L'activité économique au troisième trimestre a été marquée par une amélioration des performances financières, dans le sillage « des dernières opérations d'ingénierie financière menées par la Banque du Liban (BDL) », analyse Bank Audi dans son dernier rapport trimestriel sur l'économie libanaise publié hier. Bank Audi estime également que « l'accord politique au niveau local » (qui a débouché sur l'élection le 31 octobre de Michel Aoun à la présidence de la République après plus de deux ans de vacance présidentielle) améliore les « perspectives macroéconomiques » pour 2017. La croissance libanaise devrait osciller « entre 1,5 et 2 % » en 2016, selon la BDL, soulignent les auteurs du rapport.
Réalisée fin mai, l'ingénierie financière de la banque centrale est à l'origine, selon Bank Audi, de la hausse de 36,3 % des entrées de capitaux qui ont atteint 12,6 milliards de dollars à fin septembre, permettant ainsi à la balance des paiements de dégager un excédent de 555 millions de dollars sur la même période – contre un déficit de 1,8 milliard sur la même période en 2015. La hausse des capitaux a incidemment compensé un déficit commercial en hausse de 9,3 % à 12 milliards de dollars, suite à l'augmentation des importations de 7,7 % en un an à 14,2 milliards de dollars, combinée à la légère baisse des exportations (-0,2 % à 2,2 milliards de dollars).
Seule ombre notable au tableau sur le plan financier, pour Bank Audi, l'activité de la Bourse de Beyrouth, marquée notamment par une baisse de l'indice des prix des actions cotées (-1,5 %).
Niveau record
Le rapport rappelle également que l'opération menée par la BDL a permis d'augmenter ses avoirs en devises, à un montant record de 40,6 milliards de dollars fin septembre, « en hausse de 3,5 milliards de dollars depuis le début de l'année ». Bank Audi signale en outre la hausse de l'activité dans le secteur bancaire au troisième trimestre, avec en point d'orgue le bilan consolidé des banques commerciales qui a lui aussi atteint un niveau record à fin septembre, à 198,1 milliards de dollars (+9,2 % en un an et +6,5 % depuis début 2016). Le total des dépôts du secteur privé a atteint 158,1 milliards de dollars sur la même période, affichant une augmentation de 6,1 % sur un an. À fin septembre, les dépôts ont augmenté de 6,6 milliards de dollars (+4,3 %), soit la plus forte hausse en valeur absolue en comparaison avec les mêmes périodes depuis 2010.
Ces performances financières contrastent avec celles du secteur réel, qui a cependant enregistré certains succès. Selon Bank Audi, « sur 11 indicateurs de l'économie réelle, 7 sont en hausse sur les 9 premiers mois », citant par exemple le nombre de touristes, qui a augmenté sur les 9 premiers mois (de 10,2 % en glissement annuel, à 1,3 million), tout comme le nombre de passagers à l'aéroport international de Beyrouth (+6 %, à 5,9 millions). Même tendance sur le marché immobilier, marqué par une hausse des transactions immobilières (+1,2 % en un an, à 45 848) et de leur valeur totale sur la même période (+6 %, à 6,12 milliards de dollars). Bank Audi signale en outre la hausse des prêts kafalat sur la même période (+8,6 %, à 72 millions de dollars). Enfin, la valeur des chèques compensés figure parmi les indicateurs en berne à fin septembre (-6,7 % en glissement annuel, à 50,64 milliards de dollars).
Le rapport rappelle enfin la hausse du déficit public à fin juin (+8,5 % en un an, à 1,9 milliard de dollars) ainsi que de la dette publique à fin septembre (+8,7 % en un an, à 74,7 milliards de dollars).


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