La portée des missiles Iskander à tête nucléaire est de 700 kilomètres. Sergei Karpukhin/Reuters
La Russie a de nouveau installé ses missiles Iskander capables d'emporter des têtes nucléaires dans son enclave de Kaliningrad, frontalière de deux pays de l'Otan, a annoncé samedi Vilnius, tout en notant que l'objectif de Moscou est d'obtenir de l'Occident des concessions sur la Syrie et l'Ukraine.
« La Russie réalise actuellement des exercices militaires à Kaliningrad et leur scénario prévoit le déploiement de systèmes de missiles Iskander et la possibilité de les utiliser », a déclaré le ministre lituanien des Affaires étrangères, Linas Linkevicius. La portée de ces missiles pouvant emporter des têtes nucléaires est de 700 kilomètres. Berlin pourrait ainsi être atteinte par ces missiles, depuis cette enclave totalement isolée du territoire russe située entre la Lituanie et la Pologne, a-t-il souligné, estimant que Moscou avait procédé à cette action pour « obtenir des concessions de l'Occident ». Selon la Lituanie, le déploiement de ces systèmes de missiles risque de violer le traité-clé sur les armes nucléaires. La Pologne a également réagi avec indignation.
Le ministère russe de la Défense a confirmé le déploiement des missiles Iskander, tentant de rejeter les préoccupations occidentales en affirmant que des unités des missiles « ont été envoyées à plusieurs reprises vers la région de Kaliningrad et continueront d'y être envoyées dans le cadre d'un plan d'entraînement des forces armées russes ».
Les médias estoniens avaient affirmé vendredi que la Russie transportait des Iskander sur un bateau civil dans la mer Baltique.
Judy Dempsey, chercheuse associée non résidente à Carnegie Europe, a déclaré samedi que le déploiement d'Iskanders à Kaliningrad est un « moyen de diviser l'Occident », avant les présidentielles américaines. « Ce genre d'action rend nerveux les Européens et les Américains. Poutine appuie sur toutes les touches », a-t-elle dit.
(Source : AFP)


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