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Économie - Éclairage

Le succès de l’emprunt saoudien, symbole de l’appétit pour la dette des émergents

Avec déjà 130 milliards de dollars d'obligations émises par les gouvernements émergents en devises étrangères cette année, 2016 s'annonce comme une année record.

Pour son premier emprunt obligataire sur le marché international, l’Arabie saoudite a levé un montant record de 17,5 milliards de dollars. Fayez Nureldine/AFP

Grâce aux largesses des banques centrales et à un environnement de taux d'emprunt bas voire négatifs, la dette des pays émergents n'a jamais été aussi recherchée, en témoigne le succès spectaculaire de l'emprunt lancé par l'Arabie saoudite.
Pour sa première opération sur les marchés internationaux, non seulement le montant emprunté par le pays a atteint un niveau inédit de 17,5 milliards de dollars, mais les investisseurs se sont aussi bousculés pour participer.
« Il y a clairement un grand appétit des investisseurs pour la dette émergente », souligne Jean-Marc Mercier, codirecteur de la division marchés de capitaux d'emprunt chez HSBC, qui faisait partie des établissements pilotant l'opération de l'Arabie saoudite. « Les banques centrales vont à peu près toutes dans le même sens, celui d'une politique monétaire accommodante, cela aide donc les investisseurs à prendre des risques et cela a énormément favorisé » ce marché complète-t-il.
« Avec depuis le début de l'année déjà 130 milliards de dollars d'obligations émises par les gouvernements des pays émergents en devises étrangères, c'est une année absolument record », relève aussi Régis Chatellier, analyste stratégie marchés émergents au sein de la recherche chez Société Générale CIB.

Rendements plus attractifs
« Le marché de la dette est arrivé à des points bas extrêmes en termes de taux d'emprunt » pour les pays les plus solides, ce qui explique que les investisseurs se tournent vers la dette émergente aux rendements plus attractifs, constate Romain Bordenave, gérant dette et devises émergents chez Edmond de Rothschild Asset Management.
À titre de comparaison, début octobre, la France a ainsi emprunté à 10 ans avec un taux de 0,28 %, contre 3,25 % à 10 ans pour l'Arabie saoudite la semaine dernière sur le marché international de la dette, sur lequel tous les pays émergents ne sont pas présents.
Du point de vue de l'investisseur, le vote britannique en faveur du Brexit a joué un rôle, estime M. Bordenave, car « un certain nombre d'entre eux ont cherché des placements qui n'avaient pas de lien avec le Royaume-Uni ».
« Le fait que le pétrole aille mieux qu'en début d'année a aussi favorisé » les émissions au Moyen-Orient où « trois opérations majeures » ont été réalisées cette année, le Qatar avec 9 milliards de dollars et Abou Dhabi avec 5 milliards de dollars venant s'ajouter à l'Arabie saoudite, détaille M. Mercier. L'Argentine a aussi fait un retour remarqué cette année, avec une émission de 16,5 milliards de dollars, prenant la deuxième place sur le podium des records. « Mais c'est un peu un cas à part, car il y a un effet de rattrapage puisque le pays était absent des marchés internationaux depuis 2001 », remarque M. Chatellier.

Quelques risques
L'année 2016 s'annonce donc comme la grande année pour la dette émergente, ce qui n'exclut pas quelques risques. La perspective d'une remontée des taux de la Réserve fédérale américaine en est un. « Mais ce n'est pas tant la prochaine hausse largement anticipée par les marchés en décembre qui va poser problème » que le nombre de relèvements qui suivront et leur calendrier, observe M. Bordenave. Et « il est important de noter que c'est la première fois depuis 2008 que les marchés émergents sont moins sensibles aux anticipations de politique monétaire de la Fed », complète Guy Stear, responsable mondial de la recherche crédit chez Société Générale CIB.
Autre source de préoccupation : les évolutions de l'économie chinoise, qui ont été occultées par les marchés ces derniers mois. « Mais c'est un risque contenu pour le moment », selon M. Chatellier.
Et il y a toujours le risque de pécher par excès d'optimisme, puisque dans un marché qui va bien, voire « trop bien, aucun risque n'est intégré », relève M. Bordenave, qui se dit « prudent mais néanmoins confiant », les perspectives restant florissantes pour « au minimum 4 ou 5 mois ».
Globalement « l'horizon est positif », juge également M. Mercier. D'autant que, comme le souligne Régis Chatellier, « la dette publique dans les pays émergents est en moyenne deux fois inférieure à celle des pays développés ».

Angélina BOULESTEIX/AFP

Grâce aux largesses des banques centrales et à un environnement de taux d'emprunt bas voire négatifs, la dette des pays émergents n'a jamais été aussi recherchée, en témoigne le succès spectaculaire de l'emprunt lancé par l'Arabie saoudite.Pour sa première opération sur les marchés internationaux, non seulement le montant emprunté par le pays a atteint un niveau inédit de 17,5 milliards de dollars, mais les investisseurs se sont aussi bousculés pour participer.« Il y a clairement un grand appétit des investisseurs pour la dette émergente », souligne Jean-Marc Mercier, codirecteur de la division marchés de capitaux d'emprunt chez HSBC, qui faisait partie des établissements pilotant l'opération de l'Arabie saoudite. « Les banques centrales vont à peu près toutes dans le même sens, celui d'une politique...
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