La communauté chiite de Kaboul a été une nouvelle fois visée hier par un puissant attentat- suicide, en pleine célébration d'une importante fête religieuse.
Le kamikaze a déclenché sa charge alors qu'il se trouvait parmi les fidèles marquant le 40e jour suivant la Achoura dans la mosquée, a indiqué Fridon Obaidi, du ministère de l'Intérieur, faisant état de 27 morts. Selon le porte-parole du ministère de la Santé, Mohammad Ismail Kawoosi, il y a eu en outre 64 blessés, dont des femmes et des enfants. La Mission des Nations unies (Manua) a pour sa part évoqué 32 tués et 50 blessés.
Les jihadistes de l'État islamique ont indiqué par un communiqué de leur agence de propagande Aamaq qu'un de leurs combattants était l'auteur de cette opération. L'EI avait déjà revendiqué de précédents attentats ciblant cette communauté.
Dans un communiqué, le président Ashraf Ghani a rapidement condamné l'attaque « barbare » d'hier et dénoncé des « tentatives de division » de la population afghane. Le commandant de l'Otan en Afghanistan, le général John Nicholson, a transmis ses condoléances aux familles des victimes tandis que l'ambassade américaine à Kaboul a condamné un attentat « lâche ». Amnesty International, déplorant une attaque « horrible et délibérée », a de son côté appelé le gouvernement à protéger les minorités.
La foule, une fois de plus, a reproché aux autorités d'être « incapables » d'assurer la protection des fidèles chiites. « Les forces de sécurité ont encore été incapables de protéger les mosquées, les pèlerins et leurs rassemblements », s'est ainsi écrié peu après l'explosion un habitant qui s'est identifié comme « Rahmat ». « Ils savent pourtant que Daech (acronyme arabe de l'EI), qui arrive à perpétrer des attaques en Europe, peut facilement cibler des sites en Afghanistan. Ils devraient fournir une protection aux sites sacrés. »
La communauté chiite, minoritaire en Afghanistan sunnite, célébrait hier l'Arbaïn, qui marque la fin des 40 jours de deuil consécutifs à la Achoura, en souvenir de la mort de l'imam Hussein. La mort de Hussein, petit-fils du Prophète tué en 680, est un événement fondateur du chiisme. C'est la troisième fois que les chiites sont visés dans Kaboul depuis l'attentat du 23 juillet contre une manifestation de la minorité hazara qui avait fait 85 morts et plus de 130 blessés. Ce double attentat-suicide au cœur d'une foule pacifique avait aussi été revendiqué par l'EI.
(Source : AFP)


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