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À La Une - Entretien

Pour le dalaï lama, ce siècle "doit être celui du dialogue"

"Quand l'intelligence se combine avec la compassion elle devient sagesse et produit la paix."

Le chef spirituel des Tibétains en visite en France, le dalaï lama, espère que le 21ème siècle devienne "le siècle du dialogue" et plaide pour que l'Europe aide les réfugiés en matière d'éducation. Photo AFP / Eric FEFERBERG

Le chef spirituel des Tibétains en visite en France, le dalaï lama, espère que le 21ème siècle devienne "le siècle du dialogue" et plaide pour que l'Europe aide les réfugiés en matière d'éducation, dans un entretien mardi à l'AFP.

Question: Comment percevez-vous la politique européenne sur les migrants, qui fait l'objet de vifs débats ?
Réponse: C'est un débat assez compliqué. Nous, Tibétains, avons trouvé refuge en Inde et dans d'autres pays. Moi-même j'ai connu une telle situation. Nous avons vécu ces souffrances, et le désir aussi qu'ont ces êtres humains de vouloir un jour retourner dans leurs pays. Ce sont des situations terribles. Il y a trop de morts, parmi lesquels des enfants innocents.
Vous, Européens, devez donner à ces réfugiés les moyens de leur éducation. Après, ils pourront retourner dans leurs pays et les reconstruire. C'est l'enjeu fondamental: comment ces hommes et ces femmes pourront-ils apporter la paix dans leurs propres pays ?
Quand l'intelligence se combine avec la compassion elle devient sagesse et produit la paix. Le 21ème siècle doit être le siècle non de la force mais du dialogue. Et le seul moyen d'y parvenir est de promouvoir l'éducation. (...) Tout le monde a un rôle à jouer dans cette affaire. Nous devons tous nous servir de notre intelligence, et en particulier vous, médias, pour élever les esprits.


Q: La "voie moyenne" visant l'autonomie plus que l'indépendance du Tibet vous semble-t-elle toujours le meilleur moyen de négocier avec la Chine et de préserver les intérêts tibétains ?
R: Oh oui ! J'ai beaucoup d'amis chinois, professeurs, étudiants. Quand nous nous rencontrons, il nous est très facile de devenir amis. Quand on reste dans une voie du milieu en diplomatie, comme dans d'autres domaines, tout le monde est gagnant. Si l'on va vers l'autre avec l'idée de gagner ou de perdre, la rencontre est plus difficile. Les positions extrêmes sont vouées à l'échec.


Q: Avez-vous une recette pour apaiser les Français dans un pays sous tension ?
R: Il n'y a pas que la France qui soit un pays sous tensions... Partout dans le monde, les pressions se multiplient. La peur et l'inconfort sont assez généralisés, malheureusement. C'est pourquoi nous devons travailler à élever l'être humain, notamment par l'harmonie des religions. Tout événement tragique peut être réduit si l'on s'attaque durablement aux causes profondes qui le produisent.
En Occident, vous bénéficiez de plus de confort physique mais pas forcément mental. L'intelligence combinée à la compassion doivent servir les valeurs humaines. Mais une compassion uniquement fondée sur la foi a ses limites. Elle doit prendre appui sur des valeurs fondamentales qui concernent tout le monde.


Q: Regrettez-vous de ne pas serrer la main du président François Hollande pendant votre séjour en France ?
R: Les personnes sont plus importantes à mes yeux que les dirigeants. Je rencontre une foule de personnes. Si serrer la main d'un président me permettait d'accéder au Ciel, j'aurais été ravi de le faire. Mais ce n'est pas le cas, je pense (rires).

 

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Le chef spirituel des Tibétains en visite en France, le dalaï lama, espère que le 21ème siècle devienne "le siècle du dialogue" et plaide pour que l'Europe aide les réfugiés en matière d'éducation, dans un entretien mardi à l'AFP.
Question: Comment percevez-vous la politique européenne sur les migrants, qui fait l'objet de vifs débats ?Réponse: C'est un débat assez compliqué. Nous, Tibétains, avons trouvé refuge en Inde et dans d'autres pays. Moi-même j'ai connu une telle situation. Nous avons vécu ces souffrances, et le désir aussi qu'ont ces êtres humains de vouloir un jour retourner dans leurs pays. Ce sont des situations terribles. Il y a trop de morts, parmi lesquels des enfants innocents.Vous, Européens, devez donner à ces réfugiés les moyens de leur éducation. Après, ils pourront retourner dans leurs...
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