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Billet

Ce que le monde arabe peut apprendre du Japon

« L'homme raisonnable s'accommode à toutes les circonstances et les situations de la vie, de même que l'eau prend la forme de tous les vases où elle est versée. »
Proverbe japonais

Pourquoi le Japon a réussi là où le monde arabe a échoué ?
De nombreux dirigeants arabes devraient se poser sérieusement la question. Au-delà des apparences, le monde arabe et le pays du Soleil-Levant ont de nombreuses similitudes : une tradition ancrée depuis plusieurs siècles, des rapports sociaux encadrés par des règles strictes, une relation ambiguë avec le monde occidental et une histoire contemporaine assez traumatisante. Leurs trajectoires depuis la deuxième partie du XXe siècle sont pourtant fondamentalement contraires. Le miracle japonais s'oppose à l'échec arabe.

Là où le Japon a réussi à tourner la page, sans oubli ni rancœur, le monde arabe reste obsédé par les événements passés. Complètement ravagé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, traumatisé par les bombardements atomiques à Hiroshima et Nagasaki, le Japon aurait pu prendre des décennies à se relever d'une pareille défaite et humiliation. Mais c'était sans compter sur la résilience de la société nippone. En seulement deux décennies, le Japon allait devenir la deuxième puissance économique mondiale, tout en entretenant des relations privilégiées avec son ancien ennemi, les États-Unis. Le Japon y a perdu son poids politique et militaire, mais il y a gagné en stabilité et prospérité.

Traumatisé par les politiques de colonisation et de postcolonisation, bouleversé par la chute de l'Empire ottoman et par la création de l'État d'Israël, le monde arabe devrait s'inspirer de l'expérience nippone. Accepter la réalité telle qu'elle est, tout en essayant de la tourner à son avantage, et non répéter sans cesse qu'elle aurait dû être autrement, sans se donner les moyens de la changer. Les Japonais peuvent en témoigner : la rancœur ne fait pas une politique.

Sans remettre en question ses traditions, le Japon a démontré que la modernité n'était pas l'apanage des Occidentaux. Avec intelligence et subtilité, la société nippone s'est appropriée cette modernité, l'a domptée et a fini par la maîtriser encore mieux que le monde occidental. La rupture s'est faite dans la continuité.
Fier de son glorieux passé, refusant sa position actuelle, le monde arabe a un rapport extrêmement contradictoire à la modernité : elle le fascine, autant qu'elle le révulse. Là encore, l'expérience nippone pourrait servir d'exemple. Comme la meilleure réussite d'harmonie entre tradition et modernité. Si le Japon l'a fait en quelques décennies, le monde arabe doit désormais être capable de le faire à son tour, sans se cacher derrière le contexte géopolitique dans lequel il évolue.

Le miracle japonais est avant tout le résultat d'une volonté collective, cohérente et déterminée. L'échec arabe est avant tout le résultat d'une inertie collective, affective, parfois hystérique. L'humilité, le respect, le sens du travail, l'innovation ont été les moteurs du miracle japonais. À bon entendeur...
Le pays du Soleil-Levant peut, lui aussi, apprendre du monde arabe. Apprendre de la richesse de ses sociétés cosmopolites pour faire face aux défis culturels que pose la mondialisation.
La jeunesse arabe a soif de connaissance et le Japon est riche d'érudition. Les deux ensembles n'ont pas d'histoires conflictuelles, ni d'intérêts stratégiques divergents. Ils auraient tous deux beaucoup à gagner à entretenir des relations plus étroites, à échanger leur expérience et à découvrir leurs traditions respectives : il est plus facile d'apprendre de l'autre quand l'autre n'est ni l'ami ni l'ennemi. Le monde arabe ne le sait que trop bien.

 

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commentaires (4)

S,ILS APPRENAIENT... SURTOUT LES NOTRES... LA DIGNITE DE LA DEMISSION SI CE N,EST CELLE DU SUICIDE POUR NON PAS LES ACCUSATIONS MAIS LES LATTAS, LES BATTAS ET LES CONNERIES COMMISES...

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

15 h 28, le 13 septembre 2016

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Commentaires (4)

  • S,ILS APPRENAIENT... SURTOUT LES NOTRES... LA DIGNITE DE LA DEMISSION SI CE N,EST CELLE DU SUICIDE POUR NON PAS LES ACCUSATIONS MAIS LES LATTAS, LES BATTAS ET LES CONNERIES COMMISES...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    15 h 28, le 13 septembre 2016

  • Les arabes ont appris les attaques suicides , mais pas encore le Hara Kiri , parce que pour cela il faudrait qu'ils connaissent la honte d'avoir mal fait ... c'est pas les bensaouds qui s'y colleront .

    FRIK-A-FRAK

    13 h 43, le 13 septembre 2016

  • POINT DE COMPARAISON DU BURLESQUE ET DE L,ANARCHIE AVEC LE DIGNE ET LA DISCIPLINE...

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    10 h 26, le 13 septembre 2016

  • La comparaison est subtile et intéressante, par exemple dans l'approche sociale et la conciliation entre modernité et tradition. Le Japon est un modèle du genre. Y a qu'à voir à Tokyo comment les gratte-ciels cohabitent avec les petites maisons en bois des quartiers tradi. Mais le papier oublie une donnée majeure qui entrave les sociétés arabes: Israël et la course aux armements que ce conflit impose à des peuples arabes humiliés par trois défaites militaires. Le Japon, tout comme l'Allemagne d'ailleurs, ont désarmé après la seconde GM ce qui leur a permis de devenir de grandes puissances économiques: moins d'argent dans les armes et les armées, plus d'argent dans les autres industries, la veille économique et l'innovation.

    Marionet

    08 h 40, le 12 septembre 2016