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Économie - France

Les dommages et intérêts de Kerviel à la Société générale réduits à un million d’euros

Cette décision « me donne l’énergie pour continuer » ce combat car « j’estime encore ne rien devoir à la Société générale », a déclaré hier Jérôme Kerviel. Martin Bureau/AFP

L'ex-trader Jérôme Kerviel a été condamné hier à verser un million d'euros (1,1 million de dollars) de dommages et intérêts à la Société générale, loin de la somme faramineuse de 4,9 milliards d'euros (5,5 milliards de dollars) réclamée par son ex-employeur dont la justice a souligné les « manquements ».
En conséquence, le ministère français des Finances, qui avait octroyé près de 2,2 milliards d'euros (2,5 milliards de dollars) de l'État en 2009 et 2010, au titre d'un régime fiscal accordé aux entreprises déficitaires et victimes de fraude, a annoncé qu'il allait réexaminer la situation fiscale de la banque.
La cour d'appel de Versailles a déclaré l'ancien trader « partiellement responsable du préjudice causé » à la banque et fixé le montant des dommages et intérêts à un million d'euros (1,1 million de dollars). Toutefois, précise-t-elle dans son arrêt, « quelles que soit la ruse et la détermination » du trader, « ou la sophistication des procédés employés, un tel préjudice n'aurait pas pu être atteint sans le caractère éminemment lacunaire des systèmes de contrôle de la Société générale ». « Ces manquements, en raison de leur nombre, de leur gravité, de leur répartition à tous les niveaux de l'activité trading, témoignent non pas de négligences ponctuelles (...) mais de choix managériaux qui ont (...) ouvert à un salarié malintentionné comme Jérôme Kerviel un large champ d'action », soulignent les magistrats. Au final, « la réparation du préjudice subi par la Société générale ne sera mis à la charge de Jérôme Kerviel qu'à concurrence d'un million d'euros (1,1 million de dollars), le solde du préjudice étant laissé à la charge » de la banque, précise la cour. Elle a par ailleurs rejeté la demande d'expertise financière réclamée par la défense.

« La justice avance »
« La justice avance », a réagi Jérôme Kerviel. Cette décision « me donne l'énergie pour continuer » ce « combat » car « j'estime encore ne rien devoir à la Société générale », a-t-il ajouté.
Jean Veil, avocat de la banque, a de son côté jugé la décision « tout à fait satisfaisante », se félicitant de dommages-intérêts « que M. Kerviel pourra effectivement payer dès lors que la Société générale le lui demanderait ».
L'avocat de la défense, David Koubbi, a indiqué qu'il s'opposerait « à toute tentative de recouvrement » de cette somme. Selon lui, cette décision sera « un excellent carburant pour les procédures qui sont pendantes, à savoir les trois plaintes pénales que nous avons déposées contre la Société générale et la procédure en révision » que la défense tente de lancer.
Jérôme Kerviel, 39 ans, a été définitivement condamné au pénal à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, pour des manœuvres boursières frauduleuses, ayant abouti en 2008 à 4,9 milliards (5,5 milliards de dollars) de pertes pour la Société générale. La Cour de cassation a confirmé en 2014 cette condamnation pour abus de confiance, faux et fraude. Mais elle a cassé le volet civil qui l'obligeait initialement à rembourser l'intégralité de ces pertes vertigineuses, arguant que la banque avait failli dans ses mécanismes de contrôle et ne pouvait prétendre à un dédommagement intégral.
Dans cette affaire aux multiples rebondissements, l'enjeu pour la Société générale est aussi fiscal. Le ministre français de l'Économie et des Finances Michel Sapin et le secrétaire d'État au Budget Christian Eckert « ont demandé à l'administration fiscale d'examiner les conséquences de l'arrêt sur la situation fiscale de la Société générale concernant les résultats de l'exercice de l'année 2008 et de préserver intégralement les intérêts de l'État », a indiqué Bercy dans un communiqué.
Pour Me Koubbi, il y a pour la Société générale « nécessité absolue de rembourser » les 2,2 milliards (2,5 milliards de dollars) de ristourne fiscale.
Mais pour la banque, cette décision de justice, qu'elle qualifie dans un communiqué de « réaliste », sera « sans effet » sur sa situation fiscale.
(Source : AFP)

L'ex-trader Jérôme Kerviel a été condamné hier à verser un million d'euros (1,1 million de dollars) de dommages et intérêts à la Société générale, loin de la somme faramineuse de 4,9 milliards d'euros (5,5 milliards de dollars) réclamée par son ex-employeur dont la justice a souligné les « manquements ».En conséquence, le ministère français des Finances, qui avait octroyé près de 2,2 milliards d'euros (2,5 milliards de dollars) de l'État en 2009 et 2010, au titre d'un régime fiscal accordé aux entreprises déficitaires et victimes de fraude, a annoncé qu'il allait réexaminer la situation fiscale de la banque.La cour d'appel de Versailles a déclaré l'ancien trader « partiellement responsable du préjudice causé » à la banque et fixé le montant des dommages et intérêts à un million d'euros (1,1...
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Décision infiniment plus juste...

Soraya Naufal

07 h 33, le 24 septembre 2016

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Commentaires (1)

  • Décision infiniment plus juste...

    Soraya Naufal

    07 h 33, le 24 septembre 2016

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