Dans les médias comme dans ses livres, il était l'inlassable et chaleureux défenseur d'un « islam des Lumières » : l'anthropologue des religions et psychanalyste algérien Malek Chebel est décédé samedi à Paris d'un cancer, à l'âge de 63 ans.
« Malek Chebel, c'était l'islam des Lumières et la modernité. Son œuvre dit quel doit être notre ouvrage : bâtir l'islam de notre temps », a estimé le Premier ministre français Manuel Valls sur Twitter.
Malek Chebel sera enterré en Algérie, où il était né en 1953, après probablement une cérémonie en région parisienne aujourd'hui, a précisé à l'AFP son fils Mikaïl Chebel.
Son érudition, sa liberté d'esprit et son sourire l'avaient fait largement connaître : cet intellectuel s'était employé à développer une image libérale de l'islam, en traquant les mensonges des intégristes et étudiant des thèmes qui pouvaient paraître iconoclastes, comme la sexualité arabe.
« J'ai pris le parti de chercher la lumière dans le monde arabe. Je suis tenu par un souci de vérité et je veux m'approcher au plus près possible de ce que je pense être cette vérité », disait-il à l'AFP en 2006, alors qu'il publiait Le Kama-sutra arabe, premier manuel d'éducation sexuelle en terre d'islam.
Parmi ses livres, L'islam et la raison, L'Érotisme arabe, ou L'islam en 100 questions, ainsi que plusieurs dictionnaires amoureux (du Coran, de l'Algérie...).
Selon son ami Anouar Kbibech, il proposait « une démarche innovante, une lecture contextualisée des préceptes de l'islam et de la pratique religieuse ». Et il avait « un rôle précurseur » avec « des analyses pertinentes, notamment sur la place de la femme dans l'islam, de la conception, de la relation de l'homme au plaisir d'une manière générale ».
(Source : AFP)


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