Initialement prévue pour passer en revue les préparatifs du congrès général du parti, la réunion du bureau politique du courant du Futur, tenue sous la présidence de son vice-président, l'ancien député Bassem el-Sabeh, a fini par aborder des questions politiques qui se sont imposées du fait de la campagne menée depuis quelque temps par le 8 Mars, notamment le Hezbollah, contre son chef, Saad Hariri. Le bureau politique du Futur a surtout répondu, sans le nommer, au ministre démissionnaire de la Justice, Achraf Rifi, qui avait récemment jugé que Saad Hariri était « fini » et que sa popularité « était au plus bas chez les sunnites ».
« Le bureau politique s'est penché sur une déclaration qui avait été faite pour causer du tort exprès à Saad Hariri et qui se fondait sur des illusions politiques que les médias du Hezbollah et du 8 Mars en général se sont empressés de relayer et de gonfler en redorant en même temps le blason de ceux qui essaient de se tailler une position de choix dans les rangs des leaderships factices », selon le communiqué final qui a insisté sur l'attachement du courant du Futur et de son public « à la symbolique de Saad Hariri qui demeure intacte et qu'ils protègent, surtout à Tripoli qui a rejeté par la voix de ses personnalités les allégations de certains faux jetons qui s'en sont pris au courant du Futur et à son chef ».
Dans sa déclaration la semaine dernière, Achraf Rifi avait aussi estimé que les sunnites « attendent un nouveau Hariri » et que sa propre popularité est « forte » à Tripoli et « grandissante dans le Akkar ».
Le bureau politique du Futur a ensuite repris à son compte le communiqué du bloc parlementaire du parti qui avait rejeté les accusations adressées au courant de Saad Hariri au niveau du blocage de la présidentielle. Il a rappelé les efforts et les initiatives menées par celui-ci pour « tenter d'ouvrir les voies d'accès à Baabda, qui avaient été bloquées par des parties locales et régionales pour des raisons qui n'ont rien à voir avec l'intérêt national ». « Le courant du futur ne se soumettra plus aux tentatives d'intimidation et de chantage ou encore aux campagnes de dénigrement et considère que la voie qu' "ils"(ses détracteurs) suivent est inutile et inefficace », selon le bureau politique qui juge indispensable de « mettre la présidentielle à l'abri des tiraillements et des bazars politiques ». Pour lui, chaque partie devrait assumer ses responsabilités et se rendre au Parlement afin d'élire un chef de l'État.
Pour ce qui est du congrès général du parti, il se tiendra les 26 et 27 novembre, selon le communiqué qui précise que cette rencontre « ne peut faire l'objet d'aucune interprétation ». « Les instructions données par Saad Hariri sont claires et catégoriques. Il s'agit de terminer d'ici là tous les préparatifs politiques, techniques et administratifs pour une transition vers une nouvelle ère à la hauteur des aspirations du public, notamment des jeunes, du courant du Futur. »
Hariri au « New York Times »
Sur un autre plan, dans un article paru dans le New York Times, Saad Hariri a appelé l'Iran à « mettre fin à ses ingérences dans les affaires des pays arabes ». Dans cet article, le chef du courant du Futur a rappelé l'assassinat de son père, Rafic Hariri, ancien Premier ministre, les événements de mai 2008, le blocage de la présidentielle et le soutien apporté aux forces de Bachar el-Assad dans sa guerre contre les rebelles syriens, évoquant, dans chaque cas, le rôle joué par le Hezbollah et/ou l'Iran, « le plus grand État à soutenir le terrorisme depuis la fin des années 70 ».
Fustigeant l'idéologie iranienne « visant à semer la discorde dans le monde arabe », il a donné des exemples sur « le soutien iranien au terrorisme », avant d'établir une comparaison entre l'apport de la République islamique et celui de l'Arabie saoudite au Liban.
Selon M. Hariri, Téhéran a « aujourd'hui la possibilité d'aider ceux qui combattent l'intégrisme dans le monde arabe, mais il doit pour cela cesser de s'immiscer dans les affaires du monde arabe, du Yémen au Liban, en passant par le Bahrein, l'Irak et la Syrie ». « Il doit cesser d'alimenter l'oppression sunnite qui encourage une minorité à croire que le terrorisme représente une solution et peut obliger des milices afghane, irakienne et libanaise à se retirer de Syrie », a-t-il affirmé, avant de conclure : « L'Iran peut s'associer à un règlement mais il doit accepter la main tendue par les pays arabes, l'Arabie saoudite en tête, pour des rapports de bon voisinage. »


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine