Tous les membres du FOMC qui se sont exprimés dernièrement ont dit que la situation économique s'était améliorée ces derniers mois. Tous ont sans doute été rassurés par le calme des marchés durant l'été malgré le choc du Brexit. Pourtant, plusieurs chiffres récents ont déçu, en particulier la chute de l'ISM non manufacturier, et les marchés tanguent à nouveau depuis quelques jours. Par rapport à juin dernier, il y a plus de clignotants au vert qu'au rouge. Une hausse de taux de la Fed n'est pas à exclure, mais elle est perçue comme un scénario qui n'a que 20 à 30 % de chances d'arriver. L'argument principal en faveur du statu quo est l'asymétrie des risques d'inflation. L'inflation est censée se redresser à la faveur d'une stabilisation des prix du pétrole. Si la hausse devait se révéler plus forte que prévu à cause d'une surchauffe du marché du travail, cet excès d'inflation ne ferait que compenser l'inflation manquante des dernières années. À l'inverse, si l'inflation ne se redresse pas à cause d'un affaiblissement de la demande interne ou externe, la Fed pourrait être tenue pour responsable. La décision finale dépendra sans doute de Janet Yellen, dont on sait que la prudence est la vertu cardinale. En cas de statu quo, il sera intéressant de voir si la Fed se « préengage » sur une hausse en décembre ou si elle laisse les choses dans le flou. Le flou, quoi qu'il en soit, devrait prévaloir concernant les intentions de la Fed à plus long terme. Nul ne peut prendre au sérieux les « cibles » de Fed Funds affichées pour 2017, 2018 et au-delà.
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