Selon la Banque mondiale, l’économie palestinienne devrait croître d’environ 3,5 % dans les années à venir, mais les perspectives sont radicalement différentes pour la Cisjordanie et la bande de Gaza. Ibrahim Abou Moustafa/Reuters
La chute de près de 50 % des dons étrangers promis à l'Autorité palestinienne au cours des trois dernières années exerce une forte pression sur son budget et menace la survie du système des retraites, s'est alarmée hier la Banque mondiale (BM) dans son dernier rapport sur l'économie palestinienne.
Bien que l'Autorité palestinienne, présidée par Mahmoud Abbas, ait réussi à réduire de 15 points de pourcentage – à 10 % du PIB – le déficit budgétaire des territoires palestiniens sur les dix dernières années, les soutiens financiers extérieurs ont, eux, chuté encore plus rapidement.
En 2013, les donateurs étrangers – principalement l'Union européenne et les États-Unis – ont fourni une aide budgétaire directe d'une valeur de près de 1,3 milliard de dollars. Cette année, ce chiffre devrait être inférieur à 700 millions de dollars, créant un large déficit de financement. « Les perspectives de l'économie palestinienne sont préoccupantes avec de graves conséquences sur les recettes, l'opportunité et le bien-être », a déclaré Marina Wes, directrice-pays de la BM pour la Cisjordanie et Gaza. « Non seulement cela va affecter la capacité de l'Autorité palestinienne à fournir des services à ses citoyens, mais cela peut également mener à de plus grandes difficultés économiques et à l'instabilité », a-t-elle ajouté.
L'économie palestinienne devrait croître d'environ 3,5 % dans les années à venir, mais les perspectives sont radicalement différentes pour la Cisjordanie, où est basée l'Autorité palestinienne, et la bande de Gaza, sous blocus et gérée par le Hamas depuis 2007. Le chômage à Gaza atteint les 42 %, contre 18 % en Cisjordanie. De plus, l'Autorité palestinienne gère mieux ses dépenses et génère des recettes fiscales supplémentaires, note la BM.
Arriérés de paiement
Pour autant, ses besoins de financement restent critiques et le niveau d'endettement de l'Autorité palestinienne auprès des banques nationales est proche des limites fixées par la Banque centrale. Selon la BM, ses arriérés de paiement vis-à-vis des fonds de pension et ses créanciers privés risquent donc d'être aggravés pour combler son déficit. « Les arriérés de paiement du système de retraite sont estimés à 1,6 milliard de dollars, menaçant la viabilité de l'ensemble du système de retraite », indique le rapport. « Les arriérés de paiement auprès du secteur privé se situent actuellement à 590 millions de dollars, ce qui pèse lourdement sur la capacité du secteur privé à fonctionner normalement », ajoute la BM.
Pour l'institution, le seul moyen permettant d'éviter de plus grandes difficultés économiques pour les 4,8 millions de Palestiniens vivant en Cisjordanie et à Gaza serait que les donateurs étrangers revoient leurs dons à la hausse. La BM a également appelé le gouvernement israélien, qui collecte de nombreuses taxes pour le compte des Palestiniens, à examiner les moyens permettant de réduire cette perte de recettes fiscales et de restituer davantage de recettes à l'Autorité palestinienne.
« L'OLJ » avec Reuters


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