La justice allemande a étendu son enquête à Hans Dieter Pötsch, actuel chef du conseil de surveillance et ancien directeur financier. Tobias Schwarz/AFP
Un président du conseil de surveillance sur la sellette, de nouvelles accusations visant Audi : malgré ses efforts pour tourner la page, le géant européen de l'automobile Volkswagen est de nouveau confronté aux effets secondaires du dieselgate.
Le groupe, propriétaire de douze marques dont Seat, Skoda, Porsche et Audi, a annoncé dimanche que la justice allemande avait étendu son enquête sur une éventuelle manipulation de cours liée au scandale des moteurs diesel truqués à Hans Dieter Pötsch, actuel chef du conseil de surveillance et ancien directeur financier.
Cette enquête, ouverte en juin dernier, vise déjà Martin Winterkorn, l'ancien patron du groupe, et l'actuel directeur de la marque Volkswagen, Herbert Diess.
Le parquet de Brunswick soupçonne le constructeur d'avoir informé trop tard les marchés financiers des conséquences et risques financiers liés à l'éclatement il y a plus d'un an du scandale des logiciels implantés dans 11 millions de véhicules du groupe pour fausser les mesures d'émissions polluantes.
M. Pötsch, directeur financier du groupe depuis 2003, avait été nommé chef de l'organe de contrôle de Volkswagen en octobre 2015, quelques jours après l'éclatement du dieselgate.
Son accession à ce poste éminent lui avait valu de vives critiques de la part de petits actionnaires, dont certains lui reprochent d'avoir « fermé les yeux » sur la manipulation quand il était responsable des finances. Volkswagen a réaffirmé dimanche sa conviction que son directoire de l'époque a « rempli ses obligations en matière de communication avec les marchés. »
Les principaux actionnaires que sont les familles Porsche-Piëch, détentrices de 52 % des droits de vote, et l'État régional de Basse-Saxe (20 %), se sont, elles, empressées de réagir pour soutenir M. Pötsch, l'un des hommes forts du groupe. Dans une réaction écrite de leur porte-voix Wolfgang Porsche, obtenue par l'AFP, elles affirment « être derrière M. Pötsch à 100 % ».
Audi mis en cause
Le même jour, le quotidien Bild a publié un article selon lequel l'autorité californienne de protection de l'environnement (Carb) aurait découvert récemment un nouveau logiciel illégal dans un modèle Audi équipé d'un moteur V6.
Selon Bild, le système réduirait artificiellement le niveau d'émission de CO2. Audi n'a pas commenté ces informations, renvoyant à des discussions en cours avec les autorités américaines.
Ces révélations tombent on ne peut plus mal pour le groupe, qui négocie actuellement un accord aux États-Unis pour les derniers 80 000 véhicules concernés dans le pays par le scandale des moteurs truqués, et dont le moteur a été développé par la marque aux anneaux.
Par ailleurs, ces informations sont susceptibles d'ouvrir un nouveau front, le scandale ayant jusqu'ici principalement porté sur les émissions d'oxydes d'azote et non sur les émissions de CO2, qui font l'objet d'une régulation plus stricte en Europe.
À la Bourse de Francfort, les nouvelles du week-end pesaient sur l'action Volkswagen, l'une des rares valeurs dans le rouge. À 14h30 (Beyrouth), le titre glissait de 0,13 % à 132,01 dollars dans un marché en hausse de 1,48 %.
« Les enquêtes ne sont jamais une bonne nouvelle », relevait Frank Schwope, analyste de Nord/LB interrogé par l'AFP, et les accusations visant Audi pourraient « engendrer de nouveaux coûts ».
M. Schwope continue de tabler sur une facture totale comprise entre 28 et 19 milliards de dollars pour la manipulation des moteurs du groupe Volkswagen.
Estelle PEARD/AFP


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