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Moyen Orient et Monde - Syrie

Une trêve à Alep, annoncée par Moscou, jugée insuffisante par l’Onu et l’UE

Les raids sur les quartiers rebelles de la ville ont fait plus de 47 morts en 24 heures.

Des Casques blancs secourant des civils après un raid sur le quartier rebelle de Qaterji, à Alep, hier. Karam al-Masri/AFP

La Russie a annoncé hier une « trêve humanitaire » de quelques heures jeudi à Alep. Moscou a annoncé que les armées russe et syrienne suspendraient « leurs frappes aériennes et tous les autres tirs (...) de 08h00 à 16h00 » heure locale. Cette décision a été prise « avant tout pour permettre aux civils de quitter (la ville) en toute liberté, pour évacuer les malades et les blessés et assurer le retrait des rebelles armés », a déclaré le général Sergueï Roudskoï, de l'état-major russe.
Les Nations unies et l'UE ont salué cette initiative mais estimé que la durée de la trêve n'était pas suffisante pour permettre aux convois humanitaires d'acheminer l'aide aux civils des quartiers rebelles assiégés d'Alep. « Toute pause dans les hostilités est positive pour la population (...) mais nous avons besoin de plus de temps pour mettre en route la machine humanitaire », a commenté le porte-parole de l'Onu Stéphane Dujarric, en rappelant que l'Onu réclamait des pauses d'au moins 48 heures.

« Désastre »
Sur le terrain, les aviations russe et syrienne poursuivaient leurs frappes sur la grande ville du nord du pays pour appuyer l'offensive majeure des forces du régime, lancée le 22 septembre et dont l'objectif est de reprendre les quartiers rebelles, qui leur échappent depuis quatre ans.
Un nouveau raid aérien ayant visé hier matin le quartier rebelle de Marjé a coûté la vie à 13 civils, dont 12 d'une même famille. « Parmi cette famille figurent neuf mineurs, dont une jeune mère de 17 ans et son nourrisson », a précisé Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Une vidéo postée hier par des militants montre des hommes poser à terre huit cadavres de très jeunes enfants dont le corps est enveloppé d'un drap blanc et le visage est visible. Un des hommes caresse le front d'un enfant, puis les corps sont mis en terre dans un cimetière. Le bilan de ce raid porte à 47 le nombre de morts en 24 heures dans l'est de la ville, selon cette ONG. Des dizaines d'autres personnes ont été blessées hier.
Dans la partie rebelle d'Alep, les Casques blancs (secouristes dans les zones insurgées) ont travaillé sans relâche hier pour dégager des dizaines de personnes coincées sous les décombres d'un immeuble à la suite d'une frappe dimanche sur le quartier de Qaterji. Dix-huit civils y ont péri, selon un nouveau bilan de l'OSDH. « Il y a encore des familles sous les gravas (...). Les hôpitaux sont débordés. C'est un désastre », a déploré l'ambulancier Abou Mohammad. Plus de 430 personnes ont péri dans des bombardements dans la partie rebelle de la ville, dans l'Est, depuis le début de l'assaut, selon l'OSDH.
En outre, 82 habitants ont été tués par des tirs rebelles sur les secteurs tenus par les forces du régime, dans l'ouest de la ville, d'après cette même source.
Par ailleurs, une voiture piégée a explosé hier à Sayyeda Zeïnab, quartier du sud de Damas où se trouve un important sanctuaire chiite, a rapporté l'OSDH, qui fait état de victimes. L'explosion s'est produite à proximité d'un poste de contrôle de l'armée syrienne et de ses alliés, précise l'OSDH.

« Disproportionné »
L'Union européenne a fermement condamné hier l'attitude de la Russie dans le conflit syrien, sans envisager de sanctions mais en avertissant qu'elle était passible de poursuites pour « crimes de guerre » en participant aux bombardements. « Depuis le début de l'offensive par le régime et ses alliés, particulièrement la Russie, l'intensité et l'échelle des bombardements aériens sur Alep-Est est clairement disproportionnée », écrivent les 28. « Et le ciblage délibéré d'hôpitaux, de personnels médicaux, d'écoles et d'infrastructures vitales, tout comme l'usage de bidons d'explosifs, de bombes à sous-munitions et d'armes chimiques constituent une escalade catastrophique du conflit. » Pour les 28, ces attaques aériennes « pourraient constituer des crimes de guerre » pouvant être soumis à la Cour pénale internationale (CPI). Si l'UE n'envisage pas de sanctions contre la Russie, elle a cependant décidé d'amorcer des travaux en vue de sanctions individuelles complémentaires contre des Syriens « soutenant le régime pendant la durée de la répression ».
(Source : AFP)

La Russie a annoncé hier une « trêve humanitaire » de quelques heures jeudi à Alep. Moscou a annoncé que les armées russe et syrienne suspendraient « leurs frappes aériennes et tous les autres tirs (...) de 08h00 à 16h00 » heure locale. Cette décision a été prise « avant tout pour permettre aux civils de quitter (la ville) en toute liberté, pour évacuer les malades et les blessés et assurer le retrait des rebelles armés », a déclaré le général Sergueï Roudskoï, de l'état-major russe.Les Nations unies et l'UE ont salué cette initiative mais estimé que la durée de la trêve n'était pas suffisante pour permettre aux convois humanitaires d'acheminer l'aide aux civils des quartiers rebelles assiégés d'Alep. « Toute pause dans les hostilités est positive pour la population (...) mais nous avons besoin...
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