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Liban - La Situation

Fermons la parenhèse, et revenons... à nos conflits

L'ancien Permier ministre Saad Hariri et le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah, photographiés en mars 2006. Hassan Ibrahim/AFP

La parenthèse onusienne qui a permis au Liban politique de souffler – et de spéculer – quelques jours durant, est sur le point de se refermer. Après avoir prononcé hier à l'Onu le mot du Liban, le Premier ministre sera de retour incessamment à Beyrouth, sans que quoi que ce soit de nouveau ait lui à l'horizon. Convoquera-t-il le Conseil des ministres à se réunir jeudi prochain, 29 septembre ? Tout dépendra du climat entretenu par le Courant patriotique libre que Tammam Salam ne veut pas heurter de front.

Il est en tout cas acquis, que le gouvernement se réunisse ou non, qu'il n'y aura pas de vacance à la tête de l'armée, et que le général Jean Kahwagi continuera à se diriger vers Yarzé. Cet acquis est d'autant plus rassurant que l'armée vient de frapper un grand coup à Aïn el-Héloué, sans qu'une seule goutte de sang ne soit versée.

À quoi doit-on s'attendre désormais de la part de l'imprévisible général Michel Aoun ? Le CPL s'est en effet promis de procéder à une escalade « sans retour », pour obtenir l'élection de ce dernier à la présidence de la République, et tout indique que les positions en présence n'ont pas changé et que cette escalade reste justifiée aux yeux du CPL.

Toutefois, le CPL paraît tout à fait isolé politiquement, sur ce plan, aucun de ses partenaires ou alliés ne voulant le suivre dans ce recours aventuriste à la rue. Le Hezbollah l'a redit hier on ne peut plus clairement, à l'issue de la réunion de son bloc parlementaire. Le parti chiite a même plaidé en faveur de la réaction du gouvernement avec la présence de tout l'éventail des forces politiques et pour la reprise de la conférence du dialogue national, suspendue pour cause de débats intempestifs initiés par... le CPL. De toute évidence, l'Iran joue pour le moment la stabilisation politique du pays, une position diamétralement opposée à celle de Michel Aoun.

Les raisons qui plaident, pourtant, en faveur d'un apaisement ne manquent pas, à commencer par le fait que le Liban est « une île entre la mer et la guerre », comme l'affirme joliment un journaliste. À l'intérieur de cette grande raison, il y a mille et une raisons de ne pas déstabiliser le pays en cette heure critique, les raisons économiques et sociales le disputant aux raisons de sécurité. Sur ce dernier plan, il est à craindre, par exemple, que le jihadisme ne profite de l'instabilité pour passer à l'action. Et les Libanais sont saturés de politique et beaucoup sont insensibles aux bouffées populistes et sectaires.

 

(Lire aussi : Salam : « Nous rejetons totalement l'implantation des réfugiés syriens au Liban »)

 

Certains observateurs ont relevé dans la concomitance de l'appel à la grève générale de protestation lancé par le syndicat des camionneurs et transporteurs publics, proche de Nabih Berry, pour le 28 septembre, comme une discrète tentative de parasiter le mouvement de Michel Aoun; une façon de lui rappeler que n'importe qui peut faire bouger la rue, d'autant plus que le prétexte invoqué pour pareille grève générale est insignifiant : protester contre le relèvement du tarif de l'inspection mécanique... Jusqu'à réclamer que ce service redevienne service public. Franchement, on ne paralyse pas un pays pour si peu, quand toute une échelle des traitements et salaires végète dans les tiroirs de l'Assemblée. Il reste que le président de la Chambre, Nabih Berry, a lancé hier la 45e convocation à l'élection d'un nouveau président de la République...

Encore une réunion qui se tiendra dans un hémicycle à moitié désert, le mortel clivage géopolitique entre le monde sunnite et l'Iran continuant à faire ses ravages au Liban sous les masques du courant du Futur et du Hezbollah. Plus que jamais, le Liban est l'otage de cette lutte tantôt sourde, tantôt ouverte, que se livrent les deux puissances régionales, le plus navrant étant que des forces représentatives des chrétiens du Liban ont lié leur sort à l'issue de ce conflit irréductible.

« Les responsables iraniens se vantent avec arrogance que l'Iran domine désormais quatre capitales arabes, Beyrouth, Bagdad, Sanaa et Damas », reprochait hier Saad Hariri, au Hezbollah, réclamant à ce parti « de cesser de nourrir la frustration sunnite qui encourage une minorité marginale à croire que le terrorisme est la solution ». « Votez Aoun , lui rétorque-t-on, en lui renvoyant la balle, et vous serez Premier ministre. » Comme si Saad Hariri n'était pas déjà assez affaibli comme ça.

 

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La parenthèse onusienne qui a permis au Liban politique de souffler – et de spéculer – quelques jours durant, est sur le point de se refermer. Après avoir prononcé hier à l'Onu le mot du Liban, le Premier ministre sera de retour incessamment à Beyrouth, sans que quoi que ce soit de nouveau ait lui à l'horizon. Convoquera-t-il le Conseil des ministres à se réunir jeudi prochain, 29 septembre ? Tout dépendra du climat entretenu par le Courant patriotique libre que Tammam Salam ne veut pas heurter de front.
Il est en tout cas acquis, que le gouvernement se réunisse ou non, qu'il n'y aura pas de vacance à la tête de l'armée, et que le général Jean Kahwagi continuera à se diriger vers Yarzé. Cet acquis est d'autant plus rassurant que l'armée vient de frapper un grand coup à Aïn el-Héloué, sans qu'une seule goutte...
commentaires (3)

Saad Hariri n'ira pas à Canossa. Il a fait beaucoup de concessions sans résultats. Entre temps, les réfugiés syriens se multiplient comme des lapins.

Annie

17 h 09, le 23 septembre 2016

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Commentaires (3)

  • Saad Hariri n'ira pas à Canossa. Il a fait beaucoup de concessions sans résultats. Entre temps, les réfugiés syriens se multiplient comme des lapins.

    Annie

    17 h 09, le 23 septembre 2016

  • A l'heure actuelle saad doit plus faire face à la fronde du félon rifi que de l'alliance CPL/ hezb résistant qui SONT LES SEULS à pouvoir lui sauver la mise . Gemir n'est pas une solution .

    FRIK-A-FRAK

    10 h 57, le 23 septembre 2016

  • CE NE SONT PAS L,IRAN ET LA SAOUDITE QUI SONT RESPONSABLES DE LA SITUATION DANS LE PAYS MAIS BEL ET BIEN TOUS LES VENDUS LAQUAIS ET SUIVISTES... POURRONS-NOUS DIRE DES DEUX COTES ?... OUI SI UNE PARTIE NE LANCAIT PAS DES ULTIMATUMS A L,AUTRE...

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 47, le 23 septembre 2016

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