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Économie - France

Le pacte de stabilité européen s’invite dans le débat présidentiel

« La gauche européenne, sociale-démocrate, doit se faire entendre davantage (...) sur l’assouplissement des règles du pacte de stabilité », a déclaré Manuel Valls le 29 août. Bertrand Guay/AFP

Qui veut la peau des « 3 % » de déficit ? De gauche à droite, les critiques se multiplient contre le pacte de stabilité européen et sa fameuse règle des « 3 % », qui impose aux États membres de la zone euro de limiter leur déficit public.
Le credo budgétaire défendu par Bruxelles est-il un frein pour la reprise ? Faut-il s'en affranchir, quitte à creuser les déficits ? À huit mois de l'élection présidentielle, plusieurs responsables politiques ont relancé le débat, parfois de façon inattendue.
« La gauche européenne, sociale-démocrate, doit se faire entendre davantage sur la relance économique, sur l'assouplissement des règles du pacte de stabilité », a ainsi déclaré Manuel Valls le 29 août, lors du meeting de rentrée de la majorité.
Un message inhabituel dans la bouche du Premier ministre, issu d'une sensibilité passant pour attachée au sérieux budgétaire, et qui a défendu à plusieurs reprises depuis son arrivée à Matignon la réduction du déficit public réclamée par Bruxelles.
De quoi jeter le doute sur les intentions du gouvernement ? « Ça ne touche pas à 2017, c'est un débat qui se projette au-delà », a tenu à préciser le ministre de l'Économie et des Finances Michel Sapin, assurant que l'engagement de ramener le déficit à 2,7 % du PIB en 2017 serait respecté.
M. Sapin a toutefois jugé « légitime » le débat sur l'avenir des règles européennes, au vu des « considérations nouvelles » qui s'imposent à l'UE, comme la hausse des dépenses de sécurité, liée notamment aux attentats.

« Obsolètes » et « suicidaires »
Ces prises de position marquent « clairement un changement de cap », estime Alain Trannoy, directeur de recherches à l'École des hautes études en sciences sociales, qui note que les critiques contre le pacte de stabilité, adopté en 1997 dans le prolongement du traité de Maastricht, tendent à se « généraliser ».
« Les traités de Maastricht et de Lisbonne ont enlisé la zone euro dans la crise et l'ont enfermée dans des règles absurdes, obsolètes et suicidaires », a ainsi martelé Arnaud Montebourg, depuis toujours hostile à la règle des « 3 % » de déficit, en officialisant mi-août sa candidature à la présidentielle.
Un diagnostic partagé à la fois par l'extrême gauche (au nom de la lutte contre l'austérité) et le Front national (au nom de la souveraineté nationale), et qui semble gagner du terrain jusque chez Les Républicains (ex-UMP), où l'on défend des baisses d'impôts massives pour relancer l'activité.
Car si certains candidats à la primaire de la droite, tels François Fillon ou Hervé Mariton, insistent sur la nécessité d'un retour rapide à l'équilibre budgétaire, d'autres entretiennent le flou, faute de détails sur les mesures d'économies qui compenseraient le « choc fiscal » promis.
« Pour Bruxelles comme pour nos partenaires européens et pour les porteurs de dette française, ce qui compte, c'est que l'on s'attaque à la cause structurelle des déficits », a ainsi éludé Nicolas Sarkozy, interrogé sur la règle des 3 %, ajoutant avoir l'« habitude des discussions » avec les membres de la zone euro.
Ces différentes déclarations, selon Alain Trannoy, doivent être appréhendées à l'aune de la campagne présidentielle. Une partie de la gauche reproche ainsi au président François Hollande de ne pas avoir réussi à réorienter les règles budgétaires de la zone euro, comme il l'avait promis pendant sa campagne en 2012.
Mais ces déclarations s'inscrivent également dans une remise en cause plus globale des politiques de « consolidation budgétaire », accusées par de nombreux économistes d'avoir freiné la croissance et l'emploi ces dernières années au sein de la zone euro, pour avoir été appliquées de façon trop zélée.
« Les règles actuelles ne fonctionnent pas », tranche ainsi Mathieu Plane, chercheur à l'Observatoire français des conjonctures économiques, qui fait état d'un « relatif consensus » sur cette question. « Lutter contre l'endettement est nécessaire. Mais les politiques restrictives ne sont pas forcément le meilleur moyen d'obtenir gain de cause », ajoute-t-il.

Valentin BONTEMPS/AFP

Qui veut la peau des « 3 % » de déficit ? De gauche à droite, les critiques se multiplient contre le pacte de stabilité européen et sa fameuse règle des « 3 % », qui impose aux États membres de la zone euro de limiter leur déficit public.Le credo budgétaire défendu par Bruxelles est-il un frein pour la reprise ? Faut-il s'en affranchir, quitte à creuser les déficits ? À huit mois de l'élection présidentielle, plusieurs responsables politiques ont relancé le débat, parfois de façon inattendue.« La gauche européenne, sociale-démocrate, doit se faire entendre davantage sur la relance économique, sur l'assouplissement des règles du pacte de stabilité », a ainsi déclaré Manuel Valls le 29 août, lors du meeting de rentrée de la majorité.Un message inhabituel dans la bouche du Premier ministre, issu...
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