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Économie - Finance

Comptes factices : huit ans après la crise, Wall Street n’a pas beaucoup changé

Le scandale des comptes factices éclaboussant la banque américaine Wells Fargo montre que Wall Street n'a pas beaucoup changé dix ans après la crise des « subprime », estiment les analystes.
Huit ans jour pour jour après la banqueroute de la banque Lehman Brothers, point de départ de la crise financière de 2008, Wells Fargo, établissement connu pour sa prudence, a reconnu que des milliers de ses conseillers en clientèle ont ouvert, à partir de 2011, deux millions de comptes bancaires fictifs au nom de clients mais à leur insu.
Plus grave : la banque californienne, dont le premier actionnaire est le milliardaire Warren Buffett, a encaissé des frais pour ces comptes, selon l'agence de protection des consommateurs CFPB.
S'il n'est plus question de crédits immobiliers à risque (« subprime ») ciblant les ménages insolvables, la motivation, elle, n'a pas changé : obtenir de gros bonus.
Dans l'environnement actuel des taux d'intérêt bas, la manœuvre est basique : la vente croisée veut que si un client dispose d'un compte courant, il faut lui faire ouvrir un compte épargne, un crédit immobilier, un crédit automobile, une assurance, des produits d'investissement, etc.

Rendre les bonus
Dans le cadre spécifique des États-Unis, il arrive que les banquiers tentent également de vendre des cartes de crédit dont les intérêts flambent en cas de non-respect des échéances de remboursement.
Seul hic : il n'est pas si facile de convaincre les consommateurs, qui préfèrent répartir leurs ressources parmi plusieurs institutions financières, source de sécurité en cas de dépôt de bilan d'un des établissements.
Face à cette résistance, les banques américaines ont institué une culture de la performance agressive avec des objectifs commerciaux difficilement atteignables.
C'est cette politique agressive qui semble avoir motivé les malversations au sein de Wells Fargo, nombre de banquiers ayant cherché à atteindre leurs objectifs et d'autres à obtenir des primes, selon le CFPB. Au total, environ 5 300 salariés ont été licenciés.
« Je ne connais aucune banque qui ne le fait pas », affirme Richard Bove, analyste chez Rafferty.
La classe politique s'est rapidement saisie du scandale, certains élus demandant des comptes à John Stumpf, le PDG de Wells Fargo.
Le ministère de la Justice a ouvert une enquête, de même que le Sénat qui doit passer mardi au grill M. Stumpf. Des clients de l'Utah ont aussi porté plainte.
Cette affaire devrait contraindre les banques à faire profil bas alors qu'elles faisaient du lobbying auprès du Congrès pour obtenir un desserrement de la régulation, et, en l'occurrence, l'allègement d'une proposition imposant le remboursement de primes et de bonus perçus par un dirigeant en cas de mauvaise performance ou de malversation.
La pression est désormais sur les régulateurs pour « durcir les règles en matière de rémunération », estime Brian Gardner, de Keefe Bruyette & Woods.
Dennis Kelleher, dont l'ONG Better Markets prône de meilleures pratiques à Wall Street, conseille à Wells Fargo de récupérer le « paquet » de 124,7 millions de dollars perçu par l'ex-patronne de la branche détail de la banque pour qu'elle assume le coût du scandale.
« Si elle (Wells Fargo) ne le fait pas, ça veut dire qu'elle incite ses employés à enfreindre la loi », affirme-t-il.
Avec l'amende de 14 milliards de dollars qui s'annonce contre Deutsche Bank pour avoir vendu des produits financiers « pourris » avant 2008, le serpent de mer qu'est la scission des grandes banques refait surface.

(Luc OLINGA/AFP)

Le scandale des comptes factices éclaboussant la banque américaine Wells Fargo montre que Wall Street n'a pas beaucoup changé dix ans après la crise des « subprime », estiment les analystes.Huit ans jour pour jour après la banqueroute de la banque Lehman Brothers, point de départ de la crise financière de 2008, Wells Fargo, établissement connu pour sa prudence, a reconnu que des milliers de ses conseillers en clientèle ont ouvert, à partir de 2011, deux millions de comptes bancaires fictifs au nom de clients mais à leur insu.Plus grave : la banque californienne, dont le premier actionnaire est le milliardaire Warren Buffett, a encaissé des frais pour ces comptes, selon l'agence de protection des consommateurs CFPB.S'il n'est plus question de crédits immobiliers à risque (« subprime ») ciblant les ménages...
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