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Moyen Orient et Monde - Éclairage

Au Yémen, les États-Unis n’iront pas plus loin

Le Pentagone a minimisé l'impact des frappes américaines contres des stations radars houthies, les qualifiant de « limitées ».

Un radar détruit près du port de Hodeidah, suite aux frappes américaines, hier. AFP/Stringer

« Nous n'hésiterons pas à faire de nouvelles frappes de riposte. » Cette phrase on ne peut plus claire a été lancée hier par un responsable de la Défense américaine, en référence aux bombardements américains hier contre des sites tenus par les rebelles houthis. Visés dimanche et mercredi par des missiles tirés de zones rebelles, les destroyers américains USS Mason et USS Ponce, déployés dans les eaux internationales en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb, n'ont toutefois subi aucun dommage, les missiles – des C-802 Silkworm d'origine chinoise, d'une portée de plus de 100km – étant chaque fois tombés à l'eau avant même d'atteindre leurs cibles. Néanmoins, l'USS Nitze a répliqué hier avec des missiles de croisière Tomahawk, détruisant trois stations radars sur la côte yéménite, selon le Pentagone, qui a affirmé qu'il s'agissait d'un cas de « légitime défense ».

C'est la première fois que des navires américains, déployés dans cette zone depuis près de deux ans dans le cadre de l'opération Inherent Resolve (Détermination absolue, menée par la coalition arabo-occidentale en Irak et en Syrie), sont visés par des tirs directs, et qu'ils répliquent. Le Pentagone a toutefois semblé minimiser l'impact d'un tel développement, affirmant que les bombardements américains « limités » n'avaient pour but que de « défendre » les navires et les personnels américains sur place.

« L'explication la plus logique, c'est que les houthis » ont « réagi en voulant montrer aux Américains qu'il y avait un prix à payer à laisser faire leurs alliés saoudiens », a indiqué à l'AFP François Heisbourg, conseiller à la Fondation pour la recherche stratégique, tout en excluant que les Américains, qui « sont dans un moment d'interrègne », décident « d'ouvrir un front » au Yémen. « Ils ont réagi de manière limitée et ça devrait s'arrêter là », ajoute-t-il, alors qu'un responsable houthi a nié que l'attaque soit venue de zones houthies et a accusé les États-Unis de chercher un prétexte pour s'impliquer plus encore au Yémen en vue d'aider leurs alliés saoudiens.

 

(Lire aussi : L’Iran et le Yémen : des paroles, mais quels actes ?)

 

Timing inopportun ?
Du côté de l'Iran, qui soutient ouvertement les rebelles houthis, aucune réaction officielle n'a pu être relevée. En revanche, la République islamique a annoncé hier l'envoi dans le golfe d'Aden de deux navires de guerre, le destroyer Alborz et le navire de soutien Bouchehr, selon le contre-amiral iranien Habibollah Sayyari. Il s'agit, rapporte l'agence de presse iranienne Tasnim, de protéger les navires de commerce et les pétroliers « contre les pirates », avant de se diriger vers la Tanzanie. D'aucuns ont souligné le timing de l'annonce, au lendemain même des bombardements américains, comme pour lier les deux événements, certains médias antiaméricains allant même jusqu'à dire que Téhéran vole au secours des houthis. Il serait toutefois erroné d'aller aussi loin, sachant que les deux navires iraniens ont quitté la ville portuaire de Bandar Abbas en Iran le... 5 octobre, soit une semaine avant les tirs contre les destroyers américains et les répliques qui ont suivi.
Il est également difficile de croire que Téhéran mettrait en danger, pour des tirs sans victimes contre trois stations radars d'importance secondaire, tous les progrès enregistrés jusqu'ici avec l'Occident de manière générale, et les États-Unis en particulier, depuis la signature de l'accord historique sur le programme nucléaire iranien le 14 juillet 2015. Que ce soit Washington ou Téhéran, tous deux tiennent trop à cet accord, durement obtenu, pour le mettre en danger, d'autant plus que les sanctions émises à l'encontre de l'Iran commencent à peine à être levées.

 

 

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« Nous n'hésiterons pas à faire de nouvelles frappes de riposte. » Cette phrase on ne peut plus claire a été lancée hier par un responsable de la Défense américaine, en référence aux bombardements américains hier contre des sites tenus par les rebelles houthis. Visés dimanche et mercredi par des missiles tirés de zones rebelles, les destroyers américains USS Mason et USS Ponce, déployés dans les eaux internationales en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb, n'ont toutefois subi aucun dommage, les missiles – des C-802 Silkworm d'origine chinoise, d'une portée de plus de 100km – étant chaque fois tombés à l'eau avant même d'atteindre leurs cibles. Néanmoins, l'USS Nitze a répliqué hier avec des missiles de croisière Tomahawk, détruisant trois stations radars sur la côte yéménite, selon le...
commentaires (2)

Ils n'iront pas plus loin mais ils ne sont pas loin non plus . Tout à côté de leur acolyte.

FRIK-A-FRAK

11 h 29, le 14 octobre 2016

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Commentaires (2)

  • Ils n'iront pas plus loin mais ils ne sont pas loin non plus . Tout à côté de leur acolyte.

    FRIK-A-FRAK

    11 h 29, le 14 octobre 2016

  • ILS Y IRONT EUX ET D,AUTRES SI BEB EL MENDEB SERAIT MENACE PAR L,IRAN ET SES ACCESSOIRES...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    08 h 14, le 14 octobre 2016

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