banque centrale. Outre l'inflation, plusieurs indicateurs semblent montrer que l'économie turque est à bout de souffle : la production industrielle a ainsi chuté de 3,1 % en septembre, laissant présager un ralentissement de la croissance au troisième trimestre.
La détérioration de la situation économique intervient dans un contexte politique extrêmement tendu depuis le putsch manqué, suivi de purges tous azimuts. Outre les facteurs internes, les investisseurs s'inquiètent également de la dégradation des relations entre la Turquie et l'Union européenne, qui a critiqué les arrestations de dirigeants et médias d'opposition.
M. Erdogan a convoqué mercredi les plus hauts responsables du secteur économique au sein du Conseil de coordination économique (EKE) pour évoquer des mesures susceptibles de rassurer les marchés. Un nombre croissant d'analystes s'attendaient à un relèvement des taux directeurs de la Banque centrale, mais le président turc avait jeté un froid mercredi en exhortant les banques à baisser leurs taux et en défendant son droit de « critiquer » la Banque centrale.
« On me dit : "la Banque centrale est indépendante, elle est ceci, elle est cela." D'accord, qu'elle soit indépendante, mais moi, je suis un homme politique (...). J'ai le droit de critiquer la Banque centrale », a-t-il lancé, provoquant une baisse immédiate de la livre. Après ces déclarations, le relèvement du principal taux de 50 points de base a donc surpris – positivement– les marchés, indique Ozgür Altug, du cabinet BCG Partners. « Nous voyons cette décision de manière positive. La Banque (centrale) a également envoyé le message qu'elle pouvait relever les taux lorsque cela était nécessaire », a-t-il expliqué. Toutefois, a-t-il nuancé, il restait à savoir si cette décision était isolée ou le début d'un « cycle de resserrement monétaire ».
Même prudence de la part d'Inan Demir, analyste à Nomura International, pour qui ce relèvement des taux, « plus fort qu'attendu », ne sera sans doute pas suivi de « relèvements conséquents susceptibles de changer la direction prise par la devise ».
(Source : AFP)

À la une

Retour à la page "Économie"

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

Dernières infos

Les signatures du jour

Décryptage de Scarlett HADDAD

Le gouvernement peut-il mener à bien sa mission ? Deux lectures opposées

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants