L’explosion d’une voiture piégée dans le sud-est de la Turquie a tué hier 18 personnes, 10 militaires et 8 civils, devant un poste de police.AFP/Ihlas News Agency/Stringer
L'explosion d'une voiture piégée dans le sud-est de la Turquie a tué hier 18 personnes, 10 militaires et 8 civils, devant un poste de police. Au moins 27 personnes ont également été blessées dans cette attaque matinale au point de contrôle qui se trouvait à proximité d'un commissariat à Semdinli dans la province de Hakkari, non loin des frontières avec l'Irak et l'Iran, a précisé dans un communiqué le président turc Recep Tayyip Erdogan. Selon l'agence de presse progouvernementale Anadolu, au moins seize des blessés sont des civils. Le nombre de civils atteints s'explique par le fait que « l'explosion a eu lieu non loin d'un endroit où plusieurs personnes attendaient un minibus », a précisé Anadolu.
« L'attaque a été commise par un kamikaze qui a fait exploser une camionnette au moyen de 5 tonnes d'explosifs », avait affirmé à la mi-journée le Premier ministre Binali Yildirim. « Des soldats ont ouvert le feu sur un véhicule qui refusait de s'arrêter au point de contrôle », avait raconté hier soir le gouverneur d'Hakkari. C'est alors que « des membres de l'organisation séparatiste terroriste (expression usuelle pour désigner le PKK) ont tiré sur les militaires » avant que le « véhicule explose ». La déflagration a été telle qu'un cratère de 10 à 15 mètres de large et de 6 à 7 mètres de profondeur, s'est formé, selon l'agence Anadolu.
De nombreux débris jonchaient le sol sur les lieux de l'explosion, un blindé et des carcasses de voitures, dont une camionnette éventrée, se trouvaient au milieu d'une route en terre, au beau milieu d'un paysage quasi désertique dans une vallée montagneuse. Compte tenu de la violence des images, le Conseil supérieur de l'audiovisuel turc (RTÜK) a interdit aux médias leur diffusion. La responsabilité de la rébellion kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a été rapidement pointée du doigt dans cette nouvelle attaque.
Poursuite des combats
« L'État est déterminé à empêcher l'organisation séparatiste terroriste (kurde) de mener des actions », a déclaré M. Erdogan dans un communiqué. « La Turquie poursuivra avec détermination sa lutte contre les organisations terroristes, qui veulent assombrir l'avenir du pays », avait prévenu plus tôt le Premier ministre Binali Yildirim au cours d'une conférence de presse à Istanbul, alors que le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus dénonçait sur Twitter une attaque « haineuse ».
En riposte à cette nouvelle attaque, l'armée turque a entamé une opération sur la zone pour retrouver les assaillants, a précisé l'armée turque dans des propos rapportés par l'agence de presse Anadolu.
Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara, Washington et l'Union européenne, est engagé depuis 1984 dans une guerre contre l'État turc qui a fait plus de 40 000 morts. Après une fragile trêve de deux ans, les combats entre les insurgés et l'armée turque dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde ont repris en 2015.
(Source : AFP)


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