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Économie - Commerce

Trump maintient le flou sur le libre-échange pour faire bouger les lignes

Le nouveau président américain, qui avait promis des mesures-chocs à son arrivée au pouvoir, semble avoir infléchi son discours protectionniste.

Les conseillers de Donald Trump expliquent que ces menaces protectionnistes visaient surtout à obtenir de meilleurs accords commerciaux. Archives AFP

En dépit d'une rhétorique incendiaire, le président élu Donald Trump maintient le flou sur la portée réelle de son offensive contre le libre-échange, espérant faire bouger les lignes sans déclencher une guerre commerciale.
Pendant sa campagne, le candidat républicain avait promis une série de mesures-chocs à son arrivée à la Maison-Blanche : dénoncer les accords de libre-échange, comme l'Alena unissant États-Unis, Mexique et Canada ; imposer des droits de douane massifs sur les produits chinois et désigner la Chine comme un pays manipulant sa monnaie. Ce cocktail protectionniste a affolé les économistes, qui ont mis en garde contre la possible destruction de 4 millions d'emplois aux États-Unis, une récession et des retombées négatives sur le reste du globe.
Mais, depuis sa victoire du 8 novembre, le nouveau président américain a infléchi son discours. Ses conseillers expliquent que ces menaces visaient à obtenir de meilleurs accords commerciaux.
Le Mexique comme le Canada ont répondu favorablement à l'appel en se disant prêts à renégocier l'Alena, accusé aux États-Unis d'avoir précipité les délocalisations d'emplois et la désindustrialisation. Mais rouvrir les discussions peut s'avérer une arme à double tranchant que pourront utiliser Mexico comme Ottawa. « Ils ont eux aussi des griefs », indique à l'AFP Marcus Noland, vice-président du Peterson Institute for International Economics. Un retrait pur et simple du traité est toujours possible : une notification ouvrirait une période de 180 jours à l'issue de laquelle l'Alena serait abrogé en l'absence de nouveau compromis. Mais, là encore, l'administration Trump pourrait payer le prix fort. « C'est une décision potentiellement très risquée, dit M. Noland. Il y a un niveau très poussé d'intégration commerciale entre les États-Unis et le Mexique. Au Texas, beaucoup de personnes s'enrichissent grâce au commerce avec le Mexique et pourraient faire de la résistance. »

« Moyen de pression »
Nul ne sait si le président Trump sera prêt à aller jusque-là. « Son but, c'est d'avoir un moyen de pression. Il n'a pas juste envie de déchirer l'Alena en petits morceaux, il veut utiliser cette menace pour négocier afin d'obtenir quelque chose de mieux », dit à l'AFP Edward Alden, du Council on Foreign Relations.
Reste un problème : on ne sait pas exactement quelle est sa vision de « quelque chose de mieux », assure M. Alden.
Pendant sa campagne, Donald Trump avait assuré que sa priorité était de rééquilibrer les relations commerciales avec la Chine, marquées par un déficit mensuel sur les marchandises de près de 30 milliards de dollars. Là encore, le flou domine, et Pékin pourrait réagir avec virulence à toute offensive américaine.
« La Chine a une longue histoire de représailles au coup par coup après chaque restriction commerciale. Même si les médias abusent du spectre d'une "guerre commerciale" dans laquelle chaque pays répliquerait à l'autre par une hausse des droits de douane, cela sera une véritable possibilité si Trump met ses menaces à exécution », a récemment écrit M. Alden dans un blog. Mais, avec 14 millions d'Américains dont l'emploi dépend du commerce, « couper les liens commerciaux n'est pas le bon remède », assure Michael Froman, représentant au Commerce des États-Unis.
Heather SCOTT/AFP

En dépit d'une rhétorique incendiaire, le président élu Donald Trump maintient le flou sur la portée réelle de son offensive contre le libre-échange, espérant faire bouger les lignes sans déclencher une guerre commerciale.Pendant sa campagne, le candidat républicain avait promis une série de mesures-chocs à son arrivée à la Maison-Blanche : dénoncer les accords de libre-échange, comme l'Alena unissant États-Unis, Mexique et Canada ; imposer des droits de douane massifs sur les produits chinois et désigner la Chine comme un pays manipulant sa monnaie. Ce cocktail protectionniste a affolé les économistes, qui ont mis en garde contre la possible destruction de 4 millions d'emplois aux États-Unis, une récession et des retombées négatives sur le reste du globe.Mais, depuis sa victoire du 8 novembre, le nouveau...
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