Des manifestantes prohouthies...
Le conflit au Yémen, qui est entré dans son 20e mois, a fait plus de 7 000 morts et près de 37 000 blessés, selon un nouveau bilan de l'Onu, dont l'émissaire a lancé hier un cri d'alarme.
À la date du 25 octobre, plus de 7 070 personnes avaient été tuées et 36 818 blessées, selon un bilan établi sur la base de données compilées dans des installations de santé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En outre, 21 millions de personnes ont besoin d'une assistance médicale, a souligné l'OMS.
Dans une déclaration à la presse faite hier avant de quitter la capitale yéménite Sanaa, l'émissaire de l'Onu Ismaïl Ould Cheikh Ahmad a lâché: « Ça ne peut plus durer comme ça. » « Les gens sont en train de mourir et personne ne pose de questions, l'infrastructure est en train de s'effondrer et personne ne s'en préoccupe, et l'économie est au bord du gouffre et personne n'engage de réformes », a déploré l'émissaire.
La guerre au Yémen oppose des forces progouvernementales à des rebelles qui contrôlent de vastes régions, dont Sanaa. Le conflit s'est aggravé lorsqu'une coalition commandée par l'Arabie saoudite est intervenue le 26 mars 2015 pour tenter de repousser les rebelles houthis pro-iraniens qui avaient acculé les troupes loyalistes dans le Sud. La guerre s'est enlisée depuis.
Hier, le médiateur de l'Onu a appelé au rétablissement des vols commerciaux à l'aéroport international de Sanaa pour permettre notamment aux blessés graves d'être soignés à l'étranger. La coalition empêche ces vols, disant redouter qu'ils ne servent à acheminer des armes aux houthis.
Nombreuses interrogations
L'émissaire onusien a fait part de difficultés dans ses entretiens avec les rebelles et leurs alliés, les partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, sur une feuille de route destinée à mettre fin au conflit. « Ces parties continuent à s'accrocher à leurs positions et ont de nombreuses interrogations et craintes », a-t-il dit, en appelant les belligérants à la « souplesse ». Le médiateur a affirmé que la feuille de route n'avait été « cousue à la taille d'aucune des parties (en conflit), mais pour le bien du peuple yéménite avec toutes ses composantes ».
La feuille de route prévoit des arrangements militaires comme la remise des armes lourdes par les rebelles et leur retrait des territoires sous leur contrôle depuis 2014, dont Sanaa, et un volet politique, comme la nomination d'un nouveau vice-président et la formation d'un « gouvernement d'union nationale ». Elle a été fraîchement accueillie par le président Hadi, alors que les houthis et l'ex-président Saleh estiment qu'elle peut servir de base à des négociations.
L'émissaire de l'Onu a annoncé se rendre à Riyad pour de nouveaux entretiens avec le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi.
(Source: AFP)


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