Dans un courrier au Congrès, le chef du FBI a conclu qu’il n’y a pas matière à poursuivre Hillary Clinton pour avoir utilisé un serveur privé quand elle était secrétaire d’État. Justin Sullivan/AFP
La recommandation du FBI de ne pas poursuivre Hillary Clinton, la favorite de la finance mondiale, a aiguillonné hier les marchés mondiaux, à la veille du scrutin présidentiel américain.
« Aujourd'hui, les marchés boursiers sont remontés nettement dans la foulée de l'annonce du FBI de l'absence de poursuites contre Hillary Clinton », et « cette séance prouve bien que le principal sujet de préoccupation des investisseurs est la présidentielle américaine », souligne Guillaume Garabédian, un conseiller de gestion de Meeschaert Gestion Privée.
La candidate démocrate « a clairement la faveur des marchés, surtout parce ces derniers redoutent une période d'incertitude prolongée en cas de victoire de Donald Trump dont la vision très particulière de la dette et la liberté de ton ne sont pas de nature à rassurer les investisseurs », a-t-il expliqué.
Après la réouverture de l'enquête qui avait fait l'effet d'un coup de tonnerre il y a dix jours, le chef du FBI, James Comey, a encore créé la surprise. Dans un courrier au Congrès, rendu public dimanche, il a fait savoir qu'il maintenait ses conclusions de juillet : il n'y a pas matière à poursuivre Mme Clinton pour avoir utilisé un serveur privé quand elle était secrétaire d'État. Cette nouvelle a suscité l'enthousiasme des investisseurs.
Wall Street a clôturé hier en nette hausse hier : le Dow Jones a pris 2,07 % et le Nasdaq 2,37 %. Les Bourses européennes avaient elles-mêmes clôturé en nette hausse, de 1,91 % à Paris, de 1,70 % à Londres et de 1,93 % à Francfort.
En Asie, Tokyo a aussi nettement rebondi, s'adjugeant 1,61 %, tandis que la Bourse de Shanghai a fermé en hausse de 0,26 % et celle de Hong Kong de 0,70 %.
Détente sur le marché des changes
« Puisque le FBI a annoncé qu'il confirmait sa décision de juillet de ne pas poursuivre Hillary Clinton pour avoir utilisé un serveur privé (lorsqu'elle était secrétaire d'État), sans surprise l'appétit des investisseurs pour le risque s'est renforcé », remarquent également les analystes de Daiwa Capital Markets.
La détente était aussi perceptible sur le marché des changes. Le billet vert retrouvait du poil de la bête vis-à-vis de l'euro, qui au moment de la clôture des Bourses européennes fléchissait à 1,1039 dollar contre 1,1137 dollar vendredi à la clôture. Le yen, valeur refuge, se repliait aussi : le dollar montait à 104,60 yens, contre 103,04 yens vendredi à la clôture.
Mais c'est surtout le peso mexicain qui profitait de la nouvelle : il s'échangeait à 18,611 pesos pour un dollar, contre 19,0266 vendredi.
Donald Trump fait figure de repoussoir pour la devise mexicaine, du fait des menaces du milliardaire d'expulser des États-Unis des millions de migrants illégaux, de renégocier les accords de libre-échange et de faire payer le voisin du Sud pour la construction d'un mur sur leur frontière commune s'il accède à la Maison-Blanche.
Sur le marché de la dette, la réaction était plus mesurée.
« Ces élections soulèvent toujours pas mal d'incertitudes », donc les investisseurs sont peu enclins à « se positionner fermement », analyse Cyril Regnat, un stratégiste obligataire de Natixis.
Cette prudence n'était pas absente des places boursières, certes enthousiastes, mais sans démesure, alors que le suspense reste entier sur l'issue de l'élection. Les sondages restent en effet serrés, même s'ils donnent un léger avantage à la candidate démocrate.
(Source : AFP)


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