Des civils fuyant après un raid de la coalition contre des positions de l’État islamique, hier à Mossoul. Goran Tomasevic/Reuters
Un mois après le début de leur offensive, les forces irakiennes avançaient hier au sud et à l'ouest de Mossoul avec l'objectif d'isoler les jihadistes du groupe État islamique de la Syrie voisine. Elles cherchaient en particulier à prendre le contrôle de deux aéroports, celui de Tal Afar à l'ouest et celui, plus important, de Mossoul au sud. Des forces paramilitaires sont entrées dans l'aéroport de Tal Afar, à 50 km à l'ouest de Mossoul, où elles se battaient hier contre les derniers jihadistes présents.
L'EI « a disposé des bombes dans l'aéroport et les opérations sont en cours pour nettoyer les lieux », ont indiqué les unités du Hachd al-Chaabi (Mobilisation populaire). Cette coalition progouvernementale dominée par des milices chiites soutenues par l'Iran mène l'offensive à l'ouest de Mossoul pour reprendre Tal Afar et couper les axes d'approvisionnement avec les territoires contrôlés par l'EI dans l'est de la Syrie.
Les autres fronts de la vaste offensive lancée le 17 octobre sont essentiellement occupés par les forces gouvernementales qui progressent notamment par le sud. Un officier des troupes d'élite du ministère de l'Intérieur a indiqué qu'elles espéraient se rapprocher hier à quatre kilomètres de l'aéroport international de Mossoul, situé dans la banlieue de la deuxième ville d'irak. Cet aéroport n'est plus en service depuis la prise de Mossoul par l'EI, qui ne dispose pas d'avions.
Nouvelles victimes civiles
L'avancée la plus notable jusqu'à présent a été menée à l'est, où les forces ont pris plusieurs quartiers de Mossoul et progressaient vers le centre et le Tigre, qui coule au milieu de la ville. Dans les quartiers est, des attaques au mortier et l'explosion d'engins piégés ont tué hier trois enfants et blessé une vingtaine d'autres, a indiqué un médecin, Houssam al-Nouri, dans un hôpital de campagne installé à la périphérie. « Nous étions en train de nous préparer à déjeuner lorsque l'obus de mortier a touché la maison », témoigne Hassan, qui a été blessé avec trois de ses frères. Étendu sur un matelas, Hassan interpelle tous les soignants pour les interroger sur son bébé Jassem, opéré pour des blessures aux yeux. « Je ne sais pas qui est encore dans la maison », s'inquiète le père d'une voix cassée.
Les quelques milliers de jihadistes présents à Mossoul et sa région opposent depuis un mois une forte résistance en menant des attaques à l'aide de snipers, de voitures piégées ou d'engins explosifs. Néanmoins, leur stratégie à long terme reste inconnue. « Nous ne savons pas si les combats actuels se déroulent dans les quartiers les plus fortifiés et défendus ou s'ils ne sont que les prémices d'affrontements encore plus violents dans la vieille ville », sur la rive ouest du Tigre, indique Michael Knights, du Washington Institute for Near East Policy.
Par ailleurs, au moins seize personnes qui assistaient à un mariage ont été tuées hier lorsqu'un kamikaze a fait détoner une voiture piégée, ont indiqué des responsables hospitaliers et des services de sécurité. L'attaque s'est produite à Amriyat al-Fallouja, à une quarantaine de kilomètres à l'ouest de Bagdad, et a également fait 30 blessés. Cet attentat meurtrier n'a pas immédiatement été revendiqué mais dans le passé le groupe extrémiste État islamique a agi de la sorte contre des civils en Irak.
(Source : AFP)


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