Des policiers afghans montant la garde hier, à Kunduz. Nasir Wakif/Reuters
La grande ville septentrionale de Kunduz, déjà brièvement occupée l'an passé, a essuyé hier une nouvelle offensive des talibans. Selon des témoins contactés à Kunduz, l'attaque a été lancée dans la nuit vers 03h00 (22h30 GMT dimanche) sur quatre fronts simultanés. En fin de journée, les assaillants semblaient avoir été repoussés de plusieurs quartiers ; le gouverneur et la plupart des responsables de la ville se trouvaient toujours à leur poste, selon les sources contactées. À l'instar du ministère de l'Intérieur, le gouverneur de Kunduz, Assadullah Omerkhill, a affirmé que « les forces de sécurité ont regagné une partie du terrain perdu », notamment grâce au renfort de forces spéciales, a-t-il précisé. Selon son porte-parole, des combats épars se produisaient encore en ville et dans les faubourgs en début de soirée, ainsi que sur l'autoroute reliant Kunduz à la province voisine de Baghlan. L'attaque était apparemment bien préparée, avec quatre colonnes de combattants convergeant en même temps vers le centre et encerclant la ville, a rapporté un membre du conseil provincial, Ghulam Rabbani Rabbani. Selon son directeur, le Dr Naeem Mangal, l'hôpital de Kunduz a admis au moins « 43 civils blessés et un tué par balles et éclats de mortier ». Un policier a également trouvé la mort. Un porte-parole des talibans, Zabihullah Mujahid, a revendiqué dans un communiqué cette attaque « dans le cadre de l'offensive Omari » lancée depuis le printemps, du nom de l'ancien dirigeant taliban, le mollah Omar.
« Soutien aérien si nécessaire »
Le chef du conseil provincial Yousuf Ayubi a accusé le gouvernement « de ne pas avoir su garantir la sécurité dans cette province, constamment menacée ». Une situation « inacceptable » pour une députée de la région, Fatima Aziz : « Quand il n'y a pas d'attaque pendant deux jours, le gouvernement prétend avoir éliminé la menace et tué tous les insurgés », a-t-elle dénoncé au Parlement, réclamant la démission des ministres de l'Intérieur et de la Défense.
Contactées, les forces américaines ont indiqué se tenir prêtes à « apporter un soutien, notamment aérien si nécessaire ». Mais pour le général Charles Cleveland, leur porte-parole, « il n'y a pas de preuve d'une offensive significative ».
Les talibans marquent ainsi le premier anniversaire de leur brève prise de contrôle de Kunduz, fin septembre 2015 (289 morts et 559 blessés), seule capitale provinciale tombée entre leurs mains depuis la chute de leur régime en 2001.
Ils se rappellent aussi au bon souvenir des Occidentaux qui soutiennent le régime du président Ashraf Ghani, financièrement et militairement, avec près de 10 000 militaires, essentiellement américains, déployés sous le mandat de l'Otan. Les insurgés réclament leur départ et la fin de toute intervention occidentale dans « l'émirat islamique d'Afghanistan ».
Réunion à Bruxelles
Cette offensive talibane intervient la veille d'un rendez-vous majeur avec les pays donateurs à Bruxelles. Cette réunion, qui se tiendra aujourd'hui et demain, à laquelle sont annoncés plus de 70 pays, doit évaluer l'aide financière à apporter à l'Afghanistan d'ici à 2020, avec l'objectif avoué d'empêcher l'effondrement du pays. Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, et le secrétaire d'État américain, John Kerry, participeront aux travaux de Bruxelles qui devraient garantir au moins trois milliards d'euros par an à Kaboul jusqu'en 2020.
Dans un contexte de crises multiples au Moyen-Orient, « personne ne peut se permettre que l'Afghanistan soit de nouveau déstabilisé », a estimé un haut responsable européen avant la réunion.
(Source : AFP)


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