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conférence

Ayrault : Miser sur Assad pour se débarrasser de Daech serait une erreur morale et stratégique

Le chef de la diplomatie française lors de son intervention hier, à Doha. Karim Jaafar/AFP

Dans son intervention à l'ouverture de la 9e Conférence sur la gouvernance mondiale (World Policy conference, WPC), qui a entamé ses travaux hier matin à Doha à l'initiative de l'Institut français des relations internationales, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a effectué un survol rapide de la conjoncture internationale, en s'attardant notamment sur l'impact du terrorisme à l'échelle mondiale et sur la situation en Syrie. M. Ayrault a notamment dénoncé les épreuves subies par le peuple syrien « victime d'un régime barbare qui a provoqué la mort de 300 000 personnes et forcé à l'exode la moitié de la population ». Relevant, en substance, que ni le régime Assad ni Daech (acronyme arabe de l'État islamique, EI) ne respectent les droits de l'homme, le ministre français a souligné qu'il n'est pas concevable de « confier à Bachar el-Assad la tâche de se débarrasser de Daech ». « Ce serait une erreur non seulement morale, mais aussi stratégique », a-t-il déclaré, avant de stigmatiser « le pouvoir sanguinaire de Bachar el-Assad ».
« Je tiens à condamner avec la plus grande force à nouveau les attaques, les bombardements et les tirs d'artillerie sur Alep où vivent près de 300 000 personnes, privées de denrées alimentaires, de médicaments et de soins » , a en outre déclaré le ministre.
Évoquant en outre la conjoncture internationale, M. Ayrault a souligné que nous vivons dans « un monde incertain » car la « logique planétaire nécessite une action de tous dans un certain nombre de domaines, tels que le commerce international, la sécurité ou l'environnement ». La menace terroriste frappe partout, dans tous les continents. « Cette menace est mondiale, la riposte doit donc être mondiale », a-t-il affirmé en mettant l'accent sur la nécessité d'« agir sans relâche dans ce domaine tout en restant attachés à nos principes ».
M. Ayrault a par ailleurs mis en garde contre « l'aventure isolationniste et contre l'unilatéralisme ». « Partout émergent des nationalismes qui peuvent déboucher sur des chocs de civilisation, a-t-il relevé. Le terrorisme a pour but de nous entraîner dans un choc de civilisations et dans un manichéisme qui débouche sur un clivage entre l'Orient et l'Occident. C'est de notre responsabilité commune de construire une coopération entre le monde arabe et l'Occident. »
Soulignant la nécessité d'« encourager l'Iran à devenir un acteur responsable dans la région », M. Ayrault a déclaré que « la logique de Yalta et de Sykes-Picot n'est plus de mise », en ce sens que l'Occident n'est plus en mesure de « redécouper les frontières » de manière unilatérale. « Il n'existe pas de fatalité au Moyen-Orient et la guerre dans cette région n'est pas inévitable », a déclaré le chef du Quai d'Orsay qui a mis l'accent sur le fait que « la stabilité régionale passe par une solution au problème palestinien ». En conclusion, M. Ayrault a condamné les attaques contre le territoire saoudien « qui menacent la stabilité régionale ».

La bataille de Raqqa
Le patron du Quai d'Orsay a repris les principaux thèmes de son intervention au cours du point de presse qu'il a tenu au terme de la séance d'ouverture de la conférence. Il a notamment réitéré ses attaques virulentes contre le régime Assad, affirmant qu'« un dialogue avec Bachar el-Assad ne mènerait à rien ». Il a rejeté dans ce cadre l'option préconisée par certaines parties en Occident, selon laquelle la situation en Syrie impose qu'il faut choisir entre le régime de Bachar el-Assad et l'État islamique.
Le chef de la diplomatie française a souligné à ce propos qu'un éventuel dialogue avec Bachar el-Assad « serait stérile et ne mènerait à rien ». Qualifiant une nouvelle fois le régime Assad de « barbare » et stigmatisant les bombardements contre les quartiers assiégés d'Alep, M. Ayrault s'est déclaré opposé à toute « partition de la Syrie », indiquant par ailleurs que la bataille de Raqqa avait commencé « et durera longtemps ». Il a précisé à ce propos que le problème qui se pose au stade actuel est de savoir qui remplacerait l'EI une fois la localité libérée. Il a préconisé dans ce cadre que toutes les composantes du tissu social syrien soient présentes à Raqqa après sa libération. « Ce serait ainsi un modèle pour une Syrie unie », a-t-il notamment déclaré.
Interrogé en outre sur les nouvelles orientations de la politique étrangère des États-Unis après l'élection de Donald Trump, le chef du Quai d'Orsay a estimé qu'il fallait attendre de connaître l'identité du futur secrétaire d'État avant de se prononcer sur la question.

M. T.


Dans son intervention à l'ouverture de la 9e Conférence sur la gouvernance mondiale (World Policy conference, WPC), qui a entamé ses travaux hier matin à Doha à l'initiative de l'Institut français des relations internationales, le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, a effectué un survol rapide de la conjoncture internationale, en s'attardant notamment sur l'impact du...

commentaires (3)

il devrait se taire déjà miser sur Hillary Clinton puis dès le début annoncer le départ du président Assad et il est encore la Ayrault l'endormi et son gouvernement , ce sont eux qui vont partir

Talaat Dominique

16 h 41, le 21 novembre 2016

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Commentaires (3)

  • il devrait se taire déjà miser sur Hillary Clinton puis dès le début annoncer le départ du président Assad et il est encore la Ayrault l'endormi et son gouvernement , ce sont eux qui vont partir

    Talaat Dominique

    16 h 41, le 21 novembre 2016

  • PLUS QU,UNE ERREUR... UN CRIME !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    14 h 00, le 21 novembre 2016

  • On n'en a plus pour longtemps avec ce gouvenement de nuls Tout va changer avec la venue au pouvoir de Francois Fillon en France et de Donald Trump aux Etats-Unis

    Tabet Ibrahim

    08 h 59, le 21 novembre 2016