Un champ de pétrole dans le désert de Rub' al-Khali en Arabie saoudite. Archives Reuters
Les cours du pétrole ont terminé de nouveau en baisse hier, pénalisés par des nouvelles rumeurs de tension entre l'Arabie saoudite et l'Iran susceptibles de compliquer la conclusion d'un accord sur l'encadrement de la production.
Ces tensions ont ressurgi la semaine dernière lors d'une réunion technique de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, Riyad menaçant d'augmenter fortement sa production pour faire baisser les cours si Téhéran refusait de plafonner la sienne, ont affirmé hier à Reuters quatre sources au sein du cartel.
Cette réunion était destinée à préciser les détails d'un accord de principe conclu au sein de l'Opep, fin septembre à Alger, sur une baisse de la production du cartel en vue de la prochaine réunion ministérielle prévue le 30 novembre. « Les Saoudiens ont menacé de porter leur production à 11 millions de barils par jour voire 12 millions de bpj pour faire à nouveau baisser les cours, et de se retirer de la réunion », a dit une source ayant assisté à cette réunion.
Lors de la réunion informelle d'Alger, l'Opep s'est accordée sur le principe d'une réduction de l'offre pour la ramener entre 32,5 et 33 millions de bpj. Si cet accord est mis en œuvre, il s'agira alors de la première baisse de la production pétrolière du cartel depuis 2008.
Les délégués saoudiens et iraniens de l'Opep ont refusé le moindre commentaire officiel sur la teneur des discussions lors des réunions à huis clos du cartel la semaine dernière.
Une personnalité du Golfe influente au sein de l'Opep, qui a requis l'anonymat, a néanmoins affirmé que l'Arabie saoudite n'avait menacé personne. « L'Arabie saoudite n'a pas dit que la production allait augmenter, elle a dit que la production pourrait augmenter», a dit cette personne. Plus tard dans la journée, le secrétaire général de l'Opep, Mohammad Barkindo, a lui aussi affirmé à Bloomberg que les informations de Reuters n'étaient pas exactes.
« Envoyer des messages »
Ces rumeurs et déclarations contradictoires ont plombé un marché déjà en plein doutes. Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) a cédé 59 cents à 44,07 dollars sur le contrat pour livraison en décembre au New York Mercantile Exchange, au terme de six séances consécutives de baisse qui l'ont vu perdre près de six dollars. À Londres, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, qui observe une évolution semblable, a reculé de 77 cents à 45,58 dollars pour le contrat en livraison en janvier sur l'Intercontinental Exchange (ICE).
Les supposées menaces de Riyad sont d'autant plus décourageantes que « l'Arabie saoudite est le principal acteur à défendre une baisse de la production », a dit à l'AFP Matt Smith, de ClipperData.
« Je pense que certains acteurs de l'Opep laissent filtrer ces déclarations pour envoyer des messages à d'autres producteurs du cartel, afin de les mettre en garde sur ce qui pourrait se passer si un accord n'est pas conclu», a avancé auprès de l'AFP Phil Flynn, de Price Futures Group. Des membres de l'Opep sont également déjà exemptés de l'accord – L'Iran, la Libye et le Nigeria – et d'autres comme l'Irak semblent montrer leur mauvaise volonté.
« L'OLJ » avec agences


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