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Nos lecteurs ont la parole - Georges Tyan

N’insultez plus notre intelligence !

Elle a parfaitement raison la chroniqueuse de ce matin à la radio, la présidentielle au Liban n'est pas une élection, mais une désignation. Sinon, comment expliquer les gesticulations, les atermoiements, les reports de séance par une classe politique qui tourne en rond comme pour attraper sa queue.
Trois ans à faire la toupie, c'est trop. Sachant que les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. Une fois ça passe, deux fois ça lasse, trois fois ça casse, ensuite le spectacle devient morose. La présidentielle étant l'étape cruciale par excellence dans la vie d'un pays, certains ont trouvé le moyen d'en faire une lamentable comédie.
Je n'ai pas qualité à établir le cahier des charges et encore moins à dresser le portrait-robot du parfait président de la République, l'excellence n'étant pas de ce monde, mais il est des incontournables dont on ne peut raisonnablement faire fi.
L'âge n'étant probablement pas un handicap, quoique le président de Gaulle l'ait évoqué, rassurant les Français que ce n'est pas à soixante-dix ans révolus qu'il entamera une carrière de dictateur. Cependant, il est des personnes qui pensent que l'éternité leur appartient à l'instar des personnages bibliques, ils vivront deux ou trois cents ans.
Dans ce chapitre, je ne peux que compatir en pensant à ces personnes ayant acquis en viager un héritage populaire des plus incertains, sachant que les héritiers présomptifs sont légion et qu'en fin de compte, s'ils sont toujours de ce monde au moment du trépas, ils recevront pour solde de tout compte une petite tape sinon un bon coup de poignard dans le dos.
Reste qu'à l'heure de la globalisation, des réseaux sociaux, des études universitaires poussées à l'infini, de la spécialisation effrénée dans chaque domaine, quand les parents ont sacrifié leur présent, hypothéqué leur vieillesse, vendu leurs biens, leurs bijoux pour assurer à leur progéniture un avenir décent leur ouvrant les portes des universités et des grandes écoles, être autodidacte, bien que jouissant d'une certaine notoriété, ne suffit pas.
Il est parfois intéressant de prendre le pouls de la population en suivant les émissions de radio, bloqué les après-midi en plein embouteillage. C'est édifiant d'écouter les insultes et autres qualificatifs peu amènes lancés à l'adresse de la classe politique qui nous gouverne, ils dénotent un ras-le-bol annonciateur d'une déflagration populaire d'envergure.
Il s'agit d'un panorama tout à fait à l'opposé des talk-shows télévisés (pour les rares personnes s'y intéressent encore) qui veulent nous faire croire, preuve par l'absurde du bien-fondé des gesticulations d'une caste politique corrompue jusqu'à la moelle, ayant mis en coupe réglée les richesses de notre pays.
Et qui continue de prendre le Libanais pour un imbécile, sinon comment expliquer qu'après l'avoir promené entre le printemps arabe de triste mémoire et les deux pôles antagonistes du mois de mars, que d'un coup l'allié de mon ennemi, qui a détruit mon pays, l'a envahi, l'a mis à feu et à sang, devienne mon allié, tout en demeurant l'allié de mon ennemi.
C'est une insulte à l'intelligence d'une population qui malheureusement se réfugie dans le silence, aigrie, déboussolée, appauvrie, sans ressort, reléguée dans les prisons d'un confessionnalisme abject, observant médusée les voyages à la Ulysse, les tournées marathoniennes entreprises par ces héritiers de droit divin qui s'enfoncent dans leurs contradictions pour tenter de se renflouer dans tous les sens du terme.
Le Liban est un pays-message, j'ai bon espoir qu'un jour que je souhaite proche le voile du deuil qui nous couvre se déchire. Un soleil nouveau se lèvera alors, décillera les yeux du peuple de mon pays, nous rendra le sourire et tarira le flux malfaisant qui coule dans l'esprit de ceux qui, chaque jour, insultent notre intelligence.

Georges TYAN

Elle a parfaitement raison la chroniqueuse de ce matin à la radio, la présidentielle au Liban n'est pas une élection, mais une désignation. Sinon, comment expliquer les gesticulations, les atermoiements, les reports de séance par une classe politique qui tourne en rond comme pour attraper sa queue.Trois ans à faire la toupie, c'est trop. Sachant que les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures. Une fois ça passe, deux fois ça lasse, trois fois ça casse, ensuite le spectacle devient morose. La présidentielle étant l'étape cruciale par excellence dans la vie d'un pays, certains ont trouvé le moyen d'en faire une lamentable comédie.Je n'ai pas qualité à établir le cahier des charges et encore moins à dresser le portrait-robot du parfait président de la République, l'excellence n'étant pas de ce monde, mais il...
commentaires (2)

Patience on y arrivera un jour mais l'insulte à notre intelligence ne date pas d'aujourd'hui. Je dirai même que c'est une coutume qui remonte à 48. Année de notre indépendance et de la grosse cata régionale.

FRIK-A-FRAK

12 h 16, le 14 octobre 2016

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Commentaires (2)

  • Patience on y arrivera un jour mais l'insulte à notre intelligence ne date pas d'aujourd'hui. Je dirai même que c'est une coutume qui remonte à 48. Année de notre indépendance et de la grosse cata régionale.

    FRIK-A-FRAK

    12 h 16, le 14 octobre 2016

  • RIEN DE NOUVEAU... TOUJOURS C,ETAIT UNE DESIGNATION MAIS PAR DES CENTRES REGIONAUX... AUJOURD,HUI C,EST TOUT AUSSI PAR UNE FORCE REGIONALE RELIGIEUSE QUI EMPLOIE DES CORELIGIONNAIRES LIBANAIS POUR NOMMER ET IMPOSER...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 30, le 14 octobre 2016

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