« Les réunions se suivent et se ressemblent », s’est désolé hier Paul Magnette, le dirigeant socialiste de la Wallonie, chef de file des opposants au Ceta. Nicolas Maeterlinck/AFP
Le marathon des négociations autour du traité de libre-échange entre Européens et Canadiens (Ceta) va se poursuivre aujourd'hui, date à laquelle était prévue la signature entre Bruxelles et Ottawa.
À l'heure de mettre sous presse, le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders a en effet indiqué que les discussions entre les différentes parties belges avaient été suspendues. « Nous attendons une réponse définitive des entités fédérées », à savoir des régions et communautés belges opposées à la signature du Ceta, a déclaré M. Reynders à l'issue d'une nouvelle réunion de concertation. Une nouvelle rencontre est prévue aujourd'hui à 10h00 (08h00 GMT), selon l'agence de presse Belga.
Un peu plus tôt, une position commune avait pourtant semblé se dégager entre les différentes parties belges afin de sortir de l'impasse qui bloque le Ceta, et l'UE croyait une signature, aujourd'hui, toujours possible.
« On a pu se mettre d'accord sur des textes avec l'ensemble des ministres-présidents » des entités fédérées belges, avait en effet déclaré le ministre Reynders au début d'une énième séance de discussions qui avait démarré vers 22h00 (heure de Beyrouth). Mais les différentes parties attendaient un retour sur ces textes, encore soumis à des consultations politiques ces dernières heures. Celles-ci ont donc capoté.
Le président de la communauté linguistique française, qui s'oppose jusqu'à présent à la signature du Ceta, avait toutefois tempéré l'optimisme du ministre fédéral. « On a des discussions techniques qui sont compliquées », avait reconnu Rudy Demotte, ajoutant que pour lui, le maintien de la cérémonie de signature de l'accord, en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau aujourd'hui à Bruxelles, « paraissait difficile ».
Depuis plusieurs jours, le gouvernement fédéral de centre-droit tente en vain de convaincre la région francophone de Wallonie, la région de Bruxelles-Capitale et la communauté linguistique dite « française » de revenir sur leur veto, qui bloque la signature du Ceta par la Belgique et, en conséquence, par l'Union toute entière.
Les négociations entre les différents niveaux de pouvoir en Belgique ont duré six heures mardi. Elles se sont poursuivies hier matin, puis hier après-midi. Interrompues en fin de journée, elles ont repris dans la soirée, pour de nouveau s'achever sans résultat.
Longues tractations
« Les réunions se suivent et se ressemblent », s'est désolé hier dans la journée Paul Magnette, le dirigeant socialiste de la Wallonie, devenu le chef de file des opposants à ce traité transatlantique tel qu'il a été négocié par l'UE et le Canada. M. Magnette persiste dans ses critiques, malgré les pourparlers, à l'encontre du mécanisme d'arbitrage (ICS) instauré par le traité en cas de conflit entre un investisseur et un État. Il craint également que le Ceta ne dégrade la filière agricole, un enjeu majeur en Wallonie.
Ces longues tractations, dont sont coutumiers les responsables politiques belges, se font en présence d'un représentant de la Commission européenne, qui s'inquiète pour la crédibilité de l'UE sur la scène internationale et suit très attentivement le débat paralysant la signature des 28 avec le Canada.
Le Canada se tient prêt
« J'ai bon espoir que dans le courant de la journée, un accord puisse être trouvé entre le gouvernement belge et le gouvernement wallon », avait assuré hier matin le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen à Strasbourg. « Est-ce que nous pourrons signer l'accord avec le Canada demain ? On ne peut pas encore le dire. Au-delà de la date de signature, ce qui est important c'est que la Belgique trouve un accord », avait également souligné M. Juncker.
À Ottawa, un porte-parole de M. Trudeau a affirmé, hier dans la journée, que « si on nous présente un accord, on va le signer », mais le Premier ministre canadien ne se déplacera pas « s'il n'y a pas d'accord ». « On se tient prêt en espérant qu'ils soient capables de s'entendre », avait-il ajouté.
(Source: AFP)


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