Rechercher
Rechercher

Économie - Éclairage

Un pied de nez au bilan économique d’Obama

Le candidat Trump n’a cessé de dénoncer la réalité du bilan de Barack Obama pendant la campagne. Archives Reuters

Donald Trump a bâti son triomphe électoral en dressant un très sombre diagnostic de l'économie américaine et en exploitant les craintes de la classe moyenne, malgré un bilan plutôt flatteur du président Barack Obama.
Avec un taux de chômage à 4,9 % et une longue période d'expansion économique, l'économie américaine se porte plutôt bien et la crise financière qui avait plongé le pays dans la récession en 2009 semble loin.
En 2015, les ménages américains ont même vu leur revenu médian gagner plus de 5 % en un an, reflétant une poussée annuelle sans précédent dans l'histoire des États-Unis.
Beaucoup de présidents sortants aimeraient pouvoir afficher un tel bilan, mais ces chiffres cachent une réalité moins enviable que le candidat Trump n'a cessé de dénoncer pendant la campagne. « Notre pays stagne, nous avons perdu nos emplois, nous avons perdu notre activité », assurait-il lors d'un récent débat présidentiel.
De fait, les inégalités ont flambé aux États-Unis, les salaires peinent encore à décoller, le nombre de personnes ne trouvant pas un emploi à la mesure de leurs ambitions ou contraints au travail partiel reste important et des régions entières continuent d'être sinistrées par la désindustrialisation.
Les bons scores réalisés par Trump dans la « Rust Belt » (la ceinture de rouille) du nord-est du pays autrefois dominée par la sidérurgie, le charbon et l'automobile en témoignent. Depuis 2000, les États-Unis ont perdu environ 5 millions d'emplois dans l'industrie manufacturière.
« Nous ne produisons plus rien. Les produits arrivent en masse de Chine, du Vietnam et du reste du monde », avait martelé M. Trump.
Pendant sa campagne, le magnat de l'immobilier n'a eu de cesse de dénoncer l'impact, selon lui néfaste, des accords de libre-échange, comme l'Alena (voir ci-contre), le partenariat transpacifique (TPP) signé en 2015 avec 11 pays de la région Asie-Pacifique, en attente de ratification, ou le TTIP négocié avec l'Union européenne (voir page 8).
Cet élan protectionniste lui a par ailleurs aliéné le soutien de puissants groupes patronaux traditionnellement acquis au camp républicain, telle que l'US Chamber of Commerce qui prédisait récemment un « affaiblissement » économique si M. Trump arrivait à la Maison-Blanche.
Les économistes de Moody's Analytics prédisaient récemment une possible récession aux États-Unis du fait des politiques isolationnistes du candidat Trump.

« Ramener les emplois »
Le républicain a rejeté ces accusations et promis de « ramener les emplois » aux États-Unis avec un cocktail de mesures protectionnistes, une vaste déréglementation et une réduction massive de la fiscalité pour les entreprises.
Le candidat veut ainsi sabrer de 35 % à 15 % le taux d'impôt sur les bénéfices dans l'espoir de stimuler la croissance et de créer des emplois, suscitant toutefois le scepticisme des experts.
Malgré d'imposants bénéfices, les grandes entreprises américaines n'ont pas accéléré leurs investissements et « il n'est pas certain » qu'une baisse d'impôts leur ferait changer de cap, commentait mercredi l'agence financière Fitch.
Selon l'organisation non-partisane Tax Policy Center, une telle mesure pourrait certes doper l'investissement à moyen terme mais pèserait lourdement sur les finances publiques en asséchant les recettes de l'État. Selon leurs estimations, la dette américaine bondirait de plus de 36 % dans les dix prochaines années.
Le discours de M. Trump est désormais décortiqué en fonction des promesses qu'il comporte pour certains secteurs.
Parmi les gagnants, les experts de BMI, un cabinet lié à l'agence Fitch, citaient le secteur des infrastructures, que M. Trump compte développer de façon ambitieuse, du pétrole et de l'énergie, dont il souhaite réduire les régulations environnementales, et de la défense, face aux incertitudes internationales liées aux intentions géopolitiques du républicain.
Les secteurs bancaire et, surtout, pharmaceutique étaient aussi d'ores et déjà soulagés de voir disparaître la menace d'un programme démocrate riche en régulations.
Quoi qu'il en soit, les milieux économiques attendaient avec impatience de connaître, d'ici à l'investiture du 20 janvier, les premiers noms pour les postes-clés de son administration.
« L'OLJ » avec Jeremy TORDJMAN/AFP

Donald Trump a bâti son triomphe électoral en dressant un très sombre diagnostic de l'économie américaine et en exploitant les craintes de la classe moyenne, malgré un bilan plutôt flatteur du président Barack Obama.Avec un taux de chômage à 4,9 % et une longue période d'expansion économique, l'économie américaine se porte plutôt bien et la crise financière qui avait plongé le pays dans la récession en 2009 semble loin.En 2015, les ménages américains ont même vu leur revenu médian gagner plus de 5 % en un an, reflétant une poussée annuelle sans précédent dans l'histoire des États-Unis.Beaucoup de présidents sortants aimeraient pouvoir afficher un tel bilan, mais ces chiffres cachent une réalité moins enviable que le candidat Trump n'a cessé de dénoncer pendant la campagne. « Notre pays stagne, nous...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut